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En résidence à l’Amphi de l’Opéra, Antoine Hervé, pianiste, compositeur et chef d’Orchestre disposera de 6 “créneaux” du 5 au 9 décembre pour montrer toutes les audaces “jazzistiques” dont il est capable. Et ceux qui l’ont déjà vu et entendu savent qu’il est capable de tout : l’improvisation est sa raison d’être.
À l’aube de son 48ème anniversaire, ce boulimique de swing affiche un Curriculum Vitae de choix, des distinctions à n’en plus pouvoir, ainsi qu’une foultitude d’expériences diverses et variées, notamment à la tête de l’Orchestre National de Jazz (ONJ), et pour achever le tableau, un intérêt débordant pour l’harmonie, le contrepoint, l’écriture, etc… En novembre dernier, Antoine Hervé a d’ailleurs livré un nouvel opus, Road movies, qui défie une fois de plus les lois musicales du genre. Avec quelques décalages harmoniques à la clef, il a pris le risque de revisiter certaines de ses propres créations. C’est le cas de Rue des Lombards, œuvre créée en 1996 à la demande de Laurent Cugny qui avait demandé une nouvelle partition à chacun des anciens chefs de l’ONJ pour le dixième anniversaire de l’orchestre, et qui en ressort quasiment transcendée. À l’amphi de l’Opéra, Antoine Hervé va donc déployer tous ses talents, en solo (8 décembre, concert gratuit) mais également au sein de formations à géométrie variable : en duo avec Yvan Robillard (6 décembre), au sein de son propre New Quintet avec l’indomptable Stéphane Guillaume au saxo et à la flûte celtique (7 décembre) ainsi qu’avec le Light and Shade quintet qui ne manquera pas d’être pimenté par la voix de Linda Pettersson (9 décembre).
Le Spectacle vivant proposé par Antoine Hervé devrait prendre ici son sens le plus noble : “J’aime le partage d’énergie instantané sur scène avec le public, et je crois que l’énergie réside dans l’émotion” expliquait-il en 2004 dans une interview accordée à Piano, Le Magazine. Aux antipodes du star-système dans lequel, Keith Jarrett et consorts s’autorisent à claquer le couvercle du piano et snober son public à la moindre réaction hostile, Antoine Hervé reste convaincu que sa musique ne saurait se suffire à elle seule ! Aller le voir et l’entendre, s’annonce donc comme un double plaisir.
Du 5 au 9 décembre à l’Amphithéâtre de l’Opéra de Lyon, 08.26.30.53.25
Caroline Faesch |