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JANVIER N°133
Daniel Cohn-Bendit
Jamika Ajalon
Les Innatendus
Jean-Philippe Salério
Gaga Dilo 
Louis Langrée
Gilles Granouillet
Éric Massé
Philippe Ménard
Béatrice Massin

FEVRIER N°134
Scorn - Lydia Lunch
François-Frédéric Guy
Sylvie Mongin-Algan
Turak Théâtre
Médecins sans frontières
Chaos Danse
Cie Käfig
Chronique Québécoise

MARS N°135
Têtes Raides
James Giroudon
Emmanuel Meirieu
Yuval Pick

AVRIL N°136
Wax Tailor
Christian Schiaretti
Shaker
Maison d'Izieu
Ça tchache !
Lady in the dark
Philippe Delaigue
Territoires singuliers
Impemanence

MAI N°137
Assises Internationales du Roman
Peter Csaba
Claudia Stavisky
Nuits Sonores

JUIN/JUILLET
N°1
38/139
Les Intranquilles
Jazz à Vienne
Michel Tremblay
Festival des 7 collines

SEPTEMBRE N°140
Septembre de la photographie
Riddim Collision
Emilie Valantin
Guy Darmet

OCTOBRE N°141
Mathurin Bolze
Lola Lafon
Don Quichotte
Jazz à Rive-de-Gier

NOVEMBRE N°142
Traces
Idem
Denis Plassard
Les larmes d'Ulysse

DECEMBRE N°143
Notre Cerisaie (NTH8)
Galeries O.Houg et G.Verney Caron
Dave St-Pierre
Yokohama Zen Rock



  Wax Tailor  


Après des années d'activisme hip-hop (rappeur dans le groupe La Formule), Jean-Christophe Le Saoût se décide finalement à suivre ses propres envies avec Wax Tailor, projet personnel anachronique et atypique. Tales of the Forgotten Melodies, 1er long format cinématographique (et très instrumental) du DJ-producteur, connaît un large succès d'estime. Avec Hope & Sorrow, nouveau recueil onirique et impressionniste, Wax Tailor enfonce le clou et confirme son statut d'artiste hors normes. En moins d'un an, son 2e opus dépasse les 40 000 copies vendues (presque un coup d'éclat pour un artiste aussi confidentiel dans le marasme actuel), et ses concerts affichent souvent complet. Magie du bouche à oreille, certes, mais surtout force évocatrice de sa musique brumeuse et cotonneuse. À mi-chemin entre trip-hop, down tempo et hip-hop instrumental, WT ("un projet personnel studio, qui a pris une tournure spécifique - et plus collective - live") s'in-vente une bande-son imaginaire, combinaison envoûtante de samples jazzy, de beats au tempo langoureux, de dialogues de vieux films, de cordes et de vocaux vaporeux. Ne cherchez pas à lui coller une étiquette. Le gars est au-delà, il n'a jamais voulu se limiter à quelque chose de précis. "Je me sens plus proche de la culture hip-hop et de tous les fondamentaux de cette culture (soul, funk, jazz), en fait de tout ce qui est matière à sampler, à repenser, à réarranger. On me parle de trip-hop, d'abstract hip-hop ou de hip-hop orchestral, je comprends pourquoi. C'est un peu tout ça, mais jamais à 100 %." On se doute qu'il a raison dès qu'il évoque ses références (un mot récurrent chez lui, preuve de son importance). "S'il y a un minimum de pertinence dans ce que je fais aujourd'hui, ça vient surtout de la façon dont j'ai pu digérer toutes mes références… pour en tirer quelque chose de personnel." Ou doit-on plutôt parler d'influences ? Qui vont de Public Enemy (le 1er nom qu'il cite) aux compositeurs de musiques de film, aux arrangeurs des 70's (François de Roubaix, J.-C. Vannier) ou à Ronnie Foster dans le jazz. "Fear of a Black Planet a été une vraie révolution : j'avais 15 ans, je ne comprenais pas cet album qui défilait de bout en bout, qui était construit et scénarisé." Nous y voilà, le mot est lancé. Scénario. La musique de WT ne va pas sans histoire et se construit comme un tout qui s'écoute de bout en bout. "Il y a 2 temps dans la manière dont je crée ma musique. D'abord la composition pure avec quelque chose d'instinctif et émotionnel. Une envie liée au moment et à l'instant. Dans un 2e temps, au montage, il y a une vraie réflexion sur la construction. Je compare souvent ça au travail d'un réalisateur et le lien me semble logique." Version scène, l'aventure continue à 4. Avec violoncelle et flûte, puis Charlotte Savary, la voix habitée de WT ("Elle incarne la parfaite réponse vocale de ce que j'avais envie de développer sur Hope & Sorrow"). Autre force en présence, l'image, indissociable de la musique. "Je craignais que ce soit une forme de restriction d'imposer des images. Puis je l'ai abordé différemment en posant le postulat d'une scénographie pour un temps donné. On pose un décor à cette heure et demie de concert. On a poussé le concept au niveau de l'image puisqu'on a essayé de créer des tableaux sur chaque titre, un peu comme une écriture graphique en temps réel. Mais avec une approche nettement plus frontale, quelque chose qui interagisse avec le public. Mais ça reste un concert et non une performance, avec sa part d'émotion." Il revient à Lyon dans le cadre du festival L'Original (à l'affiche également, Redman et Method Man ou Chamillionnaire). Vous l'avez déjà raté une fois ? N'hésitez plus.

10 avril au Transbordeur, 04 72 43 09 99

Anne Huguet