JANVIER N°100
Peuple de l'Herbe
Angelin Preljocaj
Boris Charmatz
Guy Walter, les Subsistances
FEVRIER N°101
Ez3kiel
The Embrooks
Bertrand Betsch
Institut Cervantès
Ariane Mnouchkine
(1ère partie)
MARS N°102
Improvisators Dub
Grnd zero
Association Survie
Red
Franck II Louise
Ariane Mnouchkine
(2ème partie)
For The Beat-Punks
AVRIL N°103
High Tone
Tinariwen
Les Trois-Huit
Joann Sfar
Dennis Lehane
The Fall
MAI N°104
Nuits sonores
Disk'Over
Jean-Louis Sakur
Mathurin Bolze
The Brian Jonestown Massacre
JUIN N°105/106
Les Intranquilles
Forum Réfugiés
Keith Jarrett
The Stooges
SEPTEMBRE N°107
Grnd Zero
Jun Märkl
La Hors De
Noah Gelber
Russell Banks
OCTOBRE N°108
Dimitri Naéditch
La Phaze
Le Bleu du Ciel
Mark Tompkins
Abou Lagraa
NOVEMBRE N°109
Kali Live Dub
The Young Gods
Avatarium
Klotserman
Kwal
Serge Teyssot-Gay & Khaled Aljaramani
Michel Raskine
Gilles Pastor
Biennale d'Art Contemporain
Hamid Ben Mahi
DECEMBRE N°110
Christian Schiaretti
Gwenaël Morin
Philippe Manuvre
The Gun Club |
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Kwal
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"Je
suis imprégné et influencé par tout ce qui est
rap, instruments traditionnels et musique classique". Vincent
Loiseau (aka Kwal sur scène) est un drôle de touche-à-tout
: formé au Conservatoire où il a appris le violon, féru
d'instruments traditionnels, donc naturellement de musiques du monde.
A contrario, il a officié chez Car[h]carias (rap hardcore)
comme chanteur-compositeur avant de partir explorer d'autres chemins
de traverse et s'investir dans des projets personnels hors norme.
Album-concept sur fond d'enfance maltraitée (Règlement
de contes) avec scénographie sur-mesure, projets d'aide et
soutien au Mali et en Palestine et maintenant Mogo Ya (qui veut dire
"être humain"), album cosmopolite et généreux
qui ose mélanger machines et instruments traditionnels (balafon,
kora), rap et musiques du monde, plages symphoniques et ambiance ethno-world.
Autre fer de lance de l'Angevin : des textes rentre-dedans et denses
assénés sur un flow métallique intransigeant.
Quelle
est la force de ta musique ?
Mon envie c'est de repousser, casser toutes ces frontières
de styles, ces clivages entre les musiques. Rap, worldmusic
moi je m'en fous. Je fais la musique comme elle me vient. Je fais
une musique qui a un côté revendicatif au niveau des
textes. C'est une base de ma musique d'aller chercher loin au niveau
des textes. Ensuite, je veux me donner aucune limite avec les gens
avec lesquels j'ai envie de travailler. Même s'ils viennent
d'un milieu totalement différent du mien. Même si au
final je dois choquer les puristes de tel ou tel style. Le but c'est
d'ouvrir au maximum mes morceaux en faisant en sorte que ça
ne ressemble pas à quelque chose qui a déjà été
fait.
On parle souvent de toi en évoquant ta musique de globe-trotter,
c'est vrai ?
A chaque fois que tu voyages, ça te met vraiment la tête
à l'envers. Ça décentre complètement,
ça te permet de relativiser et de voir d'un autre regard les
choses. Je ne suis jamais parti très longtemps ni très
souvent. Alors je parlerai plutôt de musique de rencontres.
Il y a aussi un côté
nomade. Enfin dans les sons,
ce que j'ai envie de défendre, c'est une musique qui ne se
fixe pas.
Métissage peut-être ?
Le mot métissage sur un plan musical c'est ce qui fait évoluer
les choses. Cela amène des choses inédites, ça
ouvre les barrières que les gens se fixent. Monter sur scène
avec 15 musiciens d'un peu partout (indien, espagnol, flamenco
),
c'est très fort et enrichissant. Mais c'est aussi un mot qui
fait peur. Toute la difficulté étant que, dans le mot
métissage, il y a la peur d'une perte d'identité. De
part et d'autre.
Comment naissent les idées et tes textes ?
Ici et là, n'importe quand et à des moments particuliers.
Il y a des sujets qui attirent mon attention. La télé,
un film, un bouquin, un spectacle. J'ai envie de textes où
je me creuse la tête, de défendre des idées fortes
Mon écriture est ensuite très travaillée. Sur
un sujet polémique, il y a des mois d'écriture, de recherches
et documentation. Comme voir et rencontrer des gens, lire des bouquins
sur le sujet, aller à des conférences
Tu vis aussi dans l'action ?
J'ai écrit sur la Palestine (Concerto en lutte). J'y suis allé
pour voir ce quil s'y passait, je suis allé à
Ramallah, j'ai rencontré des gens, parlé avec eux. On
a participé à des ateliers avec des réfugiés.
Pour être au plus proche de ce qu'on peut ressentir dans ce
genre de situation. Au Mali aussi, on s'occupe depuis plus de 2 ans
de petits enfants qu'on a sortis de la rue, on a fait un 1er album
avec eux, il y en a un 2ème. On les encadre, on les prend en
charge, on va même les faire tourner prochainement en France.
C'est un investissement de tous les jours. En même temps c'est
la famille, on est très lié à eux. La parole
c'est bien mais c'est facile. En tant qu'artiste on se doit de faire
des choses. En France aussi tu peux être dans l'action. Animer
des ateliers dans les lycées, les MJCs, les prisons
.
Ça peut donner de l'espoir à des jeunes, donner un coup
de pouce que tu ne soupçonnes même pas
.
Et Kwal sur scène ?
Très différent. En formation variable avec des invités
qui changent. On a eu Leila la chanteuse d'Orange Blossom, Aurélius
un rappeur anglais, Adama Yalomba
On a des versions totalement
acoustiques avec aucune machine ni aucun rythme hip-hop. Sur scène,
il y a de la vidéo, un décor, une scénographie
Un DJ, deux chanteurs, un instrument traditionnel, on intègre
un violoncelle. On essaie d'avoir l'énergie du hip-hop. Ce
côté groove. Et on développe aussi l'ambiance
plus traditionnelle avec de vrais instruments.
Anne
Huguet
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