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Déjà la 29e édition et ça foisonne toujours autant de grosses pointures comme de révélations prometteuses, ça vibre sous les rythmes les plus variés, ça montre encore plus de couleur, de différence, d'inventivité. Bref, ça ose et c'est ce qui donne envie de revenir, toutes ouïes déployées ! Du 2 au 27 octobre, ce 29e Rhino Jazz(s) Festival proposera plus de 40 concerts harmonieusement répartis sur une trentaine de communes entre Loire et Rhône. Les voies explorées sont donc multiples et les voix vraiment à l'honneur. Parmi elles, de nouvelles recrues comme celles de Sharrie Williams et Connie Lush (le 12 octobre à Saint-Chamond et le 16 à Caluire), qui empruntent beaucoup au gospel, au rhythm'n'blues et au jazz, celle de Pura Fé (le 9 à Saint-Étienne et le 16 à Fontanes), laquelle conjugue le blues américain aux rythmes amérindiens, ou encore celle des Faraualla (le 6 à Rive-de-Gier), irradiée par le soleil des Pouilles. Et puis une grande voix, difficile à "passer sous silence", celle d'une diva : Barbara Hendricks (le 10 à Saint-Étienne). Après avoir célébré Duke Ellington et Joséphine Baker ces 2 dernières années, elle rendra hommage à Billie Holiday avec le partenaire régulier de ses tournées, The Magnus Lindgren Quartet. Depuis ses timides apparitions dans le Porgy and Bess de Gershwin sous la direction de Lorin Maazel en 1975, cette artiste lyrique a déployé ses talents vers de nombreux registres, affirmant ainsi son insatiable curiosité pour toutes les musiques. Ses premières incursions sur la scène jazz remontent à Montreux en 1994 aux côtés du Magnus Lindgren Quartet. Et que ce soit sur un air de Puccini ou une composition de Duke Ellington, la technique comme l'émotion demeurent au rendez-vous, palpables en direct. Aussi ce "Billie's Blues" à l'affiche s'annonce-t-il comme un moment d'exception.
Toujours dans la catégorie "hommages exceptionnels", mais dans le registre soul cette fois, ce sera Manu Dibango qui célébrera Sidney Bechet (le 11 à Veauche). De Petite Fleur aux Oignons, ce chantre de la musique world renoue donc avec ses premiers amours pour offrir une approche personnalisée des compositions du cousin de Louisiane. Mais au-delà de ces artistes, médiatiques ou non, Rive-de-Gier est surtout l'occasion de découvrir des univers musicaux inédits. En l'occurrence, cette 29e édition accueillera, pour la 1re fois en France, la frénésie du groupe texan Asylum Street Spankers (le 13 à Saint-Romain-en-Jarez). Une formation de 6 multi-instrumentistes oscillant, selon l'humeur, entre country, jazz et blues, portés par une voix à la Betty Boop, et qui aiment tout particulièrement se mettre en scène jusqu'à vous happer dans leurs délires musicaux. Car ces musiciens ont un enfant intérieur extrêmement développé. Ils cultivent une sorte d'amour pour la transgression des règles musicales bien établies, celles auxquelles certains de leurs aînés préfèrent généralement se conformer. Cela fera donc 6 électrons libres de plus à Rive-de-Gier cet automne. Une aubaine.
Renseignements : 04 77 83 07 94 - www.rhinojazz.com
Caroline Faesch |