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Le printemps est renaissance, cela va sans dire. Il est aussi le moment où s'éteignent les saisons des théâtres. Pourtant, avant de fermer ses portes, le Théâtre de Vienne a décidé de les ouvrir en grand. Le Printemps de Vienne, hors les murs, est organisé sous un chapiteau, monté cette année au Champ de Mars. Le principe de ce festival est le mélange des genres, la fameuse pluridisciplinarité : de l'opéra, du cirque, de la musique, des récits et des contes…
En ouverture, une création de la compagnie L'Opéra-Théâtre, une œuvre de Benjamin Britten : Noé et le Déluge. Une mise en scène d'André Fornier avec la direction musicale de Marie-Laure Teissèdre. L'histoire est connue : Noé (ou Mister Noye), prévenu du Déluge, construit une arche où il se réfugie avec sa famille et les animaux. Comme sait très bien le faire Benjamin Britten, cet opéra est à destination de tous, c'est-à-dire qu'il est chanté, joué et regardé aussi bien par des adultes que par des enfants. Le projet est d'envergure, mêlant chanteurs professionnels et amateurs, intentions pédagogiques et artistiques. Cent dix comédiens, chanteurs, musiciens seront sur scène. André Fornier a fait appel aux forces vives de la région, les élèves de l'école de musique de Vienne, de l'école Table-Ronde et du collège Ponsart, le Petit Chœur des Dames, le Chœur de Vienne et le Chœur Pré-Pro du Centre de la voix Rhône-Alpes. Ceux qui ont apprécié Le Ramoneur au TNG (Théâtre Nouvelle Génération) à Lyon, en particulier les chœurs d'enfants, pourraient avoir envie de faire le déplacement ; c'est du 3 au 5 mai. Pour suivre la chronologie, notons que le festival fait encore événement le mercredi 9 mai, avec la fête à Bratsch. L'orchestre aux inspirations balkaniques et tziganes vient à l'occasion de ses 25 ans, pour un concert qui pourrait être mémorable (pour ceux qui aiment). Samedi 12 mai, cette fois, ce sera la Nuit du cirque. Deux spectacles, et d'abord Le Galop du girafon par le Lonely Circus et le fil-de-fériste Sébastien Le Guen. Dans une cage, sous la neige qui recouvre le zoo, est un homme "sur la corde raide, dévidant le fil de ses pensées". Ensuite, il y aura les performances d'équilibriste, de jonglerie et de batterie-percussion du spectacle Bat Jong, de Vincent Berhault et François Merville. Le Printemps de Vienne se terminera le mercredi 16 mai avec les Récits d'Arménie(s) de Serge Avédikian et Ariane Ascaride. Il s'agit de lectures d'auteurs arméniens de toutes les époques, depuis le Ve siècle jusqu'à aujourd'hui, en passant par Krikor Naregatsi, moine du Xe siècle, ou Tourmanian, témoin du génocide de 1915, et puis, aussi, les auteurs de l'Arménie soviétique et ceux de l'Arménie contemporaine, indépendante. Un panorama dont l'ambition, sans doute, est de nous faire un peu mieux connaître les richesses de ce pays, sorti exsangue du XXe siècle et heureux, enfin, d'entrevoir le printemps…
Du 3 au 16 mai au Champ de Mars à Vienne, Théâtre de Vienne, 04 74 85 00 05
Étienne Faye |