ARCHIVES
2006

JANVIER N°111
Système rudimentaire
Man

FEVRIER N°112
Melik Ohanian
Galerie Vrais Rêves
Le Compagnonnage
Boris Charmatz
Spade & Archer

MARS N°113
Expérience
Rivages noir
Da Silva
Gilles Chavassieux
Cie La Cordonnerie
Uppercut de femmes
Cie Accrorap
Lucien Attoun au TNP

AVRIL N°114
Killing Joke
Hushpuppies
Théâtre Craie
America, America !

MAI N°115
Paroles et Musiques
Théâtre du Grabuge
Les Intranquilles
Charles Pick
Les Tambours du Bronx
Les Anges mineurs
Robert MC Wilson

JUIN N°116/117
Johann Le Guillerm
Antoine Agoudjian

SEPTEMBRE N°118
Biennale de la danse 06
Serge Dorny
ARFI

OCTOBRE N°119
Party at Grnd Zero
Villa Gillet
La Tropa
La BF 15
Philippe Katerine
Jean-Claude Galotta

NOVEMBRE N°120
Virginie Despentes
The Bellrays
Charles Juliet
Instances
#4
Le Théâtre du Fust
Jean-Baptiste André

DECEMBRE N°121
La Blanche
Coriolan
Puzzle Danse
Pierre-Yves Ginet
Dada Rock & Roll Guérilla
Antoine Hervé
Java et Winston McAnuff
Nieme Cie
Emmanuel Meirieu

Février 2006 N°112  

Photo : Bénédicte Reverchon

 

Les Vrais Rêves,
c'est la photo !

Installée sur le plateau de la Croix-Rousse, la galerie Vrais Rêves expose de la photo d'art depuis bientôt 25 ans. Entretien avec Jean-Pierre Lefèvre, secrétaire au bureau de l'association, personnage affable et passionné.


Du 19 janvier au 24 février, vous exposez Les Lumières de la ville, de Bénédicte Reverchon.
C'est une artiste de Vaulx-en-Velin. Pour ce travail en noir et blanc, elle a voulu s'intéresser aux réseaux électriques qui, d'habitude, n'intéressent personne. Sauf qu'ils peuvent être vus, selon elle, comme des liens entre les villes et donc entre les gens. Toutefois Bénédicte Reverchon ne se contente pas de photographier des pylônes : elle les interprète ensuite par le dessin. Elle tire des lignes au rotring (feutre) sur une image; elle découpe des photos en bandelettes, qu'elle dissocie pour former un diptyque, un genre de puzzle. Cela produit un effet qui la rapproche de la musique répétitive, elle trouve un rythme dans la répétition de son sujet, les pylônes, et multiplie les variations sur ce thème.
On est loin de la photo-reportage...
C'est vrai. Dans le reportage, il y a cette instantanéité, cette tentative d'objectivité, et puis le "choc des photos". La galerie Vrais Rêves, elle, veut faire sa place à une photographie "plasticienne", contemporaine, et qui n'a pas vocation à disparaître avec le temps. A l'instar des Sœurs de la perpétuelle indulgence, de Jean-Baptiste Carhaix, des homosexuels atteints du sida et travestis en sœurs. Présentée dans les années 80 cette œuvre est aujourd'hui un classique. Les artistes que nous exposons mènent aussi une réflexion sur le support et sur la photo elle-même. Car, supposée être une transposition du réel, rien n'est plus trompeur qu'une photo. L'artiste Marie-France Lejeune, par exemple, fait quasiment disparaître la photographie : son œuvre est un objet en deux dimensions fabriqué en fonction de la perspective - toujours faussée - de l'objectif : lors de sa dernière exposition, une porte entrouverte, accrochée au mur, n'était qu'un trompe l'œil en bois.
Comment avez-vous choisi les 41 artistes de votre catalogue ? Et qui sont les animateurs de l'association ?
Nous fonctionnons à la rencontre, au coup de cœur. Nous sommes des militants pour un art qui revendique une place, des amoureux de la photo qui créent des événements pour montrer qu'il existe autre chose que la photo-reportage. Nous voulons amener le public à cette photo "plasticienne" : celui-ci croit qu'une photo se résume à un simple clic, il ne perçoit pas forcément la technique et le geste de l'artiste, et le fait que souvent, une œuvre photographique ne peut être reproduite en série. Il n'y a aucun salarié ici, par nécessité économique, et aucune subvention. Nos revenus ne sont issus, pour l'essentiel, que de la vente des œuvres. Autour de Raymond Viallon, président emblématique et fondateur de la galerie, nous sommes pourtant quelques-uns à vouloir que le lieu vive : un peu galériens, un peu fous, mais motivés... Cette année, comme Le Réverbère, nous allons fêter nos 25 ans !
Les perspectives sont donc plutôt optimistes ?
Oui, il y a beaucoup d'envie. Après Bénédicte Reverchon, nous allons exposer des œuvres de Jean-Claude Gautrand, un photographe qui fait beaucoup de choses avec des visions très contemporaines, et cependant assez anciennes (1964 pour la série Métalopolis). Nous réalisons 5 expositions monographiques par saison, plus une foire au mois de décembre. Nous collaborons avec plusieurs lieux partout dans le monde et nous irons à Arles et à Paris-Photo. Le plein de projets !

A visiter : www.vraisreves.comLes Lumières de la ville de Bénédicte Reverchon jusqu'au 25 février La galerie Vrais Rêves, 6 rue Dumenge à Lyon.

Etienne Faye