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2007

JANVIER N°122
Asian Z
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Les Subsistances
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FEVRIER N°123
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Dada Rock'roll & Guerilla
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MARS N°124
Gomm
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Molière au TNP
Fête du livre de Bron
Les Printemps Hurlants
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Klaxons
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Théât'Réalités

AVRIL N°125
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Red
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MAI N°126
Marco DSL
Assises Internationales du Roman
Théâtre
de la Croix-Rousse
h
Le Printemps de Vienne

JUIN N°127/128
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Festival des Musiques Innovatrices

Holydays in the sun
Les Intranquilles

SEPTEMBRE N°129
Le Peuple de l'Herbe
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Jérôme Bell
Chronique quebecoise

OCTOBRE N°130
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La Comédie
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NOVEMBRE N°131
Dominique A

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DÉCEMBRE N°13
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Emily Loizeau
Giuliano Carmignola
L'Ignorant
et le Fou

Carine Pauchon
Biennale d’Art Contemporain 07
Laurent Mulot

Mai 2007 N°126  


©B Amsellem

Naissance
d'une scène
nationale

C'est une belle histoire que celle du Théâtre de la Croix-Rousse. D'une salle des fêtes que les enfants des groupes scolaires du quartier investissaient en fin d'année, Guy Darmet avait déjà réussi à faire une Maison de la Danse fameuse. Lorsque les danseurs, trop à l'étroit sans doute, eurent l'opportunité de déménager en lieu et place de Savary et consorts dans les murs de l'ancien Théâtre du Huitième, le bâtiment de la place Joannès-Ambre se mit à sentir la poussière et semblait promis à la ruine. C'était compter sans la ténacité d'un metteur en scène issu des Ateliers : Philippe Faure. Depuis le prêt de 6 mois d'une salle abandonnée (accordé par le maire croix-roussien de Lyon Michel Noir), l'actuel directeur a construit un théâtre pérenne qui, cette année, devient scène nationale. Fort de nouvelles certitudes, Philippe Faure présentera le 11 mai sa 11e saison avec une parade colorée, de la grande rue de la Croix-Rousse jusqu'au Théâtre, où il dévoilera la saison 2007-2008 aux curieux, avant que ne s'ouvre un bal républicain sur la place.
Philippe Faure, ce théâtre, c'est 11 ans d'histoire…
Onze ans d'aventures. À l'époque, je cherchais une salle pour monter Frankenstein. Je vais voir Michel Noir, il me la prête pour quelques mois, et j'en profite pour partager, par exemple avec Bruno Boëglin. Et puis ces 6 mois passent très vite, et nous sentons les possibilités que pourrait nous offrir un tel espace. Suit donc une année de négociation avec les institutionnels. Rien n'est allé de soi, mais, au final, grâce au soutien de Michel Noir et de Patrice Béghain, alors à la DRAC, le Théâtre de la Croix-Rousse est né.
Quelles ont été vos options de programmation ?
Dès la première saison, nous avons fait venir des compagnies régionales, et pas des moindres : Philippe Vincent, Laurent Fréchuret, Christiane Véricel et même Marcel Maréchal… L'année suivante, Sarkis Tcheumlekdjian, Sylvie Mongin-Algan, Bruno Boëglin, Philippe Brunel… Nous avons très bien démarré. Lors de notre première campagne d'abonnement, on nous disait que 500 abonnés c'était miraculeux déjà, et nous avons "fait" 2 500 abonnements. Je crois que, dans l'esprit des gens, nous avons remplacé le Théâtre du Huitième de Françon et Savary. Ensuite, nous avons su créer des fidélités avec les metteurs en scène, comme avec Philippe Vincent, Emmanuel Meirieu, le Turak Théâtre de Michel Laubu. Nous avons fait de cette maison leur maison. Nous montrons leurs travaux sans a priori, dans leur diversité. Le public nous suit : nous comptons aujourd'hui 9 200 abonnés.
Le fait de devenir "scène nationale" changera-t-il votre politique ?
Rien de radical. Le contrat d'objectifs signé avec l'État nous impose, certes, une interdisciplinarité. Néanmoins, nous resterons un théâtre. Il y aura, dans l'avenir, des soirées de variétés, mais surtout, ce qui nous intéresse, c'est de développer une ouverture sur les arts qui traversent le théâtre : la vidéo, la danse, le cirque… Nous allons aussi réduire le nombre de spectacles, de 25 dans l'année à 14, pour pouvoir mieux les défendre, les programmer plus longtemps. La saison prochaine sera une préfiguration de ce que sera le Théâtre de la Croix-Rousse scène nationale, une sorte de conclusion des 10 premières années. On y verra Didier Besace, Ariane Ascaride, et puis de grands auteurs comme Brecht, Beckett ou Dario Fo seront montés… Bref, une saison très théâtre, que nous avons intitulée "La Tentation du clown". Un peu en réponse à cette saison 2006-2007, que je considère comme ratée. Nous avons proposé un théâtre lugubre, douloureux, presque cynique… Je voudrais donc des mises en scène plus classiques et surtout plus lumineuses. Les poètes devraient nous consoler, nous élever, avoir le souci du beau !
"La Tentation du clown"… C'est un peu la vôtre ? En juillet, pendant les Nuits de Fourvière, c'est le retour de votre one man show, 4e version : Naissance d'un clown.
L'histoire, la mienne, est celle d'un homme qui a tout raté et qui, en conséquence, devient un clown. Le one man show est un exercice narcissique, mais je voudrais que celui-ci soit la démonstration d'une certaine modestie, celle du métier d'artiste. Dans ce spectacle, je deviens un clown sans m'en rendre compte. Je suis entouré de centaines de lampes de chevet multicolores. À un moment, une lampe vacille. Je la mets dans ma veste, je la console. Le sang de la lumière me blanchit le visage lorsque je veux sécher mes larmes. Alors forcément, à un moment, je vais me sentir tout pâle. Mais, vous l'avez compris, je n'aime pas que le public se sente trop triste. Donc, ensuite, on va faire les clowns…

Présentation de saison le 11 mai à partir de 19 heures, place de la Croix-Rousse.

Étienne Faye