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2006

JANVIER N°111
Système rudimentaire
Man

FEVRIER N°112
Melik Ohanian
Galerie Vrais Rêves
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Spade & Archer

MARS N°113
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Da Silva
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AVRIL N°114
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America, America !

MAI N°115
Paroles et Musiques
Théâtre du Grabuge
Les Intranquilles
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Les Tambours du Bronx
Les Anges mineurs
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JUIN N°116/117
Johann Le Guillerm
Antoine Agoudjian

SEPTEMBRE N°118
Biennale de la danse 06
Serge Dorny
ARFI

OCTOBRE N°119
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Villa Gillet
La Tropa
La BF 15
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Jean-Claude Galotta

NOVEMBRE N°120
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#4
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DECEMBRE N°121
La Blanche
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Dada Rock & Roll Guérilla
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Java et Winston McAnuff
Nieme Cie
Emmanuel Meirieu

Avril 2006 N°114  


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America, America !

Pour la deuxième édition du festival de littérature internationale World Voices, initié par le Pen American Center (P.A.C) et qui se tiendra à New York du 25 au 30 avril; la Villa Gillet associée aux services culturels de l'Ambassade de France et en partenariat avec …491, édite sur place un journal gratuit : To my american readers, destiné à présenter directement au public américain nombre d'auteurs français contemporains, qu'ils soient romanciers ou essayistes en sciences sociales.
Fruit d'une collaboration active avec le P.A.C, ce condensé d'extraits de livres et de lettres ouvertes aux lecteurs d'outre-Atlantique (en anglais dans le texte), symbolise aussi l'espoir d'ouvrir les portes de l'Amérique à toute la littérature française, somme toute rarement traduite actuellement dans la langue de Faulkner…
Directeur de la Villa Gillet et partisan des échanges culturels au-delà des océans, Guy Walter nous éclaire sur ce projet pour le moins désiré


Comment a germé l'idée de ce projet et quelle logique a gouverné sa réalisation ?
Il se trouve qu'au sein de la Villa Gillet, nous travaillons depuis de nombreuses années au développement des échanges culturels avec les Etats-Unis, en relation directe avec le Ministère des Affaires Etrangères à Paris, ainsi que les services culturels de l'Ambassade de France à New York. Dans ce cadre, j'ai ainsi pu assister à la première édition de World Voices et j'ai été simplement conquis par l'énergie que déployait le P.A.C pour ouvrir un espace de dialogue international autour de la littérature. Comme bon nombre des conférenciers présents durant le festival étaient passés par la Villa Gillet, j'ai immédiatement pensé que nous travaillions dans le même esprit et j'ai pu le vérifier d'emblée lors des premières discussions que j'ai eues avec Michael Roberts (directeur exécutif du PAC) et Esther Allen (co-directrice du festival). Ensemble, nous avons depuis mis en place un programme de traductions avec justement, l'accueil en résidence ici à Lyon de nombreux traducteurs anglais et américains. Suivant cette logique, nous avons réfléchi avec Fabrice Rosié (attaché culturel de l'ambassade) à la possibilité de prolonger ce travail en commun et de matérialiser cette communauté d'esprits lors de la prochaine édition du festival. Nous avons finalement pensé que présenter des écrivains était la façon la plus simple de concrétiser le projet.
Quels sont les principes qui ont présidé au choix des auteurs et à la configuration du journal ?
Il s'agissait de présenter un panorama de la production littéraire française actuelle, forcément partiel parce que réduit à dix-huit auteurs et subjectif parce que nous devions également tenir compte de la réceptivité du public américain, selon la connaissance que nous avions du "terrain". Il nous semblait crucial d'incarner ce goût de l'échange et pour ce faire, il était nécessaire de donner la parole aux écrivains ! Nous leur avons ainsi demandé de faire surgir l'identité de leur travail d'une parole très personnelle; une lettre adressée aux lecteurs américains esquissant une relation très vivante à venir.
En lisant précisément ces lettres, on se rend compte que, quoi que l'on en dise, l'Amérique exerce toujours une sorte de fascination ?
Même s'il existe chez nous une critique très virulente de la culture américaine, les Etats-Unis restent un territoire imaginaire pour la grande majorité des écrivains français, qu'ils soient philosophes, romanciers ou chercheurs en sciences sociales, et je crois honnêtement qu'ils rêvent d'être traduits là-bas; sans parler de l'aspect économique non négligeable puisque nous avons affaire à un vivier de lecteurs gigantesque. J'ai pensé que nous devions avoir la naïveté et le courage (!) de ce rêve américain encore très présent en chacun de nous. Parce que les relations franco-américaines sont et ont toujours été complexes, il y a encore comme un "horizon d'attentes" entre nos deux pays. Ce magazine peut justement représenter cette idée du "bridge" (ndlr : pont, passerelle) entre nos cultures, et c'est à ce titre que je crois sincèrement qu'il est attendu.
On imagine que pour un auteur français qui rêve d'être publié aux USA, c'est un peu la croix et la bannière…
Effectivement, et l'objectif premier de ce journal est bien d'éveiller la curiosité du public américain; si ensuite cela aboutit à des traductions, nous serons évidemment comblés. Il est néanmoins incontestable que la littérature traduite occupe là-bas une place minoritaire. A contrario, la France reste aux yeux des écrivains américains une sorte de "république des lettres" et il est encore aujourd'hui primordial pour un auteur, même célébrissime, d'être traduit en français. Ne serait-ce parce que le livre occupe ici une place prépondérante et que la culture est totalement intégrée à l'identité. Le français s'offre comme une langue d'accueil pour les langues étrangères, alors qu'aux Etats-Unis, la question de la traduction est culturellement absente : quand vous entrez dans une grande librairie à New York, vous avez le choix entre fiction et non fiction… Il n'y a simplement pas de rayon pour les littératures étrangères.
New York réinvesti par des intellectuels lors d'un festival de littérature internationale, n'est-ce pas la meilleure des réponses aux tragiques événements qui ont fait l'histoire récente de la ville ?
Absolument. Quand Salman Rushdie décide avec le PAC de créer ce festival, c'est aussi pour renouer le dialogue avec les cultures mondiales, et pour montrer que non, New York n'est pas une ville qui s'isole, malgré ses traumatismes. Il y a une vraie remise en question, mais aussi un grand courage à choisir des sujets de discussion loin d'être consensuels, et les débats ne manqueront pas d'être vifs sur des questions pas faciles…
A l'aube d'une aventure transatlantique, quels sont vos souhaits ?
J'attends de connaître la réaction des lecteurs américains auxquels on s'adresse mais je sais dès à présent que j'aimerais bien pouvoir pérenniser cette expérience dans le temps. C'est-à-dire réinventer à terme un magazine de ce type, dont l'idée même a été formidablement accueillie tant par les éditeurs français que par les collectivités territoriales. A cette aventure, il y aura de toute façon une suite et je pense que l'on peut d'ores et déjà annoncer que pour les vingt ans de la Villa Gillet au printemps 2007, nous organiserons Les Assises Internationales du Roman. Aussi parce que vivre dans cette institution, cela veut dire inviter constamment l'ailleurs ! Un peu comme si à l'intérieur des murs de la Villa, il y avait un espace extraterritorial. Ce journal gratuit procède de la même idée et en s'adressant aux lecteurs américains, il s'adresse également à nous-mêmes.

Festival World Voices à New York du 25 au 30 avril.
To my american readers, journal gratuit disponible sur place et bientôt à la Villa Gillet.

Laurent Zine