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JANVIER N°133
Daniel Cohn-Bendit
Jamika Ajalon
Les Innatendus
Jean-Philippe Salério
Gaga Dilo 
Louis Langrée
Gilles Granouillet
Éric Massé
Philippe Ménard
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FEVRIER N°134
Scorn - Lydia Lunch
François-Frédéric Guy
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Turak Théâtre
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Chaos Danse
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Chronique Québécoise

MARS N°135
Têtes Raides
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AVRIL N°136
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Ça tchache !
Lady in the dark
Philippe Delaigue
Territoires singuliers
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MAI N°137
Assises Internationales du Roman
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Nuits Sonores

JUIN/JUILLET
N°1
38/139
Les Intranquilles
Jazz à Vienne
Michel Tremblay
Festival des 7 collines

SEPTEMBRE N°140
Septembre de la photographie
Riddim Collision
Emilie Valantin
Guy Darmet

OCTOBRE N°141
Mathurin Bolze
Lola Lafon
Don Quichotte
Jazz à Rive-de-Gier

NOVEMBRE N°142
Traces
Idem
Denis Plassard
Les larmes d'Ulysse

DECEMBRE N°143
Notre Cerisaie (NTH8)
Galeries O.Houg et G.Verney Caron
Dave St-Pierre
Yokohama Zen Rock



  Jean-Philippe Salério  


et les Désirs d'actrices

Jean-Philippe Salério promène son crâne dénudé et ses belles idées de théâtre dans notre région depuis longtemps, chaque fois pour notre plus grand plaisir. Les spectateurs qui ont pu apprécier une de ses mises en scène se souviennent sans doute de sa patte, tendre fête aux femmes, et de son humour explosif, parfois limite limite et pourtant jamais cynique. Il présente au centre culturel Charlie-Chaplin, où la Nième Compagnie, qu'il codirige avec Claire Truche, est en résidence depuis 5 ans, des Désirs d'actrices. Deux spectacles en vérité. Botox Songs, le tour de chant de Françoise Monneret, qui, à cause de son âge, se demandait ce qu'elle avait "le droit de chanter" (!). Et du théâtre avec Intimité Médée, une pièce née de la volonté conjointe de Marie-Aude Christianne et Valérie Leroux de jouer ce rôle ô combien mythique de la plus fabuleuse amoureuse et de la pire des femmes criminelles.
Questions au metteur en scène Jean-Philippe Salério.

Comment le mythe de Médée l'infanticide peut-il être aussi attirant pour une comédienne et, qui plus est, une mère de famille ?!
Parce que c'est la transgression absolue, c'est un fantasme ! Les 2 actrices avaient ce désir de jouer sous le masque de Médée pour montrer leurs propres intimités. Ce que ce mythe raconte de soi et ce qu'il réussit à cacher, aussi. Nous n'avons pas cherché à raconter "une" Médée, même si nous nous sommes beaucoup inspirés de celles d'Euripide, de Sénèque et surtout de Heiner Müller. C'est en revanche le fil de leur fantasme que nous avons voulu suivre. Les actrices jouent ainsi alternativement leur propre rôle et celui de Médée.
Quelle forme va prendre cette pièce, à quoi doit s'attendre le spectateur ?
Nous avons élaboré un spectacle avec les créations vidéo de Vincent Boujon, qui par exemple est allé récupérer le film du mariage de Marie-Aude Christianne et il a filmé ses enfants dans les rôles de Jason, le mari de Médée, et des enfants assassinés. Le principe de narration sera très ouvert car il faut que le spectateur se sente directement concerné. La forme se voudra assez onirique et les interventions de la plasticienne Anne-Marie Javerliat devraient renforcer cette impression. Elle a imaginé des sculptures en Scotch, et le bruit du rouleau devrait d'ailleurs faire partie de l'ambiance sonore. Les robes des actrices seront en Scotch et il y aura un charnier de bébés en Scotch ! Je trouve que c'est très drôle !
Je me disais bien qu'à un moment, vous alliez vouloir nous faire rire !
Vous savez que Médée n'a pas seulement tué ses enfants. Par amour pour Jason, elle a volé la Toison d'or à son propre père, a découpé son frère en morceaux pour ensuite les semer derrière elle afin de ralentir le papa lancé à sa poursuite. Lorsqu'elle est désavouée par son époux pour des raisons de politique, elle se venge de la plus atroce des façons. Elle fait le vide autour de l'Argonaute. Elle tue sa nouvelle fiancée en lui offrant une robe empoisonnée. Elle incendie le palais du roi Créon. Et puis, elle assassine ses enfants. Difficile de trouver sujet plus tragique. Cependant, je me dois de remettre les choses à leur place. Bien sûr les actrices incarnent Médée, mais elles n'oublient pas, et je n'oublie pas, qu'elles jouent ! Ce n'est pas "pour de vrai", et c'est d'ailleurs ce qui nous permet d'aller très loin ! Il y a une jouissance pour le comédien de souffrir sur scène, il ne faut pas le cacher. Ce serait facile de se laisser aller à cette souffrance. Malgré tout, la distance que je crée par le rire ne me semble pas dénaturer le drame : au contraire, il peut aider à en saisir le sens.

Du 23 au 27 janvier au centre culturel Charlie-Chaplin, 04 72 04 81 18

Étienne Faye,