JANVIER N°100
Peuple de l'Herbe
Angelin Preljocaj
Boris Charmatz
Guy Walter, les Subsistances
FEVRIER N°101
Ez3kiel
The Embrooks
Bertrand Betsch
Institut Cervantès
Ariane Mnouchkine
(1ère partie)
MARS N°102
Improvisators Dub
Grnd zero
Association Survie
Red
Franck II Louise
Ariane Mnouchkine
(2ème partie)
For The Beat-Punks
AVRIL N°103
High Tone
Tinariwen
Les Trois-Huit
Joann Sfar
Dennis Lehane
The Fall
MAI N°104
Nuits sonores
Disk'Over
Jean-Louis Sakur
Mathurin Bolze
The Brian Jonestown Massacre
JUIN N°105/106
Les Intranquilles
Forum Réfugiés
Keith Jarrett
The Stooges
SEPTEMBRE N°107
Grnd Zero
Jun Märkl
La Hors De
Noah Gelber
Russell Banks
OCTOBRE N°108
Dimitri Naéditch
La Phaze
Le Bleu du Ciel
Mark Tompkins
Abou Lagraa
NOVEMBRE N°109
Kali Live Dub
The Young Gods
Avatarium
Klotserman
Kwal
Serge Teyssot-Gay & Khaled Aljaramani
Michel Raskine
Gilles Pastor
Biennale d'Art Contemporain
Hamid Ben Mahi
DECEMBRE N°110
Christian Schiaretti
Gwenaël Morin
Philippe Manuvre
The Gun Club |
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Gilles
Pastor
Croisées d'intimités
Après
FrigoS, d'après Copi et Fermez les yeux Monsieur Pastor, créé
l'an dernier aux Subsistances, Gilles Pastor imagine un spectacle
joué, dansé et filmé autour de Derek Jarman,
cinéaste, peintre et écrivain britannique qui est mort
du sida, aveugle, en 1994. |
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"C'était en juin dernier à Dungeness, dans le Kent.
Lorsque nous sommes entrés dans la maison de Derek Jarman avec
son compagnon, j'ai eu l'impression étrange d'entrer dans une
intimité. Tout semblait tel que l'artiste l'avait laissé
avant sa mort, comme dans une maison musée. Il a fallu que
nous allions dans un Fish'n Chips pour nous détendre et pouvoir
enfin se parler. C'était chargé d'émotion. C'est
d'ailleurs mon émotion vis-à-vis de son intimité
et de son uvre, cette distance dans la proximité, qui
m'intéresse plus que cette même intimité".
Le 6 octobre dernier, au Café du Rhône, Gilles Pastor
se raconte et explique ce qui l'a amené à créer
-et comment il a conçu- Requiem pour DJ-Derek Jarman, spectacle
autour de l'artiste britannique Derek Jarman, mort du sida en 1994,
qu'il présente ce mois aux Subsistances.
C'est "l'art au comptoir", premier des rendez-vous publics
autour du spectacle, avant des lectures d'uvres de Jarman, en
octobre au Parc de la Tête d'Or ou au musée des Beaux-Art,
puis la soupe à la répèt, le 3 novembre,
une rencontre à l'issue du spectacle, le 15 ou une conférence
autour de la performance, le 16. Avant les représentations
elles-mêmes, du 15 au 19 novembre. Ce premier soir, Gilles Pastor
se débrouille plutôt bien avec cet exercice imposé
par les Subsistances, "un apéro pour découvrir
l'artiste, son travail, les prémices d'un spectacle".
Le mot simple, le verbe alerte, il parle de lui, Pastor, tout en racontant
l'autre, Jarman. Et vice et versa.
"Je n'ai découvert Derek Jarman qu'au moment de sa mort,
dans un article de Libération, se rappelle-t-il. J'étais
touché par la différence de son parcours, à la
fois écrivain, peintre et cinéaste expérimental
et par sa différence sexuelle. Quand j'ai commencé à
travailler Edward II, de Marlowe (auteur contemporain de Shakespeare,
ndlr) j'ai vu son film Edward II, qui m'a plu et inspiré. J'ai
été bouleversé par Last of England, tourné
en 1987 alors qu'il se sait lui-même atteint du sida et qui
décrit le virus du Thatchérisme. Un film politique."
Poête de son siècle, Jarman était aussi un militant
et fut l'un des premiers à parler ouvertement de sa maladie,
le sida. "Sans héroïsme, ajoute Gilles Pastor, mais
en la détournant pour créer. Derek Jarman a fait entrer
son intimité dans quelque chose qui le dépasse."
En matière d'intimité, Gilles Pastor, n'avait pas hésité,
pour FrigoS, à soumettre les spectateurs à des projections
de films qui montrent son grand-père ou sa vieille tante, puis,
dans Fermez les yeux Monsieur Pastor, à travailler sur scène
avec sa réalité : celle de l'épileptique, de
la convulsion. Ce soir-là, dans le café, Gilles Pastor
raconte comment, enfant, il aimait les cimetières, il reparle
de ces aïeux qu'il avait filmés avant leur mort, il fait
circuler une photo, comme le requiert l'exercice, glisse "ce
bidasse, c'est mon père". "L'intimité, c'est
pas pour parler de moi, mais partir de moi", précise Gilles
Pastor Dans le nouveau spectacle, l'artiste lyonnais rend hommage
à Jarman, "poète de son siècle", un
peu "à la lisière", pour le remettre au centre.
Il aborde l'intimité de Derek Jarman, avec l'ambition de "raconter
l'histoire d'un corps qui s'abîme à travers le virus
du VIH. Un spectacle vivant qui se nourrit d'un poète décédé
ou d'une génération pétrifiée, vieillie
prématurément. A la fin de la représentation,
le noir final sera une vraie couleur, puissante et pleine de sens
"
Une manière de poursuivre son "travail sur l'intime, le
corps, l'organique", en menant un travail d'écriture avec
des acteurs, un danseur, un compositeur et la vidéo. Un travail
hétérogène que n'aurait sans doute pas renié
DJ.
Florence
Roux
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