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Le
festival Avatarium se déroulera les 18 et 19 novembre au Musée
de la Mine de St Etienne. Un lieu chargé de symbolique pour
une manifestation qui s'inscrit plus que jamais dans la promotion
de cultures et modes de pensée alternatifs. Ping-pong avec
Agnès Crepet, présidente de l'association Avataria.
Vous avez choisi depuis deux ans le Musée de la Mine comme
cadre du festival Avatarium; On imagine qu'il s'agit d'un choix tout
sauf anodin ?
Sûrement pas anodin en effet. Depuis que l'association Avataria
a pris la suite du Mad's Collectif en matière de programmation,
nous avons choisi d'organiser un festival inhabituel dépassant
le simple cadre musical, une sorte d'hybridation entre concerts, conférences,
performances artistiques innovantes, et informatique libre
L'idée
étant d'essayer d'impliquer tous les publics sans distinction,
dans des formes de cultures plutôt alternatives. Les premières
éditions du festival ont ainsi eu lieu au Hall C mais force
a été de constater que cette salle ne se prêtait
pas vraiment à l'atmosphère "village" que
nous souhaitions susciter. Difficile en effet de rhabiller le Hall
C en espace de diffusion tant culturelle que musicale afin de dépasser
la logique de "consommation" inhérente à un
concert traditionnel. Considérant ne serait-ce que sa configuration,
le Musée de la Mine nous offre la possibilité de créer
différents espaces, autant pour les expositions que pour les
concerts, débats et autres ateliers etc. Ensuite il y a l'histoire
même du lieu qui a pour nous force de symbole : le Musée
est en effet situé au pied du puits Couriot, ultime puits en
activité à St Etienne et véritable bastion des
grands combats ouvriers et syndicalistes à travers les siècles
derniers. L'histoire souvent tragique des mineurs qui nous inspire
aujourd'hui le respect. Ainsi, le public aura droit à une visite
du musée comprise dans le prix du ticket d'entrée au
festival (ndlr : 16€ pour les deux soirs de concerts).
Et que va-t-il s'y passer ?
En dehors des concerts et des installations (toute une "scénographie"
est prévue à l'intérieur du Musée !),
un espace d'échanges va être spécialement aménagé
pour la journée du samedi. Il est dédié dans
un 1er temps à l'informatique libre, c'est dire que les gens
seront conviés sur ce thème à des ateliers d'échanges
de savoir animés par l'asso Alolise; en parallèle à
la Linux Party que nous organisons chaque année. Une conférence
est ensuite prévue à partir de 16h30, autour de l'Almanach
critique des Médias cosigné par Medhi Ba et Olivier
Cyran qui sera présent. Journaliste indépendant, ce
dernier a quitté Charlie Hebdo pour se lancer dans l'aventure
CQFD, une revue de critique sociale réalisée par des
chômeurs. Le débat devrait ainsi concerner le traitement
médiatique de l'information en France et il y a beaucoup à
dire
entre autres sur la collusion existant entre les pouvoirs
économiques, politiques et médiatiques; à l'heure
où des journaux s'organisent justement pour proposer une autre
information.
En la matière, vous vous inscrivez totalement dans l'alternative.
On s'inscrit à contre-pied avec l'idée de mettre en
lumière des alternatives, de servir simplement de relais.
À contre-pied, votre programmation musicale l'est aussi
?
J'ai le sentiment que chaque groupe présent au festival représente
une culture musicale innovante voire subversive. NonStop en est l'exemple
frappant avec des textes (en français) d'une beauté
très sombre à deux pas du cynisme, plaqués sur
du hip-hop qui puise autant dans le rap old school que dans le rock
genre Faust ou Sonic Youth. Subtitle et Dälek s'inscrivent à
leur manière dans cette logique du contre-pied quant à
la production hip-hop actuelle. Ill'Ease, Trumans Water et Zea sortent
actuellement et de l'ombre et des sentiers battus pour compléter
le tableau entre free jazz punk, noïse et rock déjantés
(!).
Avatars du désormais célèbre contre-pied
Laurent
Zine |