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Photo
: Bénédicte Reverchon
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Les
Vrais Rêves,
c'est la photo !
Installée
sur le plateau de la Croix-Rousse, la galerie Vrais Rêves
expose de la photo d'art depuis bientôt 25 ans. Entretien
avec Jean-Pierre Lefèvre, secrétaire au bureau
de l'association, personnage affable et passionné.
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Du
19 janvier au 24 février, vous exposez Les Lumières
de la ville, de Bénédicte Reverchon.
C'est une artiste de Vaulx-en-Velin. Pour ce travail en
noir et blanc, elle a voulu s'intéresser aux réseaux
électriques qui, d'habitude, n'intéressent personne.
Sauf qu'ils peuvent être vus, selon elle, comme des
liens entre les villes et donc entre les gens. Toutefois Bénédicte
Reverchon ne se contente pas de photographier des pylônes
: elle les interprète ensuite par le dessin. Elle tire
des lignes au rotring (feutre) sur une image; elle découpe
des photos en bandelettes, qu'elle dissocie pour former un
diptyque, un genre de puzzle. Cela produit un effet qui la
rapproche de la musique répétitive, elle trouve
un rythme dans la répétition de son sujet, les
pylônes, et multiplie les variations sur ce thème.
On est loin de la photo-reportage...
C'est vrai. Dans le reportage, il y a cette instantanéité,
cette tentative d'objectivité, et puis le "choc
des photos". La galerie Vrais Rêves, elle, veut
faire sa place à une photographie "plasticienne",
contemporaine, et qui n'a pas vocation à disparaître
avec le temps. A l'instar des Surs de la perpétuelle
indulgence, de Jean-Baptiste Carhaix, des homosexuels atteints
du sida et travestis en surs. Présentée
dans les années 80 cette uvre est aujourd'hui
un classique. Les artistes que nous exposons mènent
aussi une réflexion sur le support et sur la photo
elle-même. Car, supposée être une transposition
du réel, rien n'est plus trompeur qu'une photo. L'artiste
Marie-France Lejeune, par exemple, fait quasiment disparaître
la photographie : son uvre est un objet en deux dimensions
fabriqué en fonction de la perspective - toujours faussée
- de l'objectif : lors de sa dernière exposition, une
porte entrouverte, accrochée au mur, n'était
qu'un trompe l'il en bois.
Comment avez-vous choisi les 41 artistes de votre catalogue
? Et qui sont les animateurs de l'association ?
Nous fonctionnons à la rencontre, au coup de cur.
Nous sommes des militants pour un art qui revendique une place,
des amoureux de la photo qui créent des événements
pour montrer qu'il existe autre chose que la photo-reportage.
Nous voulons amener le public à cette photo "plasticienne"
: celui-ci croit qu'une photo se résume à un
simple clic, il ne perçoit pas forcément la
technique et le geste de l'artiste, et le fait que souvent,
une uvre photographique ne peut être reproduite
en série. Il n'y a aucun salarié ici, par nécessité
économique, et aucune subvention. Nos revenus ne sont
issus, pour l'essentiel, que de la vente des uvres.
Autour de Raymond Viallon, président emblématique
et fondateur de la galerie, nous sommes pourtant quelques-uns
à vouloir que le lieu vive : un peu galériens,
un peu fous, mais motivés... Cette année, comme
Le Réverbère, nous allons fêter nos 25
ans !
Les perspectives sont donc plutôt optimistes ?
Oui, il y a beaucoup d'envie. Après Bénédicte
Reverchon, nous allons exposer des uvres de Jean-Claude
Gautrand, un photographe qui fait beaucoup de choses avec
des visions très contemporaines, et cependant assez
anciennes (1964 pour la série Métalopolis).
Nous réalisons 5 expositions monographiques par saison,
plus une foire au mois de décembre. Nous collaborons
avec plusieurs lieux partout dans le monde et nous irons à
Arles et à Paris-Photo. Le plein de projets !
A
visiter : www.vraisreves.comLes Lumières de la ville
de Bénédicte Reverchon jusqu'au 25 février
La galerie Vrais Rêves, 6 rue Dumenge à Lyon.
Etienne
Faye |