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Je
suis en train de mourir et pourtant je suis vivant jusquau
bout, cest ce que lécrivain
Henry Miller dit sur son lit de mort, devant la caméra.
Cet extrait de film projeté pendant le spectacle
Des Gens qui dansent de Jean-Claude Gallotta
pourrait résumer à lui seul la pièce.
Mots du créateur qui dit tout son amour pour la création
et tous ceux qui lont aimé pour quil
puisse aimer et créer jusquau bout. Damour,
il nest question que de cela dans cette nouvelle pièce
de Gallotta ! Damour, de vie et de danse. Rien sans
lautre. Troisième volet dune trilogie
commencée avec 99 duos, puis Trois
Générations, elle fait danser sur
scène des danseurs dâges et de corps
différents qui racontent des histoires, fragments
de vie ou concentrés dhumanité; Solos
lâchés dans un monde tandis que dautres
mondes se vivent à côté, duos de hasard,
duos de contraste (une jeune blonde et un black magnifiques
de sensualité), un jeune homme et une femme plus
mûre, deux hommes qui saiment dans lhumour
et la provocation, des sons de partout, voix, micro, tout
un monde qui achoppe des éclats de danse, sans oublier
la musique très spatiale de Strigall construite elle
aussi comme une chorégraphie, menant la danse dans
tous les sens. Et bien sûr on reconnaît la danse
de Gallotta, ses petits mouvements nerveux et énervés,
ses brusques changements de rythmes qui font soudainement
décoller les corps, ses changements de directions
qui provoquent des trajectoires trop évidentes; Ces
mêmes mouvements faits par des personnalités
si singulières quils en deviennent différents,
appartenant à la vie de chacun. Bien sûr Jean-Claude
Gallotta est sur scène, rappelant ce personnage perturbateur
de Mammame qui posait la question du rôle du
chorégraphe, bonnet sur la tête, micro en mains
: Je veux dire quelque chose, je voudrais dire
quelque chose, je dois faire quelque chose, peut-être
inventer une petite danse. Comment créer,
comment danser, comment vivre ? Rien de plus simple et rien
de plus compliqué. Puissance et fragilité
intimement mêlées
Comme dans Trois Générations,
cette pièce va à lencontre de la notion
de spectacle, du spectaculaire qui se superpose ou se substitue
de plus en plus à la danse. Gallotta veut juste des
corps vivants qui dansent. Pas de décor, pas de vidéo,
les danseurs sont habillés comme dans la vie : la
différence entre nous deux et un duo nest pas
évidente dit un couple de danseur. Cest
bien cela que le chorégraphe cherche aujourdhui,
agencer la vie plutôt que chorégraphier. Et
le nu de ce plateau nous mets face à nous, face à
lautre, face à la danse. Plus sombre malgré
tout que Trois Générations, cette création
frappe au cur, quelque chose est passé, nous
a embarqué avec, nous avons dansé avec eux,
nous sommes ces gens qui dansent !
Maison de la danse, du 24 au 26 Octobre, 04 72 78
18 00
Martine
Pullara
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