ARCHIVES
2005

JANVIER N°100
Peuple de l'Herbe
Angelin Preljocaj
Boris Charmatz
Guy Walter, les Subsistances

FEVRIER N°101
Ez3kiel
The Embrooks
Bertrand Betsch
Institut Cervantès
Ariane Mnouchkine
(1ère partie)

MARS N°102
Improvisators Dub
Grnd zero
Association Survie
Red
Franck II Louise
Ariane Mnouchkine
(2ème partie)

For The Beat-Punks

AVRIL N°103
High Tone
Tinariwen
Les Trois-Huit
Joann Sfar
Dennis Lehane
The Fall

MAI N°104
Nuits sonores
Disk'Over
Jean-Louis Sakur
Mathurin Bolze
The Brian Jonestown Massacre

JUIN N°105/106
Les Intranquilles
Forum Réfugiés
Keith Jarrett
The Stooges

SEPTEMBRE N°107
Grnd Zero
Jun Märkl
La Hors De
Noah Gelber
Russell Banks

OCTOBRE N°108
Dimitri Naéditch
La Phaze
Le Bleu du Ciel
Mark Tompkins
Abou Lagraa

NOVEMBRE N°109
Kali Live Dub
The Young Gods
Avatarium
Klotserman
Kwal
Serge Teyssot-Gay & Khaled Aljaramani
Michel Raskine
Gilles Pastor
Biennale d'Art Contemporain
Hamid Ben Mahi

DECEMBRE N°110
Christian Schiaretti
Gwenaël Morin
Philippe Manœuvre
The Gun Club

  MAI N°104  

Disk'Over

BUGGE WESSELTOFT


Organisé par l'association Médiatone, le salon Disk'Over réunira les 27 et 28 mai à l'Espace Double Mixte (campus de la Doua) une ribambelle d'acteurs du "secteur des Musiques Actuelles" amenés à rencontrer musiciens en herbe, curieux et autres mélomanes, pour un week-end convivial entre débats et concerts. Une manifestation unique en son genre clairement axée sur le décloisonnement d'un milieu souvent perçu comme opaque, encourageant nombre de contacts et d'interactions entre professionnels (labels, producteurs, studios, tourneurs, médias etc.) et amateurs bientôt éclairés. Rencontre avec Eric de Médiatone, passionné de la première heure.

et Médiatone fut…
Médiatone a été créé en 1997 par un petit nombre d'étudiants fans de musique et simplement désireux d'organiser des concerts par eux-mêmes. Suite au "succès" de nos premières productions qui ont eu lieu à l'époque au Pez Ner (Louise Attaque, Dolly, Cornu et Virago), nous avons continué sur cette lancée et d'année en année, nous nous sommes professionnalisés… Aujourd'hui l'éclectisme est sans doute le maître mot de l'association, puisque la programmation est censée satisfaire toutes les sensibilités musicales de Médiatone qui fonctionne avec nombre de bénévoles dont le travail est essentiel; on passe donc allégrement de la chanson française au métal avec le même engouement ! Mais disons que la base de nos productions reste "rock" au sens large. Notre action est aussi motivée par l'aide au développement des groupes régionaux qui assurent à chaque fois les premières parties de nos concerts. D'où l'idée de créer un salon pour qu'ils puissent également rencontrer des professionnels susceptibles de les aiguiller quant à leur carrière.
Avec l'envie de se diversifier ?
On ne peut pas nier que nous travaillons dans un secteur fortement concurrentiel et que nous devons faire face à des impératifs d'ordre économique… il n'empêche que nous avons tenté l'aventure uniquement par passion et qu'il est aujourd'hui toujours hors de question de programmer des groupes que l'on n'aime pas spécialement, uniquement pour la thune. Je nous vois mal accepter par exemple de faire tourner la Star'Ac si on nous le proposait. Je nous vois aussi mal reprogrammer Murat que l'on a trouvé odieux en coulisses la dernière fois… Parenthèse refermée, c'est clair que l'on a vraiment envie d'aider les groupes en devenir, de leur faire profiter de notre expérience, étant entendu que nous avons nous-mêmes appris sur le tas. Il est également indispensable que chaque concert demeure un moment "magique" autant pour nous que pour les groupes et le public que l'on accueille. Ce n'est pas l'usine et c'est une chance.
Quand bien même vous atteignez désormais la vitesse de croisière…
Sûrement puisque Médiatone c'est actuellement 50 concerts par an et que cela représente évidement beaucoup de travail, mais cela nous suffit et on ne pense surtout pas à grossir. D'autant que nous allons aussi coproduire le festival des Enfants du Rhône qui aura lieu au mois de juillet dans le parc de la mairie du 5ème, et il y a bien sûr la préparation de cette 3ème édition du salon qui nous prend énormément de temps.
On y arrive justement… quel en est l'objectif premier ?
Organiser des réunions entre les groupes et un panel le plus large possible (une centaine d'exposants !) de professionnels gravitant autour du monde du spectacle. Libre ensuite à tout ce petit monde en ébullition de nouer des contacts, comprendre tous les rouages du circuit et pourquoi pas faire des projets ensemble. L'idée de départ est donc d'aider au développement des carrières artistiques. Et pour le "grand public", la possibilité de rencontrer directement les acteurs de ce milieu, tout en profitant des show cases et concerts qui rythmeront la manifestation et en participant aux débats, puisque chacun a un avis à faire valoir. Voilà, c'est un salon musical qui comprendra également cette année une bourse aux instruments.
Et plus ça foisonne…
Et plus nous sommes contents. On n'est pas là pour se faire "briller" ou pour prendre en charge la destinée de tout musicien de demain; en fait on voudrait simplement servir de relais. En ce sens-là, nous collaborons avec moult associations et/ou structures de la région comme avec les Découvertes du Printemps de Bourges. Sans ces connexions naturelles pour nous, sans doute que le salon n'existerait même pas. De fait, il y a aujourd'hui une sorte de solidarité informelle entre les différents acteurs et structures qui s'occupent de musiques actuelles et qui ont bien compris qu'il y a de la place pour tout le monde.
Il y a de la place aussi pour Ground Zéro ?
Carrément ! et le contraire me paraît inadmissible. Les superchampions sont des passionnés ! par des musiques peut-être "plus underground" mais qui méritent tout autant un endroit de diffusion comme c'était le cas avec le Pez Ner.
Et dans ce secteur des musiques actuelles, comment voyez-vous le jeu des institutions ?
On ne peut pas nier qu'il y ait un mieux au niveau de la volonté politique affichée, mais disons que la route est encore longue… vers une politique culturelle globale et avérée, qui ne concerne pas uniquement le rayonnement de la ville de Lyon.
Au sein de Disk'Over, il y aura aussi matière à débats…
Oui et "quel avenir pour la diffusion musicale ?" est un sujet qui je l'espère, peut intéresser beaucoup de gens.
J'imagine que Médiatone a aussi son avis sur le Peer to Peer ?

Il y a sûrement autant d'avis que de personnes dans l'asso, mais ce qui est certain c'est que le Peer to Peer est un moyen exceptionnel pour découvrir des groupes et que tout le monde n'a pas forcément les moyens financiers de se payer tous les disques qui sortent… et le problème du prix est aussi sensible lorsque nous organisons des concerts à 15€. Il y a matière à polémiquer et encore une fois, l'avis de chacun compte !
Puisque vous axez en partie votre action sur "le développement des carrières artistiques", dites-nous succinctement à quels problèmes vous êtes confrontés ?
Il y a de moins en moins de lieux de petite ou moyenne capacité pour la diffusion musicale et de plus en plus de soucis quant au statut d'intermittent du spectacle… mais ce n'est pas une fatalité. L'entraide dynamique au niveau régional entre les différentes structures est donc primordiale et honnêtement, je pense que cela commence à se décanter dans le bon sens, c'est pourquoi je reste profondément optimiste. Quant aux groupes, ils doivent aussi comprendre que la professionnalisation ne s'acquiert pas en un claquement de doigt dès le premier riff. Il existe différentes phases d'apprentissage obligées (communication, scène, studio, édition etc.) mais là encore il y a matière à discussion quant à la façon de faire, et le salon Disk'Over est fait pour ça !
On en revient à cette idée de relais…
Exactement. Il s'agit pour nous d'essayer de fédérer les énergies et de mettre les gens en contact au sein d'un forum le plus ouvert possible. Quant à l'avenir, on espère seulement pouvoir pérenniser "l'événement" et pourquoi pas à terme, dépasser le cadre de la région.


+ d'infos sur : www.mediatone.net

Laurent Zine