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La
dix-septième édition de La Fête du livre se tiendra
à l'Hippodrome de Parilly les 7, 8 et 9 mars prochains; une manifestation
clairement axée sur la Rencontre, et avant tout celle conviviale
du public avec les auteurs, libraires et autres intervenants. En retenant
cette année l'inconnu comme thème central de réflexion,
l'association Lire à Bron (organisatrice) nous encourage une
nouvelle fois à lire et débattre plus loin que le bout
du nez
et fêter le livre ne serait-ce qu'autrement. Questions
à Brigitte Giraud (programmation) pour mieux saisir le pourquoi
de la démarche.
Pouvez-vous revenir en deux mots sur l'objectif premier de La
Fête du livre
C'est sûrement que le livre soit accessible au plus grand nombre,
que l'objet en lui-même soit attractif et non pas réservé
à une "élite". L'idée est donc d'essayer
de rassembler en un même lieu et pour un même événement
des publics sensiblement différents, autant des personnes cultivées
que d'autres n'ayant peut-être jamais poussé la porte d'une
librairie
Ensuite il s'agit aussi de faire découvrir des
auteurs pas forcément très médiatisés, en
les rencontrant directement autour de tables rondes. Et ce moment de
la rencontre nous apparaît comme primordial.
Concernant les auteurs et libraires invités ou le sujet des
tables rondes, revendiquez-vous une certaine subjectivité ?
Oui parce que la programmation résulte forcément d'un
choix et les auteurs invités le sont d'abord parce qu'ils nous
paraissent actuellement essentiels
et que l'on a vraiment envie
de défendre leur travail pour une raison ou pour une autre. Concernant
les libraires, il s'agit de les associer pour créer en corrélation
avec le thème retenu, une sorte de "bibliothèque
idéale", une grande librairie surtout visible nulle part
ailleurs.
Ce thème de l'inconnu
désirez-vous brouiller
les pistes du visiteur ou plutôt l'aiguiller vers quelque chose
d'inhabituel en jouant la carte de la découverte ?
C'est surtout la 2ème solution ! De prime abord, l'inconnu cela
renvoie au voyage, à l'aventure et donc à la découverte
Ensuite, autour des tables rondes, on espère simplement que le
public sera amené à se poser certaines questions sur des
sujets plus précis et moins flagrants en apparence. C'est par
exemple, lorsque l'on envisage l'inconnu en soi-même, en tant
que maladie mentale ou non, et c'est l'objet de la collaboration avec
l'hôpital du Vinatier : les rapports entre littérature
et maladie mentale. A partir d'un thème plutôt général,
l'envie est vraiment d'aller ensuite au-delà des évidences.
Nous vivons dans une société suffisamment formatée,
sans surprise et/ou sans fantaisie, pour avoir envie de proposer autre
chose au public
toujours avec la rencontre comme maître
mot.
Envisagez-vous systématiquement des passerelles avec l'actualité
?
Tout à fait. A l'instar de l'objet de cette rencontre du dimanche
à 14h30 intitulée Les Lendemains qui déchantent
on va pouvoir débattre à ce moment-là de problèmes
de société sans en avoir l'air ! c'est- à-dire
sans forcément pointer du doigt la mondialisation etc., on va
essayer par le biais de la littérature de voir comment l'individu
se débrouille et se débat pour exister face à un
monde de plus en plus écrasant.
Il y a aussi un débat concernant la critique littéraire,
sa pertinence, son influence
vous-même vous référez-vous
à cette critique ?
Pour travailler, oui beaucoup. Pas forcement en digérant ce que
dit la critique sur un livre (j'évite carrément de m'en
imprégner), mais simplement pour voir qui parle de quoi et dans
quel journal. C'est juste un moyen de décryptage et surtout d'information.
Le livre sera-t-il dansé cette année ?
Oui mais mentalement ! puisque nous organisons une rencontre avec Maguy
Marin et les danseurs de sa compagnie dans le cadre du projet national
Vidéo Danse, initié au préalable par le centre
Georges Pompidou. Ce sera aussi l'occasion de discuter avec elle des
rapports entre danse et littérature (pas évidents au départ)
et pour nous, de continuer dans la voie du décloisonnement des
arts entre eux qui nous paraît absolument essentiel au sein de
La Fête du livre.
Qui poursuit son bonhomme de chemin
De par la hausse de la fréquentation, c'est un projet qui a effectivement
grandi, tant dans l'espace (avec le changement de lieu) que dans le
temps (dès le jeudi soir jusqu'au dimanche après-midi)
mais sans que cela soit vraiment un but en soi : la dimension humaine
et conviviale des rencontres reste la priorité. On a envie de
proposer des choses de qualité au grand public et cela est facilité
par la gratuité de la manifestation, mais encore une fois il
ne s'agit pas de faire une "foire du livre".
Dont acte.
Laurent
Zine
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