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ça plane pour eux
En mars 2006, le 5-titres de ce groupe stéphanois avait fait forte impression avec son mélange de musiques instrumentales et de rocksteady. Je vous écrivais dans ce journal que "ces titres [aspiraient] à en écouter 10 titres de plus". C'est chose faite, et de belle manière. Le groupe, aidé de quelques invités, soit 11 musiciens, est rentré en studio pour peaufiner son 1er album constitué de 13 titres et qui répond au doux nom de …Un zeste de zeff. Belle brassée de vent, qui offre un moment musical riche. Le groupe a fortement progressé. Leur musique a gagné en légèreté et en fluidité. Le saxophoniste et compositeur principal, Arnaud Teisseire, a bien voulu éclairer notre lanterne sur ce groupe, malgré sa fatigue (perceptible au bout du fil) due aux excès de la veille. À l'origine, ces musiciens jouaient des reprises instrumentales de Brassens. Puis la palette musicale a évolué sur les pays de l'Est, d'où ce nom, hommage au film de Tony Gatlif Gadjo Dilo. Ensuite les influences ska et reggae sont arrivées. Sur l'album, ils reprennent les Skatalites et ont de magnifiques plans de guitares qui cocottent à la façon jamaïcaine. Ce qui pourrait qualifier leur musique, mis à part ce côté 100 % instrumental, est "une musique des Balkans aux Caraïbes sans patchwork, les morceaux s'imbriquent vraiment de toutes ces différentes influences". Ensuite la formation a renforcé sa section cuivres avec notamment une trompette et un euphonium, sorte de tuba à 3 pistons, très présent en musique classique et en fanfare. Gaga Dilo se différencie d'autres fanfares par sa section rythmique électrique (basse, batterie, 2 guitares) très vigoureuse. La version scénique de ces jeunes musiciens entre 21 et 29 ans privilégie l'énergie. L'absence de paroles est palliée par le fait que tout le monde prend la parole à un moment par un solo et joue le rôle de lead. Les compositions sont axées sur des idées de chacun, peaufinées ensemble afin de rendre cela cohérent. Arnaud souhaiterait que l'année 2008 voie le groupe plus tourner hors région et se professionnaliser. On le leur souhaite. De plus, le groupe a donné quelques concerts humanitaires, comme pour le commerce équitable, la Croix-Rouge. "Voir un visage s'éclairer par la musique, c'est gagné." Ils sont très sensibles à ces choses-là et essaient de faire, avec leurs petits moyens, un geste. Un groupe humaniste qui semble avoir trouvé un vent porteur et ascendant.
Le 17 janvier au Sirius, 04 78 71 78 71
Ben Saglio
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