ARCHIVES 2006

JANVIER N°111
Système rudimentaire
Man

FEVRIER N°112
Melik Ohanian
Galerie Vrais Rêves
Le Compagnonnage
Boris Charmatz
Spade & Archer

MARS N°113
Expérience
Rivages noir
Da Silva
Gilles Chavassieux
Cie La Cordonnerie
Uppercut de femmes
Cie Accrorap
Lucien Attoun au TNP

AVRIL N°114
Killing Joke
Hushpuppies
Théâtre Craie
America, America !

MAI N°115
Paroles et Musiques
Théâtre du Grabuge
Les Intranquilles
Charles Pick
Les Tambours du Bronx
Les Anges mineurs
Robert MC Wilson

JUIN N°116/117
Johann Le Guillerm
Antoine Agoudjian

SEPTEMBRE N°118
Biennale de la danse 06
Serge Dorny
ARFI

OCTOBRE N°119
Party at Grnd Zero
Villa Gillet
La Tropa
La BF 15
Philippe Katerine
Jean-Claude Galotta

NOVEMBRE N°120
Virginie Despentes
The Bellrays
Charles Juliet
Instances
#4
Le Théâtre du Fust
Jean-Baptiste André

DECEMBRE N°121
La Blanche
Coriolan
Puzzle Danse
Pierre-Yves Ginet
Dada Rock & Roll Guérilla
Antoine Hervé
Java et Winston McAnuff
Nieme Cie
Emmanuel Meirieu

Avril 2006 N°114  


 

Hushpuppies

Nouveaux venus dans le paysage rock hexagonal, les Hushpuppies ont bien décidé de ne pas s'en laisser conter. Et surtout de ne rien faire comme les autres. En quelques mois, forts d'un 1er album efficace et mordant (The Trap) et de concerts enflammés, ces Perpignanais, parisiens d'adoption, sont en train de casser la baraque. Avec un rock garage frénétique et imparable. Qui sent bon The Kinks, Small Faces et les années mods parce que ça fait des années qu'ils baignent dedans. "A Perpignan, soit tu es punk à chien soit tu es mod, on a vite choisi !"
Allure un rien rétro et dégaine stylée (costard étriqué et lavallière chic et choc), nos cinq mousquetaires se sont faits un nom d'abord sur scène, délivrant des sets enfiévrés à coups de guitares frondeuses, de Farfisa jouissif et d'énergie bravache. Rencontre à la va-vite avec Olivier (chant) et Cyrille (guitares).


Qu'est-ce qui fait courir les HushPuppies ?

Le manque de temps. Pour nous, aujourd'hui c'est vraiment tout dans l'urgence, très vite. Et ce qu'on joue s'en ressent, y compris sur scène. Il est vrai que l'urgence c'est quand même génial. Surtout si tu écris des morceaux rock, je crois qu'il n'y a pas mieux.
Le rock ça a toujours été votre dada ?
Je crois que c'est un peu dépassé le stade de rock pour nous. C'est plus devenu un style de vie. Sans vouloir être prétentieux, tu t'habilles rock, tu manges rock, tu bois rock… En fait ce sont des choix que tu fais dans ta vie au détriment d'autres choses. C'est par exemple être toujours sur la route sans gagner un sou !
Le rock ça veut dire quoi pour vous ?
C'est indéfinissable le rock. C'est quelque chose que tu peux vivre, écouter… C'est par essence un mouvement contestataire qui ne plaît pas à tous. A la limite l'ermite qui va vivre seul dans sa montagne, il est rock aussi. Si on devait le définir, moi je dirais "Ne pas accepter forcément ce qu'on nous dit comme argent comptant". On n'est pas là en tout cas pour faire de la politique. Le rock c'est toujours la marge, le petit bout que tu ne vois pas forcément mais qui est très important. Sauf qu'on se fond dans la masse. Comme les mods, ces gens proprets sur eux à qui tu aurais donné le bon Dieu sans confession et capables des pires débordements sans tâcher la chemise.
La valeur ajoutée des Hush ?
C'est l'unité. On est cinq mais on parle d'une seule voix. Parce que c'est mon frère (Wilfried le clavier), parce qu'on se connaît depuis 15 ans. On est très proche. On fait tout ensemble. Et en même temps, il y a cette émulation naturelle. On est toujours obligé de se remettre en question face aux autres, de progresser et d'aller de l'avant.
3 mots pour définir votre musique ?
Verte avec des taches violettes. Verte parce que ça envoie le bois, violette pour le côté psyché, pop mélodique. On arrive à faire l'amalgame entre la violence du rock, son énergie tout en apportant aussi des mélodies et des atmosphères. Le calme et la tempête…
Pourquoi avoir choisi de chanter en anglais ?
Parce que dans la musique qu'on fait, si tu chantes en français, ce n'est plus du tout la même chose. Ça devient du rock français ! Ensuite on a toujours eu cette culture-là, celle de la musique anglo-saxonne à quelques Gainsbourg, Katerine, Dutronc ou Burgalat près. Tout naturellement aussi, lorsque tu te mets à la guitare et que tu commences à fredonner, tu as envie de sonner comme les idoles de ton adolescence… (ndlr, Beach Bitches, Feedback…)
Et ce côté mod ?
C'est un héritage… une façon d'être. C'est le bon goût. C'est la classe, le style, le design… Tout quoi. La pureté.
Scène ou studio ?
On fait du rock ! Alors qu'on le veuille ou non, le rock ça ne s'écrit pas en studio. Ça se vit d'abord et avant tout sur scène. Notre musique est faite pour être jouée live. On est là pour envoyer et faire passer une énergie. Sur scène, on joue plus vite, plus violemment et plus simplement aussi.

Anne Huguet