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La librairie Le Passage reçoit quelques auteurs, notamment des femmes, et non des moindres : Marie Darrieussecq pour son roman Tom est mort. Camille Laurens n'est pas du tout contente, parle de plagiat et, par le fait, accuse Marie Darrieussecq de parler de la mort d'un enfant alors qu'elle ne l'a jamais vécu. Camille Laurens avait évoqué dans ses livres son histoire, celle de son enfant perdu, comme d'autres, j'imagine, avant elle. L'écrivain n'aurait-il plus le droit à l'imagination et à la fiction ? Ce livre prouve que l'autofiction n'est pas toujours le meilleur moyen d'écrire des livres. Darrieussecq réussit un très beau livre.
Le 18 octobre à la librairie Le Passage, 04 72 56 34 84
Pourquoi je me retrouve avec ce livre entre les mains ? C'est la question que je me suis posée une fois refermée la dernière page de ce roman. Une 4e de couverture qui situe Le Dernier Frère dans un recoin de notre histoire, l'un des épisodes de la seconde guerre mondiale où 1 500 juifs qui, fuyant le nazisme, l'Europe, se retrouvent chassés de Palestine par les Britanniques. Ceux-ci vont les envoyer par bateau sur l'île Maurice, emprisonnés véritablement, sans aucune liberté si ce n'est celle d'espérer le retour. Ces juifs vont vivre et, pour certains, mourir dans cette prison.
C'est encore un triste moment de notre histoire qui me relie à ce livre, et c'est un livre admirable de sobriété. On découvre à mots couverts et à travers la mémoire d'un homme âgé les bribes de cette histoire qu'il évoque à travers ses souvenirs et ses yeux d'enfant retrouvés.
Natacha Appanah écrit un livre beau et tragique. Ça secoue, la nature, les sentiments, la violence, les corps, l'histoire dans l'Histoire.
Le 19 octobre à la librairie Le Passage, 04 72 56 34 84
La Villa Gillet persiste et signe en remettant au goût du jour une belle formule qui avait inauguré les 1res Rencontres, il y a 20 ans déjà. "Nous avons demandé à 5 écrivains de cette rentrée littéraire de choisir un mot clef qui ouvrira les portes de leur nouveau roman." À l'époque, des écrivains tels que Quim Monzó, Paul Nizon, Sergi Pàmies, Pascal Quignard, Jacques Roubaud… s'étaient prêtés au jeu et à la joie de cet exercice.
Aujourd'hui, la Villa Gillet ne reprend pas les mêmes, mais garde le principe. Ce 8 octobre, ils seront 5 auteurs français face à 2 critiques étrangers, avec comme fil conducteur "Vu d'ailleurs : la rentrée littéraire française devant la critique étrangère". Les auteurs en présence sont venus avec leurs livres sous le bras. Si le livre de Louise Desbrusses m'a le moins convaincu, ceux, entre autres, d'Olivia Rosenthal et d'Éric Reinhardt sont tous les 2 parfaits exemples de livres à découvrir dans cette rentrée littéraire.
L'humour est très présent dans Cendrillon, d'Éric Reinhardt, enfin un livre qui prête à sourire, mais pas que. Un petit effort de quelques pages et l'histoire vous aspirera.
Olivia Rosenthal aborde la maladie d'Alzheimer avec un livre très fort, On n'est pas là pour disparaître. On entre dans un univers troublant où la littérature reprend sa place sur les thèmes du traumatisme familial, la disparition. À lire pour l'écriture et sa façon d'aborder la maladie. Remarquable fiction. "Les malades de A. n'ont sans doute pas le sentiment d'être ignorants, les malades de A. flottent dans l'éternel présent, les malades de A. sont différents, ses malades de A. sont différents sans le savoir, c'est cela qui compte…"
Clémence Boulouque et Vincent Delecroix, dont je n'ai pas lu les livres, seront de la partie.
Le 8 octobre à la Villa Gillet, 04 78 27 02 48
Autre belle rencontre ce mois-ci. Le TNP installe ses Langagières tout au long de l'année et propose, pour cette 1re soirée, un voyage en Palestine avec le poète et romancier Mahmoud Darwich. Toujours engagé aux côtés de son peuple et de la paix, Mahmoud Darwich est une des figures de proue de la poésie palestinienne. Lire ses romans et ses poèmes, c'est s'immerger dans la complexité de cette tragédie, c'est comprendre un peu plus.
"Ici, aux pentes des collines, face au crépuscule et au canon du temps
Près des jardins aux ombres brisées,
Nous faisons ce que font les prisonniers,
Ce que font les chômeurs :
Nous cultivons l'espoir."
(Extrait de Ramallah, janvier 2002.)
Il lira, dans sa langue, des extraits de son dernier livre, Comme des fleurs d'amandier ou plus loin (éd. Actes Sud). Didier Sandre nous donnera à entendre la version française. Une belle soirée puisque le Trio Joubran sera là en partie : les 2 frères Samir et Wissan joueront du oud en intermède musical. Ils viennent de sortir un disque, Majaz (Harmonia Mundi), d'une pure splendeur.
Le 12 octobre au TNP, 04 78 03 30 00
Bruno Pin |