JANVIER N°100
Peuple de l'Herbe
Angelin Preljocaj
Boris Charmatz
Guy Walter, les Subsistances
FEVRIER N°101
Ez3kiel
The Embrooks
Bertrand Betsch
Institut Cervantès
Ariane Mnouchkine
(1ère partie)
MARS N°102
Improvisators Dub
Grnd zero
Association Survie
Red
Franck II Louise
Ariane Mnouchkine
(2ème partie)
For The Beat-Punks
AVRIL N°103
High Tone
Tinariwen
Les Trois-Huit
Joann Sfar
Dennis Lehane
The Fall
MAI N°104
Nuits sonores
Disk'Over
Jean-Louis Sakur
Mathurin Bolze
The Brian Jonestown Massacre
JUIN N°105/106
Les Intranquilles
Forum Réfugiés
Keith Jarrett
The Stooges
SEPTEMBRE N°107
Grnd Zero
Jun Märkl
La Hors De
Noah Gelber
Russell Banks
OCTOBRE N°108
Dimitri Naéditch
La Phaze
Le Bleu du Ciel
Mark Tompkins
Abou Lagraa
NOVEMBRE N°109
Kali Live Dub
The Young Gods
Avatarium
Klotserman
Kwal
Serge Teyssot-Gay & Khaled Aljaramani
Michel Raskine
Gilles Pastor
Biennale d'Art Contemporain
Hamid Ben Mahi
DECEMBRE N°110
Christian Schiaretti
Gwenaël Morin
Philippe Manuvre
The Gun Club |
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Hamid
Ben Mahi
Jeune
artiste de 32 ans, Hamid Ben Mahi est aujourd'hui une figure emblématique
de la danse hip-hop en France. Il y a deux ans, avec un solo Chronic(s),
il danse, et il parle devant un micro pour dire qui il est vraiment
à un public qui trop souvent encore, attend du hip-hop toujours
les mêmes exploits techniques. Avec sa nouvelle création
Sekel, il récidive, entouré cette fois-ci d'un collectif
de leaders. Derrière un questionnement sur le sens de la danse,
se profile la question de l'identité de l'individu et du danseur
hip-hop. La question de son devenir.
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Vous avez un parcours qui dès le départ revendique
un hip-hop fait de mélange des genres ?
J'ai commencé par faire de la gym quand j'étais petit,
puis j'ai créé un groupe de rap, puis un collectif hip-hop
dans les années 90, et en 1994, Rêvolution, une compagnie
de hip-hop. J'ai effectivement pratiqué tous les styles de
danse, le jazz (Alvin Ailey), le classique (Rosella Hightower), le
contemporain (Decouflé, Duroure), et même si je sentais
que ma passion était véritablement le hip-hop, il était
important pour moi d'aller vers d'autres danses, me former, avoir
plein d'expériences, rencontrer d'autres danseurs, d'autres
univers. Je voulais être partout à la fois, je voulais
nourrir la danse hip-hop par les autres danses et cela a abouti d'ailleurs,
il y a quelques années, à un spectacle où l'on
dansait sur de la musique de Vivaldi. Et à l'époque,
c'était choquant et surprenant.
La création de votre compagnie Hors Série en 2000,
c'est aussi un virage dans votre manière de regarder la danse
et le danseur hip-hop ?
A travers les spectacles de hip-hop que je voyais ou dans lesquels
je dansais, je me rendais compte que le public nous voyait uniquement
comme on se montrait, dans la technique, la démonstration,
les prouesses, il ne voyait rien d'autre. Il fallait toujours en donner
plus, pour séduire et satisfaire. Il ne savait pas qui on était,
ce qu'on avait fait dans notre vie, nos itinéraires, on était
dans l'abstraction du public. Oui, j'ai eu envie de dire que j'existais,
de dire qui j'étais vraiment, qui nous sommes vraiment, nous
danseurs de hip-hop J'ai eu envie d'impliquer directement le public,
quitte à ce qu'il réagisse pendant le spectacle. Je
ne voulais pas faire de la danse illustrative alors je me suis dit
que le plus simple était de prendre la parole et cela a abouti
à Chronic(s). Avec un micro, je parle de moi, de ma vie, de
mon parcours, de la danse, de danse classique, de ma famille, mes
origines
Quel est l'intérêt de cette forme de spectacle ?
Que l'on se dévoile. Avant, on dansait pour oublier qui on
était, on ne parlait jamais de nos parents, de qui on est,
alors que l'on est à la recherche de nos identités malgré
tout, ici et avec nos pays d'origines. Le fait de jouer sur scène
des super héros, nous mettait en permanence hors de la réalité.
Je me suis exprimé avec des mots tout en gardant la danse brute,
instinctive, explosive. Parler avec le mouvement ne m'intéressait
pas.
Sekel est dans la lignée de Chronic(s) !
Là encore, c'est un spectacle qui n'est pas comme on peut s'y
attendre. J'ai même plutôt envie de dire qu'il est plus
rock'n'roll que hip-hop. Il y a une scénographie particulière,
des projections d'images de personnes filmées dans la rue et
à qui l'on a demandé de nous dire quel est leur rôle
dans la société; des morceaux de cartons au sol pour
dire que c'est encore là-dessus que beaucoup de jeunes dansent
aujourd'hui ou s'entraînent. Il y a des prises de paroles individuelles,
chacun dit ce qu'il a eu envie de dire. Il y a la présence
de Stéphanie Nataf, la seule femme du groupe et qui reflète
aussi le manque de féminin dans la danse hip-hop. L'écriture
est dans le groupe et les solos, avec 2 micros, les danseurs dansent
quand il faut danser, et parlent quand il faut parler.
Babacar Cisse, Guillaume Legras, Sébastien Vela Lopez, Stéphanie
Nataf, Yasmin Rahmani sont tous des leaders de la danse hip-hop en
France, pourquoi ce choix ?
Ce sont tous des danseurs et chorégraphes que je connais bien
et avec lesquels j'avais envie de travailler. L'idée de créer
ce collectif de leaders, c'est espérer qu'ils transmettent
aux jeunes générations de hip-hop toutes les réflexions
que nous menons sur qui nous sommes, et pourquoi nous sommes sur la
scène. Le collectif, c'est aussi montrer que le hip-hop est
depuis toujours dans un esprit d'ouverture, mais pas seulement vers
la danse. Faire comprendre à un danseur hip-hop qu'il peut
auditionner pour faire du théâtre, qu'il peut rencontrer
d'autres musiciens, d'autres danseurs, d'autres chorégraphes,
que la rencontre n'est pas forcément dans le mouvement, mais
dans la vie !
Martine
Pullara
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