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Ce
sont les Bellrays qui qualifient eux-mêmes leur mixture
de Maximum rock & soul ! Et on nest effectivement
jamais mieux servis que par soi-même, puisque cest
exactement de cela quil sagit musicalement :
le rock et la soul fusionnés pour le meilleur groove
via lénergie dun groupe poussée
au maximum; un groupe de toute façon foncièrement
jusquau-boutiste (!) tant dans sa démarche
"intellectuelle", sa manière de composer
et denregistrer que lors de ses bouillonnantes prestations
scéniques qui ne sauraient laisser indifférent,
même le plus flegmatique des lords anglais à
lheure du thé. A titre personnel et uniquement
pour pousser le bouchon aux borderlines de lappellation
contrôlée, jaurais bien rajouté
Garage punk entre maximum et rock, histoire de rendre compte
tant de leur univers sonore à la limite de lagression
vintage (captation dans un 60s garage), que du côté
étonnamment effrontée (punk !) de la super
front woman qui siège élégamment derrière
le pied de micro. Les lords apprécieront. Et si jévoquais
leur démarche, sachez avant toute chose que les Bellrays
sinscrivent parfaitement dans lHistoire du rock
dans ce quil a plus noble et/ou émancipé
: Nous voulons continuer ce quont commencé
les Stooges, MC5, Temptations ou Miles Davis
simplement
parce que nous sommes des rêveurs.
Bien que sortis dun trou paumé comme il en
existe tant à lorée du désert
californien (80 bornes à lest de Hell A), nos
trois white trash boys associés à une black
lady soul, The Bellrays donc, semblent avoir digéré
tout ce que compte la production musicale américaine
(underground ou non) en matière de rhythm & blues,
punk rock, soul power et même swing jazz
Et
dans un registre où je pourrais accessoirement pinailler
pendant des plombes, disons quil est probablement
question ici dune sorte de version garage de la culture
Blaxploitation. A ce niveau danalyse (sic), rendons
alors hommage (sic, 2ème) à cette fantasmagorique
chanteuse quest Lisa Kekaula, qui manipule le microphone
comme en leur temps les black panthers maniaient (légitimement)
les flingues ! Un genre de diva des temps modernes avec
un tigre dans le moteur (sic, dernière) et dont le
timbre de voix couplé à lattitude évoquèrent
à plus dune plume, pêle-mêle Aretha
Franklin, Betty Davis, Janis Joplin ou Tina Turner, sacrées
bonnes femmes sil en est. Alliant puissance et félinité.
Alors quand madame Kekaula se permet en français
dans le texte, une surprenante reprise des Cornichons de
Nino Ferrer (sur leur dernier album : Have a little faith
chez Vicious Circle) que ne renierait sûrement pas
une Dee Dee Bridgewater
on simagine déjà
le 12 novembre en jambon beurre scotché à
la scène, savourant le flow de ses paroles magnifiées
par laccent noir américain. Sachant de surcroît
que les Bellrays ont une "fâcheuse" tendance
à finir les concerts sur les genoux, voire dans la
fosse (!) dès lors quils ont commencé
à enchaîner les titres dans un train denfer,
on peut continuer à rêver tranquille en attendant
le jour J. Seule ombre au tableau, un mix live parfois dénué
de bon sens
Le régisseur du groupe posté
à la console façade sévertuant
à faire sonner devant coûte que coûte
le chant et la batterie, au détriment des guitares
compressées à lextrême dans ce
qui pourrait ressembler à une bouillie sonore. A
se demander à quoi servent donc les amplis Ampeg
et Peawey exposés sur les planches ? Deux indices
nous laissent cependant penser quil nen sera
pas de même le 12 novembre prochain : primo, la production
du dernier album a permis aux Bellrays de franchir un pallier
et rompt totalement avec le son studio très roots
qui était le leur auparavant; secundo, les échos
de leur dernière prestation au Houlala Festival (St-Bonnet
le Château, été 2006) sont unanimement
dithyrambiques et le groupe avait ce soir-là couché
tout le monde dans une orgie rock & soul parfaitement
maîtrisée, son compris.
Au final, on dira des Bellrays quils sont le pendant
sauvage et mature des groupes en The qui ont largement émergé
depuis le bug de lan 2000 : Strokes, Vines, Libertines
etc. en évitant soigneusement de mettre les White
Stripes dans le même wagon. Le leur étant également
raccroché à un train denfer
Lancé
à toute vitesse, parce que les mois de novembre sont
meurtriers. Et quand le train-train déraille, cest
que vous avez rendez-vous avec les Bellrays. Enfin, cest
tout le mal que lon vous souhaite.
Au Ninkasi Kao le 12 novembre, 04 72 76 89 00
Laurent
Zine
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