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Bruno Amsellem-editing©
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Opéra,
Dorny
ouvre
grand
les
portes
Ouvert
à tous, ouvert à tout.
Cette invitation prometteuse qui figure à len-tête
de la nouvelle saison de lOpéra de Lyon, relève
certes dune habile stratégie marketing, mais
contient aussi toute la quintessence de la politique conduite
par son directeur. Depuis quil en a pris les rênes,
en 2002, Serge Dorny na eu de cesse douvrir
son Institution sur la ville, de fidéliser les équipes
artistiques et de lancer des perches vers un jeune public,
méfiant par excellence. À laube dune
4ème saison encore plus éclectique que les
précédentes, tous les feux sont désormais
braqués sur la 2ème scène lyrique de
France. Les feux de
lamour, fil rouge
de la saison. |
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Certains
nhésitent pas à dire que vous avez redonné
une identité à lOpéra
de Lyon. Léloge est flatteur, quen pensez-vous
?
Cest toujours difficile de faire un bilan quand on
a le nez dans le guidon, et ce nest peut-être
pas très objectif. Ce qui caractérise un projet
artistique cest dabord sa qualité. Jespère
donc quil existe aujourdhui une qualité
continue dans nos propositions artistiques. En tout cas,
elle a permis la réalisation de spectacles de haut
niveau : je pense notamment à Mazzepa de Tchaïkowski
qui vient de recevoir le Prix de la Critique Musicale. Le
Faustus de Pascal Dusapin a également obtenu le Prix
du Meilleur Spectacle Contemporain. Et je pense que le public
sait reconnaître la qualité. Cest important
pour une institution comme lOpéra de ne pas
se contenter occasionnellement de feux dartifices.
Dabord parce que ça coûte cher et ensuite
parce que ce nest pas une base sur laquelle on peut
construire. Au cours de la saison 2004-2005, le cycle Janacek
a dailleurs été loccasion de démontrer
que lexcellence nétait pas seulement
dans la réalisation artistique mais aussi dans laccompagnement
technique et musical : pour un orchestre, cest un
défi de mener trois partitions de front. Mais il
est clair quil faut aussi entretenir cette excellence.
Est-elle pour autant accessible au plus grand nombre?
Cest là notre défi. Il faut élargir
louverture de lopéra qui doit être
un lieu de rencontre de toutes les composantes dune
société. Or, cette société a
fortement évolué : elle nest plus monochrome,
avec toute la beauté que la monochromie peut avoir
dailleurs. Elle est désormais multiculturelle.
Grâce à un effort collectif, interne et externe,
on a pu mettre en place un certain nombre de dispositifs
qui ont élargi louverture de lopéra.
Je pense notamment aux actions pédagogiques destinées
à attirer les scolaires. Par ailleurs, nous avons
compris que cette relation ne devait pas se borner à
la transaction de billets, mais faire découvrir à
chacun de nos enfants leur potentiel créatif. Nous
avons aussi voulu ouvrir la culture à des milieux
qui ne sont pas forcément encadrés par lécole.
Doù le travail engagé dans quelques
quartiers où le travail daccompagnement de
lémergence artistique, réalisé
par exemple avec les Pokémons. Notre tâche
ne se limite pas à la présentation de spectacles,
cest là quelle commence.
Comment réagissez-vous lorsque le public siffle des
productions jugées trop disparates, comme cela sest
passé à la première dAlcina ?
Je pense que cest important dêtre éclectique.
A lOpéra de Lyon, en tout cas, on ne défend
pas un style. Chacun a le droit daimer ou ne pas aimer
et de sexprimer. Cest ça la démocratie.
Mon ambition, cest la qualité. Et puis, il
a différents publics, celui de la première
et les autres. Alcina a été fortement applaudi
certaines autres soirées. Et puis, regardez, lorsque
Carmen de Bizet a été créée,
ça a été le flop total
Prenez-vous un risque en faisant démarrer
votre prochaine saison avec Wagner, plutôt mal-aimé en France ?
Wagner na pas été joué à
Lyon depuis 1990; Or, il y a une vraie demande : en pré
vente, début juillet, on constatait que Lohengrin
était le spectacle le plus vendu ! Ce spectacle sera
une coproduction avec le Festspielhaus de Baden-Baden (Allemagne),
construite à Lyon. On se donne tous les atouts pour
que ces retrouvailles avec Wagner soient un moment extraordinaire.
Des Opéras français peu joués
sont également à laffiche
Effectivement, nous en programmons deux : Djamileh de Georges
Bizet qui sera servie par de grands interprètes tels
que Laurent Naouri. Ensuite, la tragédie lyrique
La Voix humaine de Francis Poulenc, où lon
retrouvera une très grande cantatrice, Felicity Lott.
Djamileh comme La Voix humaine font partie dun festival
dopéras en un acte autour du thème de
lamour-soupçon.
Le public apprécie-t-il, justement, ce principe
du festival ?
Certains viennent voir tous les spectacles, dautres
nen choisissent quun seul. Et puis, les spectacles
hors les murs permettent damener un nouveau
public qui ne vient pas habituellement à lopéra.
Le festival crée aussi une dynamique internationale
: les gens viennent à Lyon parce quils verront
plusieurs spectacles sur un temps concentré. Pour
lopéra, enfin, cest loccasion davoir
toutes les lumières braquées sur lui, à
un moment donné. Cest une fierté.
Opéra de Lyon : 0826 305 325
www.opera-lyon.com
Caroline
Faesch
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