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  Peter Csaba  


directeur de la classe
d'orchestre du CNSMD

 

"Transmettre, faire quelque chose pour les jeunes artistes, est un besoin pour moi"

 

Les 15 et 16 mai, la classe d'orchestre dirigée par Peter Csaba donnera ses 2 derniers concerts de la saison symphonique du Conservatoire national supérieur de musique et de danse (CNSMD), dont une soirée au profit de l'Unicef. Au travers d'un programme de concertos de Dvorák, Brahms et Rossini, Peter Csaba souhaite offrir à ses élèves, déjà musiciens de haut niveau, l'opportunité de se produire en soliste et donc de travailler sur cette place particulière qu'occupe un instrumentiste dans un ensemble. Pour le public, c'est l'occasion d'entrevoir l'au-delà des notes du piano, du basson et du violoncelle, en vedette de ces 3 concertos…

Vous avez vous-même été supersoliste à l'Opéra de Lyon et à l'Orchestre national de Lyon, mais également très investi, et de tout temps, auprès des jeunes musiciens. Quelle place tient l'enseignement dans votre carrière musicale ?
Peter Csaba :
Je suis l'un des professeurs les plus "anciens" du CNSMD, où j'enseigne depuis 1983. J'ai d'abord été professeur de violon, puis j'ai participé à la création du poste de directeur de la classe d'orchestre que j'occupe actuellement. Ensuite, pour ce qui est de la place tenue par l'enseignement dans ma carrière, elle est directement liée à une conviction, celle que l'on a besoin de faire connaître la musique classique et de construire le public de demain. Certes, au CNSMD, nous avons beaucoup de jeunes talents, mais nous devons aussi les aider à produire de la qualité et à jouer ensemble. C'est la raison pour laquelle je me suis investi dans l'enseignement, en jouant un vrai rôle d'éducateur. Il y a 15 ans, j'ai créé un orchestre avec des jeunes de 17-18 ans, en Finlande, qui continue de tourner et avec lequel j'ai enregistré quelques disques. Depuis 2001, je suis également directeur artistique des Rencontres et de l'Académie Santander, en Espagne, où l'idée est de réunir des jeunes musiciens avec des artistes de renommée, pour qu'ils jouent ensemble lors de récitals. Dans le cadre de ces 2 concerts que nous donnons au mois de mai et qui se démarquent des précédents de cette saison symphonique, l'intention est de proposer aux jeunes musiciens de se produire en soliste dans un programme de concertos étudié pour cela. C'est ici un tout autre travail que celui d'interpréter des grandes œuvres symphoniques comme nous le faisons également au cours de cette saison.
Vous êtes né d'une famille de musiciens. Cela vous a-t-il prédisposé à vouloir transmettre à votre tour ?
Ma mère était une grande pianiste ; mon grand-père, chef d'orchestre… Est-ce que cela m'a prédisposé à l'enseignement ? Je ne saurais le dire. Pour ce qui me concerne, j'ai commencé la musique entre 4 et 5 ans, puis j'ai été violoniste avant de prendre la direction d'orchestres. Transmettre, faire quelque chose pour les jeunes artistes, est un besoin pour moi. Beaucoup de jeunes ont des talents, mais ils manquent parfois de connaissance et de culture musicale pour interpréter les œuvres. Personnellement, je suis d'origine hongroise et j'ai eu la chance de connaître des grands musiciens russes, d'Europe centrale. J'ai également eu pour professeur un élève de George Enescu, puis j'ai découvert la musique française… Quelque part j'ai été gâté par toutes ces influences, ces rencontres, et cela a contribué à me donner envie de transmettre et d'aider les jeunes à mon tour. Depuis 10 ans, je suis également directeur artistique de l'Académie internationale Maurice-Ravel à Saint-Jean-de-Luz, parce que j'adore Ravel, mais également pour que des jeunes de toutes nationalités puissent se spécialiser dans l'interprétation de la musique française vocale et instrumentale des XIXe et XXe siècles.
Depuis que vous dirigez la classe d'orchestre, avez-vous perçu des changements importants dans la formation des musiciens ?
Le niveau est incontestablement plus élevé aujourd'hui qu'il y a 20 ans. Les grands talents existent et ont toujours existé, mais le niveau général s'est étoffé et une grande partie des jeunes qui terminent le CNSMD trouvent des places en France et à l'étranger dans de grands orchestres. Le CNSMD est l'une des meilleures écoles, et la classe d'orchestre, par exemple, a effectué une tournée au Japon en 2007. Il y a 3 ans, elle avait également été invitée à participer au Festival des jeunes orchestres européens à Berlin. Pour nous, c'est une magnifique reconnaissance.

15 et 16 mais au CNSMD, 04 72 19 26 59

Caroline Faesch