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"Donner à voir toute l'expression de la femme
aussi bien dans son humour, sa sensualité, dans son
être, ses prises de risque, sa vision percutante du
monde à travers des formes artistiques très
différentes" tel est le pari d'Uppercut
de femmes, l'événement proposé
au Toboggan de Décines par son directeur Jean-Paul
Bouvet
Une programmation osée pour cette première
édition qui se divise presque entre deux temps :
du mardi 4 au vendredi 7 avril, quatre spectacles seront
présentés (3 de danse et 1 de théâtre)
suivis chacun de la projection d'un film et le samedi 8
avril de 14h30 à 23h, un grand moment de rencontres
avec à nouveau les 4 spectacles auxquels s'ajouteront
3 performances de femmes, du cinéma et des lectures/spectacles
autour de deux auteures
Côté danse, c'est la belle Allemande Andréa
Sitter qui ouvrira le bal avec La Reine s'ennuie,
le regard d'une femme seule qui s'ennuie et s'invente sur
des musiques de Schubert, Verdi ou Nina Hagen, des histoires
loufoques, un peu déjantées, tendres, enragées;
une femme en quête d'amour qui se lance à corps
perdu dans de grandes pages de danse, avec des héros
(son prince charmant le crapaud en plastique), des tourniquets,
des arias, et des rosiers chantants
Atypique, décalée,
toujours émouvante, l'insolite andalouse Veronica
Vallecillo débarque avec deux pièces :
Pourquoi j'ai mangé mon mari, suivi de Lobotomix,
mode d'emploi. Dans la première, c'est son
corps soulevé par la force du flamenco, qui plonge
dans une vertigineuse guérilla conjugale, au cur
même de la terreur de la vie au quotidien avec l'homme.
Dans la seconde, elle dénonce avec un regard aciéré
notre société de consommation et le rapport
que la femme entretient avec elle
Sa présence
fulgurante a marqué tous ceux qui ont vu Foi de Sidi
Larbi Cherkaoui. Erna Ómarsdóttir est
cette fois-ci seule sur scène pour IBM 1401
- a user's manual, accompagnée du musicien
Johann Johannsson, qui joue en live sa musique écrite
à partir des bandes sonores sorties du premier ordinateur
arrivé en Islande en 1964 : l'IBM 1401. La danseuse
explore la complexité des relations entre l'homme
et la machine et c'est son corps tout entier qui l'exprime.
Entre volte-face, chutes, tension, distorsion, angoisses,
désir de vivre, elle se jette sur scène dans
des émotions les plus extrêmes pour interroger
le sens et le devenir des rapports humains
Grand moment de théâtre attendu avec la comédienne-metteure
en scène Daria Lippi et la pièce Pour
Penthésilée qu'elle a adaptée
avec le metteur en scène Eric Lacascade de La Comédie
de Caën. Penthésilée, reine des Amazones
est envoyée à Troie pour défier en
combat singulier les plus valeureux des Grecs. Achille est
désigné pour Penthésilée et
l'amour va se jouer dans un combat, où la reine chienne
parmi les chiens, s'acharnera jusqu'à la mort, sur
le corps de l'aimé. Dans cette confrontation avec
la complexité d'une femme-mythe, Daria Lippi endosse
tous les rôles de la pièce de Heinrich Von
Kleist et grâce à des projections vidéo
sur sa peau, son corps est tour à tour champs de
bataille, corps d'Achille lui-même et témoin
de ses blessures et de sa folie
On pourra également assister à des lectures/spectacles
autour de deux livres : Dirty Week-end de
la jeune Israélienne Helen Zahavi qui campe
l'itinéraire d'une femme transformée malgré
elle en Serial Killer et qui assassine tous les hommes l'approchant
de trop près et Broderies de l'Iranienne
Marjane Satrapi qui décrit un moment savoureux
où autour de la cérémonie du thé,
les femmes iraniennes se retrouvent pour parler d'un ton
léger et plutôt cru, des hommes, du quotidien
et de leur sexualité
3 performeures internationales
seront présentes et chacune sur un thème différent,
pointera avec originalité cette journée du
8 avril : la Québécoise Myriam Laplante
met en scène, de façon spectaculaire, ses
actions parodiques et grinçantes; la Finlandaise
Irma Optimist, nullement influencée par le
froid de la Baltique, déforme avec humour les actes
évocateurs de nos mini-catastrophes humaines et pour
finir, le bouquet explosif sera proposé par la Belge
Gwendoline Robin qui ravive la magie de l'enfance
Côté cinéma, 4 films présentés
au Ciné-Toboggan : Siete dias, siete noches
(7 jours, 7 nuits) de Joel Cano, 3 portraits de femmes
cubaines qui se battent au sein d'une société
pauvre et machiste; Viva Zapatero, un documentaire
de Sabina Guzzanti sous forme d'enquête auprès
de la classe politique italienne et des médias, sur
l'état de la démocratie en Italie; Villa
paranoïa dEric Clausen, lhistoire
dAnna, une comédienne sans rôle qui trouve
le sien dans celui dune aide-ménagère
à domicile un peu déjantée et Le
Bal des chattes sauvages, un documentaire suisse
de Véronica Minder sur les parcours, les choix de
vie et les combats de lesbiennes de différentes générations
Il ne vous reste plus qu'à composer votre programme
!
Martine
Pullara
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