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DÉCEMBRE N°13
Gilles Laval
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L'Ignorant
et le Fou
Carine Pauchon
Biennale d’Art Contemporain 07
Laurent Mulot |

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Gomm
Ils sont de Béthune, nord de la France. Une fille, 3 garçons et leurs envies de musique sans concession, vérolée voire rancunière.
Nom de scène, Gomm. Découverts un peu par hasard avec un 1er album, Destroyed to Perfection, qui posait déjà les bases d'une musique répétitive et obsessionnelle avec claviers analogiques, guitares abrasives et ambiances plombées. La suite avec 4 (Pias), 2e album névrotique et nettement plus radical, qui pousse les voix dans leurs derniers retranchements et fait suffoquer avec ses rythmiques épileptiques. Le quatuor, non content de distiller, sur CD, un groove bancal et ténébreux, exalte sa musique sur scène avec des sets coups de poing qui vous laissent K.-O.
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Le son Gomm ?
Guillaume : Une musique jouée par 4 personnes du nord de la France qui utilisent des instruments vintage mais qui ne sont pas forcément des virtuoses. Quatre personnes qui s'entendent bien et qui essaient d'évacuer certaines tensions qui sont en elles…
Le fait que votre musique soit répétitive, c'est un parti pris ?
Non. Plutôt quelque chose que l'on a travaillé et développé à force de répétitions. On utilise souvent des boucles qui sont jouées live parce qu'on aime ça. En toute humilité, j'ai l'impression qu'avec Gomm on a un fond particulier. On ne sonne pas comme tel ou tel groupe, on ne copie pas. Après, le punk en général nous a marqués, mais on aime aussi bien les musiques répétitives ou les morceaux de Steve Reich que la disco ou la dance. On fait toujours un peu le grand écart entre une musique un peu "expérimentale" et des choses plus dansantes et donc plus accessibles. Moi, j'aime quand les riffs sont assez basiques, quand ça parle au physique plus qu'à l'intellect.
L'expérimentation est au cœur de votre musique ?
Oui à partir du moment où on travaille beaucoup en improvisation. On improvise, on voit où on arrive, on réécoute, on repère certains passages qu'on extrait et qu'on retravaille. Ce n'est pas vraiment du collage. Mais on peut réimproviser à partir de bases qu'on a développées en improvisation. Résultat : un album composé à 4 avec un vrai travail de groupe. L'important, c'est qu'on soit complémentaires et qu'on s'y retrouve. Et tout ça doit transparaître dans notre musique.
D'où le nom de l'album, 4 ?
Ce qu'on a voulu mettre en avant, c'est justement ce travail collectif. C'était aussi un clin d'œil à certains albums de krautrock (ceux de Neu!). Et puis on trouvait amusant que ça échappe à toute logique : l'appeler 4 alors que c'est notre 2e album !
Votre album est plein de rage. Vous en voulez à la terre entière ?
Ce n'est quand même pas facile de se sentir heureux dans ce monde. On ne peut pas vraiment parler de revendication : c'est surtout un exutoire, un moment pour s'exprimer et dire ce qu'on a sur le cœur. Valable aussi bien pour les mots que pour la musique. Plus un exutoire sur tout ce qui nous a déçus ou nous a fait mal. En tout cas, je pense que c'est ce qui ressort de nous quand on joue.
Le choix de Peter Deimel n'est pas vraiment anodin.
On cherchait surtout un studio analogique pour travailler à l'ancienne, enregistrer sur bandes, et surtout pour être à 4 dans la même pièce pour enregistrer. On a visité le Black Box, on a rencontré Peter et Yann, on a eu un bon feeling. Ensuite, quand tu vois le CV de Peter [producteur intransigeant connu pour son travail avec Chokebore, DeUs, les Thugs ou Sloy, ndlr]… On s'y retrouvait complètement. On voulait que nos morceaux se ressentent d'être joués par 4 personnes et non par 4 robots avec un click. […] Peter est un ultra-perfectionniste avec des oreilles bioniques. Il a tiré nos morceaux vers le haut, il a radicalisé tout ça en nous poussant à préciser plus de choses dans les sons, dans l'enregistrement des voix. En fait, de la prise de son au mix en passant par le mastering, c'est un gars qui s'implique et qui ne laisse rien passer.
La scène, prochaine étape, non ?
On a envie de retrouver la scène. La suite logique, car notre musique prend son évidence et son sens sur scène. La différence entre avant et maintenant… c'est qu'on était adeptes de sets courts (30 minutes maxi) et que cela n'est plus possible [ils jouent désormais en tête d'affiche, ndlr]. Je pense qu'il y aura toujours cette tension, mais avec des passages plus posés et plus de nuances.
Le mot qui vous ressemble ?
Hypnotique… parce que je crois qu'on construit les choses comme ça…
En vrai, en mars, près de chez vous :
le 8 mars au Ninkasi Kao, 04 72 76 89 00,
le 10 mars aux Abattoirs, 04 74 19 14 20
Anne Huguet |
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