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Jamika Ajalon, vous connaissez ? Oui, non. Certains se souviennent peut-être de ses apparitions énergiques aux côtés des Angevins de Zenzile. Mais c'est aussi, et surtout, une boulimique artiste à part entière, qui expérimente sans relâche. Écriture (dont un 1er roman, Skye Papers), musique et slam, mais aussi courts métrages et vidéo, performances et arts visuels : tous les moyens sont bons. "[…] Notre évolution naît de la fusion, du mélange de toutes ces énergies et je veux explorer ce mélange. Parfois l'image marche mieux que le texte pour exprimer une idée, ou vice-versa. D'autres fois, c'est la combinaison des deux qui provoque l'étincelle poétique."
Elle a sorti il y a peu un 1er album solo, Helium Balloon Illusions, solidement épaulée par JC et Vincent de Zenzile ou par Nico (ex-batteur de Lo'Jo). "C'est avant tout une musique qui bouge. Un mix d'influences qui vont du blues au rock, de l'électro au dub en passant par le trip-hop et le slam, même. […] Si par dub on entend mixer, sampler et poser un groove de basse, alors on peut dire que je suis une poétesse dub !" En tout cas, les inspirations et influences de cette rebelle dans l'âme sont multiples et variées : de LKJ et Muta Baruka à Hakim Bey et Burroughs, en passant par The Stooges, Mingus, Hendrix ou A Tribe Called Quest. "Mais le travail d'un Jean-Michel Basquiat ou d'un Jarmusch a aussi compté pour moi. Tous ces artistes ont tenté d'exprimer quelque chose, juste en étant honnêtes et avec leurs tripes. Et j'essaie de travailler comme ça."
Douze titres donc, entre hip-hop et dub, pour poser le décor. "Je parle de ma vie et de ce qui se passe autour de moi. Sans aucun doute il y a une forte connotation politique, mais aussi une vraie soif de vie -'la vie est faite pour être vécue'", polémiquer, refuser les diktats de la société de consommation ("Nous vivons dans un monde qui transforme tout en produit de consommation, rendant le subversif vide de sens") et rêver d'un monde meilleur ("Il y a des gens qui œuvrent activement à la révolution de l'humanité. J'ai totalement confiance dans le genre humain et les capacités liées à l'expérience universelle"). Révoltée ("Sérieux, vivez en dehors du système !"), engagée, activiste, quoique certainement un peu utopiste, elle est de tous les combats. "[…] Je m'interroge sur la politique, mais surtout sur notre perception de la nature humaine. Je ne cherche ni à polémiquer ni à être politiquement correcte ou à coller à une certaine conscience politique : je veux rester vraie. J'écris ce que je ressens, j'évoque toutes ces choses cachées qui se passent à côté de nous sans qu'on n'en entende forcément parler…"
Retour à la réalité avec la scène, force de frappe de l'Américano-Londonienne. Voix rauque habitée qui transcende le verbe, énergie débridée et chaleur des instruments qui jouent live. "C'est très important pour moi de jouer avec des musiciens. J'aime ensuite cette interactivité musique-public, cette part de feeling humain. C'est sauvage, c'est vivant, très vivant. Je me donne à fond sur scène : on peut presque dire que j'ai une esthétique punk de la scène !"
C'est ce qu'on verra.
1er février au Ninkasi Kao, 04 72 76 89 00
2 février au Fil. www.le-fil.com
Anne Huguet
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