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Trois
filles, un garçon ; trois violons, une batterie,
et aujourdhui des bouts de texte jetés en pâture
pour égayer la solennité du violon. La Tropa
est de retour avec un vrai premier album, Des Bouts
de toi (Pias, sortie 16 oct), 13 plages ébouriffées
et aériennes qui alternent envolées majestueuses
de violons, mélodies entêtantes, staccatos
malicieux et solos électriques. Rappelez-vous 2002
et les premiers pas de ce groupe à quatre, pas tout
à fait comme les autres. Juste une envie de dépoussiérer
le violon et dexplorer de nouvelles pistes avec un
instrument un peu guindé plus habitué des
grands orchestres et de la musique de chambre. Le pari est
gagné puisque leur musique légère séduit
à tous les coups, presque du rock avec des violons
! Avec Des Bouts de Toi, enregistré sous la férule
de Vincent Segal (moitié de Bumcello et contrebassiste
allumé de M entre autres -une façon commune
dexploiter les cordes de manière un peu différente),
La Tropa poursuit ses expérimentations autour du
violon. Donnant une vraie place à la voix avec des
textes écrits et chantés par Julie Dodet (Jy
ai pris goût et ça sest vite lié
à la musique. Et cest beaucoup plus émouvant
de chanter ses propres textes) et enregistrant live.
Rencontre avec Julie, Marie et Caroline.
Que raconte lalbum ?
M : Cest un album qui nous ressemble.
Fait live, avec cette envie de garder lénergie
et la spontanéité quil y a sur scène.
Il raconte forcément aussi une histoire de rencontre
puisque réalisé avec Vincent Segal de Bumcello;
il a été lélément moteur
dans le choix dun enregistrement live. Il pense que
notre grande force cest laspect scénique
et lénergie envoyée. Pour lui, à
faire piste par piste, à vouloir quelque chose de
propre et trop lisse, on allait sy perdre probablement.
Cétait aussi un challenge : savoir si on allait
réussir à faire tout lalbum comme ça
! Puisquenregistré à 4 dans une même
pièce sans casque, sans métronome !
Ce choix dune production live ?
J : Alors quon était dans une
démarche de produire un disque (avec jolie pochette
et belle musique !), il nous a rappelé que lintéressant
dans la musique est ce qui se passe entre les musiciens.
Limportant nétant pas que ce soit beau
mais quil y ait une émotion. Et cette émotion
naît en jouant vraiment ensemble. Quimporte
si lharmonie parfaite avec les notes nest pas
atteinte !
M : Il dit souvent que sur un disque ce sont
les défauts qui vieillissent le mieux. Cétait
un peu ça lidée
!
J : En fait lhistoire nous a aussi
intéressés car cela nous paraissait très
périlleux, on ne pensait pas en être capable.
Ni en avoir les moyens ou les capacités techniques.
Et de fait, jai vraiment eu limpression dun
retour à la musique. Être dabord musicienne
sans me préoccuper de faire quelque chose qui ait
un joli rendu pour que ça plaise aux gens.
Cet album vous étonne-t-il ?
M : On en est content. Heureux dabord
davoir réussi malgré le côté
périlleux de laventure, davoir été
au bout. On a douté, on ne trouvait pas tout ça
assez propre, pas suffisamment juste. Alors quau final
il y a une vraie énergie.
J : Pour ma part, cest la 1ère
fois que je me sens capable de défendre un album
car il nous ressemble vraiment. A 100 %. Cest vraiment
nous, pas de tricherie, on ne se cache derrière rien.
On est ce quon est au moment où il a été
enregistré. Ça na la prétention
que dêtre La Tropa pendant ces 8 jours en studio.
Cest aussi lacceptation de ce quon fait,
ce quon est capable de faire. On se retrouve vraiment
là-dedans. Il nous a pris à contre pied dans
notre démarche et au final on aboutit à un
résultat qui est La Tropa et non une image de La
Tropa.
M : Cest un album très cru du
coup. Avec le son âpre du violon comme il peut lêtre.
Il ny a aucun autre instrument, on na pas rajouté
de couches, pas de trompette
On a juste cherché
à approfondir notre identité qui est pour
linstant un alto, deux violons et une batterie. On
est allé au bout de ce truc. Et les morceaux sonnent
La Tropa, une forte identité de groupe ?
M : Et cet album nous a encore plus rapprochés.
Car enregistrer en live ça donne une telle responsabilité
à chacun dans la prise puisquil ny aura
peut-être quune prise. Il faut que le groupe
soit ultra homogène, quil y ait une confiance
mutuelle. On est suspendu à létat des
uns et des autres. Et en même temps, plus ça
va, plus chacun saffirme musicalement mais aussi humainement
dans sa différence.
La scène une histoire damour ?
J : Quand on joue en live, on séclate pendant
une heure et demie. Et finalement sur cet album, en jouant
live, on a eu cette même sensation extrême pendant
8 jours du matin au soir et ça cétait
assez dingue. Depuis le début on est accro du live
parce quon a ces montées dadrénaline,
on aime bien se mettre un peu en péril, jouer devant
un public qui ne nous attend pas et qui se demande ce que
ça va donner 3 nanas avec des violons !
Que cherchez-vous à provoquer ?
M : Une émotion quelle quelle
soit. Du plaisir aussi. Certainement aussi une envie de
délivrer un message avec notre violon, qui est quon
peut finalement faire tout ce dont on en a envie.
J : Surprendre
Jaime bien quand
on joue devant des publics qui a priori ne nous correspondent
pas
On a toujours cherché à être
en décalage, ne craignant pas de jouer en 1ère
partie de groupes bien rock ! Jamais eu lidée
de jouer devant un public assis, genre la quarantaine qui
écoute les textes. On joue aussi bien devant des
punks que dans les jolis théâtres
Ça
cest excitant !
La suite sannonce tout aussi mouvementée avec
une mise en scène dépouillée et une
grande proximité avec le public (Il ny aura
pas de retour devant nous, on ne se cachera devant rien
; on se met un peu plus en danger
). Dont acte.
Anne
Huguet
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