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Le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation continue son travail de mémoire en ce début d’année avec une exposition du photographe Philippe Guionie. Le sujet est d’actualité, cela grâce au film Indigènes et pour les Français frappés d’amnésies ou à la mémoire courte, ce film semblait leur apprendre une face non affichée de l’histoire contemporaine, mais nullement ignorée par le quidam normalement constitué d’une parcelle de cerveau. On ne peut imaginer un seul instant que nos hommes politiques aient pu méconnaître la chose. Ou alors...
Venu de partout et d’ailleurs, le tirailleur était de Madagascar, d’Indochine, d’Algérie, du Sénégal, de Guinée, du Maroc... Le colonialisme battait son plein sur les terres d’Afrique et d’Asie, alors s’agissait-il d’aliénation aux systèmes, ou du moins au système colonial ou pour éluder l’Histoire comme une systématique, d’un exemple de fidélité de ces combattants à la France d’alors.
On sait pertinemment que le travail de mémoire sur ce passé dramatique, ne fut jamais à l’honneur dans nos livres d’Histoire ou plus simplement dans l’Histoire contemporaine.
Aujourd’hui on en parle, depuis 2000 et encore plus depuis la fameuse loi sur les rapatriés dont l’article 4 évoque les “aspects positifs de la colonisation” et sa rapide abrogation.
Les débats font avancer les choses, le cinéma encore plus, les expositions permettent que l’on se penche d’une autre manière sur ces hommes, ces anciens combattants africains. Philippe Guionie redonne la parole à ces tirailleurs africains, ces hommes qui sont retournés vivre au pays, de l’autre côté de la Méditerranée pour la plupart, au bled ou dans la brousse. “Je suis photographe et ce ne sont que des photographies. Elles témoignent d’un vécu personnel où se révèle une histoire faite de personnages, de lieux, d’atmosphères et de sentiments.”
Ne reste plus qu’à franchir les portes pour découvrir ces belles photographies, ces visages, ces mains. Un livre a inspiré cette exposition, Anciens combattants africains, préface de Gaston Kelman auteur de Je suis Noir et je n’aime pas le manioc et de Au-delà du Noir et du Blanc paru en 2005 dont voici quelques lignes à méditer “Je ne me réveille pas tous les matins au son du djembé. Je ne me réveille pas avec sur le visage le crachat qu'a pris mon père colonisé. Je ne me réveille pas le corps meurtri par les coups qu'ont reçus les ancêtres des Noirs américains ou des Noirs antillais. Je voudrais cesser d'être un Noir. Je voudrais être tout simplement un homme.”
L’année 2007 commence bien au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation, faites-en bon usage.
Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation, du 11 janvier au 25 mars, 04 78 72 23 11
Bruno Pin
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