ARCHIVES
2004

JANVIER N°89
Anne Gastinel
Les Têtes Raides

Les Trois-Huit au Théâtre du 8ème
Guy Walter, les Subsistances
Yuval Pick
Denis Plassard

FEVRIER N°90
Les Thugs
Farid Azzout
Annick Charlot
Turak Théâtre

MARS N°91
Air
Meï Teï Shô
A Silver Mount Zion
Khaban'
Zenzile
Loïc Lantoine
Guy Walter

AVRIL N°92
Dreadlyon Hi-Fi Sound
Lhasa
Jean-Yves Picq
Béatrice Massin
6ème Continent
Johnny Cash

MAI N°93
Black Comix club
Blonde Redhead
Jeanne Cherhal

JUIN N°94/95
Guy Walter, Les Intranquilles
Bérurier Noir
Daniel Darc

SEPTEMBRE N°96
Tony Gatlif
Les Arts Sauts
Jean-Paul Bouvet
Editions A Rebours
Lemmy Kilminster
Virginie Despentes

OCTOBRE N°97
Abou Lagraa
Pierre Baux
Svinkels

NOVEMBRE N°98
Ghinzu
Fly Pan Am
Lydia Lunch
The Ex
François Joly, Sang d'Encre

DECEMBRE N°99
Les Langagières
Patricia Petibon
Interpol
Habitat et Humanisme

  AVRIL N°92  



 

Johnny Cash


L'objet est sobre, coffret recouvert de jean noir, un livret et cinq disques, l'un à la couleur plutôt rock, country, un autre du côté pop, folk, crooner, deux simplement voix, guitare sèche pour le gospel, et le dernier, best of des précédents disques de la série American.
Un homme tomberait du ciel avec la question "et sinon, les white americans, ils ont fait quoi de bon ?"
"ben ça".
Il suffit d'entendre Johnny Cash chanter quelques notes pour être marqué à jamais par sa voix. Grave, pénétrante, solide, puissante mais parfois tellement douce que rien ne lui résiste. Un timbre empreint de solennité, quelque chose de l'ordre de la prière aussi qui en font le plus grand chanteur blanc de gospel. C'est aussi un musicien capable presque à tous les coups de faire une reprise meilleure que l'originale : le sur joué One de U2 est transfiguré, Heart of gold de Neil Young prend une claque et Father & son de Cat Stevens repris en duo avec Fiona Apple devient une ballade pop irrésistible. Comme si Cash seul avait le secret ultime de chaque chanson, et l'art de nous le révéler. Ecouter en boucle Devil's right hand ou Gentle on my mind, ces morceaux cachaient de purs joyaux, le maître est passé par-là et il n'y a guère que Will Oldham pour tenir la comparaison (I see a darkness repris dans l'album Solitary Man).
Et puis, il faut rendre hommage à Rick Rubin, producteur éclairé (Def Jam, les Beastie Boys c'est lui !) qui a sorti Johnny Cash au cœur des années 90 d'un ghetto country un peu ringard pour en faire cette légende reconnue aujourd'hui par tous les chanteurs qui ont un minimum de goût. On a rarement entendu un tel son, le mélange souvent problématique guitares sèches piano par exemple… et la voix évidemment, directe, sans effets : cash.
On pourrait en faire des tonnes sur la fin du bonhomme, longue maladie, mort quelques mois après sa femme, Unearthed : déterré (American Rcds). Oui, Cash parle de la mort, mais pas plus que d'amour, ce n'est pas une obsession, on ne l'écoute pas dans le noir avec des bougies. Cette musique donne un coup de fouet, tout le contraire d'une veillée funèbre. On aura juste un pincement au cœur quand la chanson Hurt (reprise de Nine Inch Nails !) sature légèrement à la fin…
Cash ne chantera plus, qu'allons-nous devenir ?

Vincent Domeyne