JANVIER
N°89
Anne Gastinel
Les Têtes Raides
Les Trois-Huit au Théâtre du 8ème
Guy Walter, les Subsistances
Yuval Pick
Denis Plassard
FEVRIER N°90
Les Thugs
Farid Azzout
Annick Charlot
Turak Théâtre
MARS N°91
Air
Meï Teï Shô
A Silver Mount Zion
Khaban'
Zenzile
Loïc Lantoine
Guy Walter
AVRIL N°92
Dreadlyon Hi-Fi Sound
Lhasa
Jean-Yves Picq
Béatrice Massin
6ème Continent
Johnny Cash
MAI N°93
Black Comix club
Blonde Redhead
Jeanne Cherhal
JUIN N°94/95
Guy Walter, Les Intranquilles
Bérurier Noir
Daniel Darc
SEPTEMBRE N°96
Tony Gatlif
Les Arts Sauts
Jean-Paul Bouvet
Editions A Rebours
Lemmy Kilminster
Virginie Despentes
OCTOBRE N°97
Abou Lagraa
Pierre Baux
Svinkels
NOVEMBRE N°98
Ghinzu
Fly Pan Am
Lydia Lunch
The Ex
François Joly, Sang d'Encre
DECEMBRE N°99
Les Langagières
Patricia Petibon
Interpol
Habitat et Humanisme
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Blonde
Redhead
retour
de spleen au printemps
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S'il
est manifeste que Blonde Redhead n'a jamais vraiment fait ses gammes
dans les sphères de la musique festive youp la boum ! (
),
force est de constater que depuis quelques albums, le trio new-yorkais
cultive les digressions en mode mineur, teintant ses mélodies
popisantes aux couleurs d'un automne intérieur sombre et permanent.
Feu les guitares noïse dissonantes qui avaient valu au groupe
d'être catalogué comme les "fils spirituels de Sonic
Youth", et place désormais aux mélopées
harmonieuses dans un style "préparez vos mouchoirs et
faites sonner les violons". C'est d'ailleurs Steve Shellley,
batteur de la "jeunesse sonique", qui les avait découverts
et signés à leurs débuts pour un album éponyme
(1993), bien avant que Blonde Redhead ne se décide à
voler de ses propres ailes
des ailes de papillon brisant au
gré du vent, comme en témoigne le titre de leur dernier
et déjà sixième album, Misery is a butterfly;
un digipack 11 titres paru chez 4AD en 2004 et produit à la
surprise générale par le chanteur guitariste émérite
de Fugazi ! el señor Guy Picciotto. Cherchant désespérément
refuge en son art mineur pour espérer endiguer le règne
sans partage de l'incommunication entre les êtres (sic), le
groupe déclame dans cet opus des textes profondément
désabusés mais poétiques, parfaitement en phase
avec une musique pop mélodique et quasi féerique. Clin
d'il au spleen baudelairien ou affres de la paranoïa due
au 11 septembre (?!), les deux têtes pensantes et chantantes
du combo remercient dans l'insert un certain Dr Galland "for
making us fell that we are protected"
Manqueraient plus
que les "serrures Fichet qui comme chacun sait, n'empêcheront
pas les barbares de saccager votre paix" (Starshooter !). Il
n'empêche justement en matière d'état d'âme
: le sentiment de spleen - fut-il mis en images par Woody lors d'une
ballade nocturne sur les docks de Brooklyn, accompagné par
la musique de Gershwin (Manhattan) - semble en effet actuellement
enrober New York tout entière; cette grande pomme tentaculaire
et meurtrie, cimetière des âmes vagabondes et des speedball
babies
Un spleen qui resplendit aujourd'hui totalement dans
la voix de tête de Kasu Makino, chanteuse nipponne ni Blonde
mais parfois Redhead
qui pousse le timbre très loin dans
les aigus; si loin que l'on pourrait la surnommer sans offense aucune
"la Björk de New York", particulièrement lorsqu'elle
nous susurre à l'oreille : "I want to give you a dream
that no one has given you". A ce moment-là, il est presque
évident que "le bonheur c'est simple comme un coup de
spleen !", n'en déplaise aux petits porteurs d'actions
France Telecom
Enigmatique à fleur de peau, la diva famélique en avait
d'ailleurs séduit plus d'un(e) lors du dernier concert du trio
à Lyon dans l'antre du Pez Ner, cher à un autre diable
d'écrivain maudit (Antonin A). Avec sa pop post rock mâtinée
cold wave des temps modernes et décadents, Blonde Redhead devrait
sûrement en profiter pour filer le blues au Kao le 25 mai prochain,
mais c'est avant tout pour la beauté de la cause ! que le groupe
conjugue "montre-moi ton côté sombre" en paroles
et musiques. Ainsi les machines prendront le relais des violons et
autres clavecins, pour ennuager l'atmosphère d'accords profondément
mineurs qui devraient combler d'aise tous les butterfly's collectors.
Et il n'est pas dit que le reste de l'assistance ne succombe pas au
charme très Lolita (la version Nabokov, pas celle de M6) d'une
chanteuse faussement ingénue mais véritablement envoûtante.
Une belle de mai à Gerland au printemps, et ciao les vagues
à l'âme
Laurent
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