ARCHIVES
2007

JANVIER N°122
Asian Z
Jérôme Margotton
Dada Rock & Roll Guerilla
Thomas Hauert
Philippe Guionie
Les Subsistances
Gilles Chavassieux
Lambeaux

FEVRIER N°123
Nery
Claire Truche
Dada Rock'roll & Guerilla
Le Moca
Stephane Durand
Michel Raskine
Fred Bendongué
Mathurin Bolze

MARS N°124
Gomm
Quelques mots, quelques pièces
Molière au TNP
Fête du livre de Bron
Les Printemps Hurlants
Bose Blue Note Festival
Klaxons
Vanessa Wagner Bertrand Chamayou
Abou Lagraa
Théât'Réalités

AVRIL N°125
Reperkusound
Red
Pierre Barouhh
Le Sonic

MAI N°126
Marco DSL
Assises Internationales du Roman
Théâtre
de la Croix-Rousse
h
Le Printemps de Vienne

JUIN N°127/128
Jacques Damez
Festival des Musiques Innovatrices

Holydays in the sun
Les Intranquilles

SEPTEMBRE N°129
Le Peuple de l'Herbe
William Christie

CHRD
AntiQuarks
Para-lel
KNX Crew

Jérôme Bell
Chronique quebecoise

OCTOBRE N°130
High Tone
Franck-Emmanuel Comte

Michel Raskine
Natacha, Appanah, Mahmoud Darwich...
Festival de Jazz de rive de gier
Amélie-les-crayons
Naissance d'un Clown
La Comédie
de Saint-Etienne

Le Boudu
Chronique Québécoise
Noces d'automne

NOVEMBRE N°131
Dominique A

Redbong
Molière au TNP

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DÉCEMBRE N°13
Gilles Laval
Emily Loizeau
Giuliano Carmignola
L'Ignorant
et le Fou

Carine Pauchon
Biennale d’Art Contemporain 07
Laurent Mulot

  FEVRIER 2007 N°123  



 

Claire Truche plante ses sardines au Groenland

Claire Truche dirige avec Jean-Philippe Salério la Nième Compagnie. Les deux compères, s’ils ne partagent pas toujours leurs créations, avouent en revanche une complicité qui ne doit pas manquer de sel entre deux personnalités fort vives, toujours bourrées d’idées. On avait laissé l’un en janvier à la Croix-Rousse, salle Paul-Garcin, avec une excellente Projection privée de Rémi de Vos. On le retrouvera cette fois sous la direction de l’autre, Claire Truche, dans ses Campements. Il s’agit du spectacle issu de la résidence de la Nième au centre culturel Charlie-Chaplin de Vaulx-en-Velin, et le moins que l’on puisse dire est qu’elle saura tirer parti du temps et de l’espace qu’on lui offre. Une pièce de théâtre, des lectures, une performance, des expositions…

Campements est un spectacle organisé en déambulatoire ?
En effet, les spectateurs seront invités à se promener un peu partout, ils auront même la possibilité de se rafraîchir, de grignoter quelque chose. Il y aura des lectures : chaque soir, il sera possible de découvrir 2 ou 3 nouvelles de Jørn Riel, cet auteur danois qui a vécu 16 ans au Groenland et qui écrit des sortes de racontars de trappeurs. Je ferai aussi une improvisation en compagnie de Denis Tricot, qui sculptera avec ses arcs en bois, en direct, une œuvre unique et éphémère : réservée aux spectateurs du moment ! Nous donnerons en fait plusieurs rendez-vous, dont la pièce de résistance sera ma commande à Rémi Rauzier, Bord d’heure Lune. Il s’agira d’évoquer le Groenland imaginaire, celui de nos rêves, car ce pays ressemble tellement à une page blanche qu’on y voudrait projeter jusqu’à nos plus belles utopies ! Ensuite, il faudra bien que le fantasme du Grand Nord se confronte aux réalités : pouvez-vous imaginer l’importance des changements culturels au Groenland ? Avez-vous une idée des bouleversements climatiques en ce moment au Groenland ? Les Inuits sont aux premières loges du réchauffement de la planète, ils en font l’expérience quotidienne !
Je crois que vous avez séjourné là-bas pour les besoins de cette création ?
Trois semaines. Autant dire rien. Juste assez pour se rendre compte que le Groenland n’était pas tel que je l’imaginais. J’en ai ramené pas mal de matériaux, des interviews par exemple, mais que je n’utiliserai pas tout de suite… trop difficile… plein d’images filmées par Rémi Rauzier, qui, avec mon carnet de bord, feront un film de 30 minutes. Nous avons également réalisé 2 diaporamas avec des petits personnages en terre cuite que nous avions dans nos bagages.
Dans le cadre de votre résidence, vous avez rencontré des Vaudais…
Bien sûr, parler du Groenland, au départ, c’est aussi un prétexte pour parler de nous-même. Nous avons donc posé la question aux habitants de Vaulx-en-Velin : qu’est-ce que penser à ce pays vous fait penser d’ici ? D’abord, certains ont remarqué que pour voyager il fallait des papiers, ce que malheureusement tout le monde n’a pas. Ensuite, il y a beaucoup de points communs entre ces populations qui n’ont pourtant pas le même mode de vie : elles sont toutes deux en danger d’acculturation, toutes deux à la recherche de racines… La Banquise-en-Velin, c’est un ensemble de petits événements organisés entre les plus gros rendez-vous, à partir de ce travail et avec des textes écrits par des Vaudais…
Le projet est ambitieux, voire pléthorique…
… Et je ne vous ai pas encore raconté que nous investissons le centre culturel avec des expositions, comme celle des frigos imaginée par des adolescents de l’IME (institut médico-éducatif) Yves-Farge de Vaulx-en-Velin ou celle de pierres polies par les glaciers groenlandais et de photos rapportées par Jeff Olsen. Cet homme est incroyable ; il nous réservera peut-être quelque surprise, car il est aussi imprévisible qu’un Inuit. Il y aura aussi la conteuse Margrethe Hojlund, le 30 janvier… Difficile de faire moins de 3 heures avec tout ça ! Le spectateur doit être prévenu que le temps de là-bas n’est pas tout à fait le même qu’ici, mais il peut être assuré, en revanche, du dépaysement !


Jusqu’au 3 février à 19 h 30 au centre culturel Charlie-Chaplin, 04 72 04 81 18

Etienne Faye