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Microclimats,
présenté l'an dernier à Vénissieux
par la compagnie Haut et Court, donnait comme un avant-goût
de sa création à venir ce mois, Des Anges
mineurs, adapté d'Antoine Volodine. Même
metteur en scène, Joris Mathieu, mêmes comédiens,
Marion Talotti, Philippe Chareyron et Vincent Hermano, mêmes
vidéaste, compositeur, éclairagiste et même
attention portée à l'écriture romanesque
et aux atmosphères sensibles, en plus "climatiques",
peut-être. Microclimats montrait sur scène
trois nouvelles distinctes (Maïakovski, Julio Cortazar
et Botho Strauss), trois monologues comme trois entités
climatiques : ouatée, ensoleillée, pluvieuse.
En crescendo, jusqu'à cette scène saisissante
d'une femme (Marion Talotti) qui ne peut se taire dans une
cabine téléphonique en train de se remplir
d'eau. Et c'est le spectaculaire qui prenait le dessus dans
un spectacle où l'on se sentait comme dans un espace
mental, dans l'intimité d'une lecture
Etrangement
troublé et pris à parti.
Autre auteur autre lecture, donc, aujourd'hui avec Des
Anges mineurs, d'Antoine Volodine. "Je l'ai
lu il y a deux ou trois ans, se rappelle Joris Mathieu,
et j'ai trouvé que c'était une écriture
forte, qui allie une forme narrative très poétique
et une grande qualité littéraire de la prose.
Il parle d'un univers transfiguré, à la frontière
de la science-fiction et du fantastique, qui parle de notre
monde avec une grande habilité." Dans cet
acte 1, la compagnie Haut et Court va présenter les
18 premières séquences d'un livre qui en compte
49, des narrats, comme les appelle Volodine,
ou encore textes post-exotiques à cent pour cent,
"brèves pièces musicales dont la musique
est la principale raison d'être"
Qui
sont encore comme les unités indépendantes
et reliées, pourtant, d'un paysage narratif d'après
la fin du monde. Une épopée. Joris Mathieu
: "Dans des paysages en ruines, la vie peine à
se reconstruire. Les humains, dispersés, n'arrivent
plus à s'organiser, encore moins à se reproduire.
Mais dans l'hospice expérimental du Blé Moucheté,
quelques grands-mères pluricentenaires nourrissent
encore des projets pour notre avenir. A l'intérieur
de leur cellule, elles tissent et couvent un petit-fils
à l'aide de bouts de chiffons et d'incantations magiques."
Il s'appelle Will Scheidmann et c'est l'un des 18 personnages
qui peuplent le spectacle de la compagnie Haut et Court.
Si la matière première littéraire est
diverse, complexe, Joris Mathieu s'est attaché, sans
lui retirer son mystère, à éclairer
le spectateur avec quelques indices, en recourant par exemple,
à des masques qui permettront de reconnaître
les personnages. La vidéo, utilisée comme
un élément de décor, permettra aussi
de découvrir les visages ou les traces des anges
grâce à un dispositif de surimpressions vidéo
aux situations théâtrales. : "Les anges
se fondront dans le paysage ou bien s'adresseront directement
à nous. Les anges seront des présences
diaphanes au milieu des vivants."
Théâtre de Vénissieux, les 11 et
12 mai. Réservation indispensable (jauge limitée)
:
04 72 90 86 68
Florence
Roux
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