ARCHIVES
2005

JANVIER N°100
Peuple de l'Herbe
Angelin Preljocaj
Boris Charmatz
Guy Walter, les Subsistances

FEVRIER N°101
Ez3kiel
The Embrooks
Bertrand Betsch
Institut Cervantès
Ariane Mnouchkine
(1ère partie)

MARS N°102
Improvisators Dub
Grnd zero
Association Survie
Red
Franck II Louise
Ariane Mnouchkine
(2ème partie)

For The Beat-Punks

AVRIL N°103
High Tone
Tinariwen
Les Trois-Huit
Joann Sfar
Dennis Lehane
The Fall

MAI N°104
Nuits sonores
Disk'Over
Jean-Louis Sakur
Mathurin Bolze
The Brian Jonestown Massacre

JUIN N°105/106
Les Intranquilles
Forum Réfugiés
Keith Jarrett
The Stooges

SEPTEMBRE N°107
Grnd Zero
Jun Märkl
La Hors De
Noah Gelber
Russell Banks

OCTOBRE N°108
Dimitri Naéditch
La Phaze
Le Bleu du Ciel
Mark Tompkins
Abou Lagraa

NOVEMBRE N°109
Kali Live Dub
The Young Gods
Avatarium
Klotserman
Kwal
Serge Teyssot-Gay & Khaled Aljaramani
Michel Raskine
Gilles Pastor
Biennale d'Art Contemporain
Hamid Ben Mahi

DECEMBRE N°110
Christian Schiaretti
Gwenaël Morin
Philippe Manœuvre
The Gun Club

  NOVEMBRE N°109  

Avatarium


Le festival Avatarium se déroulera les 18 et 19 novembre au Musée de la Mine de St Etienne. Un lieu chargé de symbolique pour une manifestation qui s'inscrit plus que jamais dans la promotion de cultures et modes de pensée alternatifs. Ping-pong avec Agnès Crepet, présidente de l'association Avataria.

Vous avez choisi depuis deux ans le Musée de la Mine comme cadre du festival Avatarium; On imagine qu'il s'agit d'un choix tout sauf anodin ?
Sûrement pas anodin en effet. Depuis que l'association Avataria a pris la suite du Mad's Collectif en matière de programmation, nous avons choisi d'organiser un festival inhabituel dépassant le simple cadre musical, une sorte d'hybridation entre concerts, conférences, performances artistiques innovantes, et informatique libre… L'idée étant d'essayer d'impliquer tous les publics sans distinction, dans des formes de cultures plutôt alternatives. Les premières éditions du festival ont ainsi eu lieu au Hall C mais force a été de constater que cette salle ne se prêtait pas vraiment à l'atmosphère "village" que nous souhaitions susciter. Difficile en effet de rhabiller le Hall C en espace de diffusion tant culturelle que musicale afin de dépasser la logique de "consommation" inhérente à un concert traditionnel. Considérant ne serait-ce que sa configuration, le Musée de la Mine nous offre la possibilité de créer différents espaces, autant pour les expositions que pour les concerts, débats et autres ateliers etc. Ensuite il y a l'histoire même du lieu qui a pour nous force de symbole : le Musée est en effet situé au pied du puits Couriot, ultime puits en activité à St Etienne et véritable bastion des grands combats ouvriers et syndicalistes à travers les siècles derniers. L'histoire souvent tragique des mineurs qui nous inspire aujourd'hui le respect. Ainsi, le public aura droit à une visite du musée comprise dans le prix du ticket d'entrée au festival (ndlr : 16€ pour les deux soirs de concerts).
Et que va-t-il s'y passer ?
En dehors des concerts et des installations (toute une "scénographie" est prévue à l'intérieur du Musée !), un espace d'échanges va être spécialement aménagé pour la journée du samedi. Il est dédié dans un 1er temps à l'informatique libre, c'est dire que les gens seront conviés sur ce thème à des ateliers d'échanges de savoir animés par l'asso Alolise; en parallèle à la Linux Party que nous organisons chaque année. Une conférence est ensuite prévue à partir de 16h30, autour de l'Almanach critique des Médias cosigné par Medhi Ba et Olivier Cyran qui sera présent. Journaliste indépendant, ce dernier a quitté Charlie Hebdo pour se lancer dans l'aventure CQFD, une revue de critique sociale réalisée par des chômeurs. Le débat devrait ainsi concerner le traitement médiatique de l'information en France et il y a beaucoup à dire… entre autres sur la collusion existant entre les pouvoirs économiques, politiques et médiatiques; à l'heure où des journaux s'organisent justement pour proposer une autre information.
En la matière, vous vous inscrivez totalement dans l'alternative.
On s'inscrit à contre-pied avec l'idée de mettre en lumière des alternatives, de servir simplement de relais.
À contre-pied, votre programmation musicale l'est aussi ?
J'ai le sentiment que chaque groupe présent au festival représente une culture musicale innovante voire subversive. NonStop en est l'exemple frappant avec des textes (en français) d'une beauté très sombre à deux pas du cynisme, plaqués sur du hip-hop qui puise autant dans le rap old school que dans le rock genre Faust ou Sonic Youth. Subtitle et Dälek s'inscrivent à leur manière dans cette logique du contre-pied quant à la production hip-hop actuelle. Ill'Ease, Trumans Water et Zea sortent actuellement et de l'ombre et des sentiers battus pour compléter le tableau entre free jazz punk, noïse et rock déjantés (!).
Avatars du désormais célèbre contre-pied…

Laurent Zine