JANVIER
N°67
Albert Agostino
Laurent Vercelletto
Denis Plassard
Abou Lagraa
Nième Compagnie
Les Sans-papiers
Noam Chomsky
FEVRIER
N°68
Edward Bunker
La Tribu Hérisson
Richard Brunel
Sylvie Lindeperg
MARS
N°69
Arno
The Strokes
Femi Kuti
Goran Bregovic
Dominique A
Michel Del Castillo
Compagnie Käfig
Yorgos Loukos
Les Trois-huit
Philippe Mangenot
Noam Chomsky
Olivier Cadiot
AVRIL
N°70
Patrick Eudeline
Charlie Haden & Dave Holland
Dominique Lardenois
MAI
N°71
Tarmac
High Tone
Le Tigre
Christian Bourigault
The Jon Spencer
Blues Explosion
JUIN
N°72/73
Bruno Meillier
Sonic Youth
Le Peuple de l'Herbe
Lo'Jo
Lionel Hoche
Jo Lansley & Helen Bendon
SEPTEMBRE
N°74
Pierre Astier
Guy Darmet
Party A Ground Zero
Sayag Jazz Machine
OCTOBRE
N°75
Alexandre Varlet
Red
Little Bob
André Julliard
Will Self
NOVEMBRE
N°76
Anne-Marie Pascoli
The Jon Spencer Blues Explosion
DECEMBRE
N°77
Costes
CNAC
Charles Picq
Général Alcazar |
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Will Self
Double
rencontre, double lecture à la Villa Gillet avec deux auteurs
anglais et non des moindres, puisque Jonathan Coe et Will Self seront
là en chair et en os pour une lecture en anglais dans leurs
textes et une rencontre animée par Bertrand Leclair, critique
littéraire. L'occasion de frôler de près ces deux
grands écrivains.
En attendant le 17 octobre, Will Self a bien voulu répondre
à nos questions. |
Vous venez de publier en Angleterre un livre basé sur un
roman de Wilde, Dorian Gray
Le roman de Wilde était tout ça à la fois. Richard
Ellman l'a qualifié de tragédie de l'esthétisme
mais bien sûr, il prend la forme d'un mélodrame parsemé
de dialogues quasi platoniciens. A mon avis, Wilde a fait la chose
la plus rare qui soit : il a créé un mythe. Les faiblesses
mêmes du roman, son manque de maîtrise et son langage
strict et excessivement élaboré ne font que confirmer
cela. La principale prétention du roman, cette quête
de l'éternelle jeunesse au prix même de notre âme,
n'est, à mon avis, qu'un truisme. Qui s'est confirmé
au cours du vingtième siècle, davantage qu'à
aucun autre.
Dans ma version de Dorian Grey, je resitue l'action à l'époque
du sida et ainsi, je crée une confirmation de l'original qui,
lui-même, ne nécessite pas de confirmation. Pour Wilde
(cela a été controversé), l'idée du portrait
de Gray était une projection de sa propre syphilis et de toute
l'hostilité qui en découlait. Dans ma version, la syphilis
devient le sida et la métaphore est confirmée dans son
statut non métaphorique.
Que représente pour vous Oscar Wilde ?
Il a lui-même décrit l'Angleterre comme étant
"le pays natal des hypocrites" et je pense que ce qui lui
est arrivé a confirmé sa théorie et que, par
la suite, l'institutionnalisation de l'homophobie qui a suivi n'a
fait que confirmer sa conviction davantage encore. Je pense que Wilde,
en tant que grand écrivain, bon orateur et pionnier socio-sexuel,
était un précurseur pour son époque, un peu comme
si son uvre était maintenant devenue classique. Il est
pour moi une source constante d×inspiration et tous les soirs pour
m'endormir je me berce de son image.
Que pensez-vous de cette possibilité d'un naturalisme littéraire
duquel on vous rapproche ?
A vrai dire, je suis un écrivain anti-naturaliste. Je pense
que toutes les tentatives d×écriture naturaliste sont conventionnelles
et vouées à l×échec et que l'écrivain
parvient mieux à faire une description "exacte" de
la réalité en étant obstinément et par
esprit de contradiction irréel et anti-naturel.
Depuis vos études de philosophie, vous semblez avoir tourné
le dos à la pensée occidentale ?
Je n'ai jamais vraiment beaucoup adhéré à la
pensée occidentale, donc il n'y a pas lieu de dire que je lui
ai tourné le dos. Quand j'étudiais la philosophie à
Oxford, la faculté était dominée par la philosophie
analytique la plus sèche et la plus hors de propos ce n'était
pas seulement facile de la rejeter, c'était essentiel de le
faire si vous vouliez rester sain d'esprit.
Vous venez en octobre à la Villa Gillet aux côtés
de Jonathan Coe, vous sentez-vous proche de sa littérature
?
Non, pas particulièrement, mais je l'apprécie.
Vous êtes né à Londres il y a quarante ans, le
rock et la pop musique font-ils encore partie de votre vie ?
J'aime assez le nouvel album d'Alabam Three, j'ai une certaine nostalgie
pour la musique pop (qui elle-même est déjà nostalgique
dans sa forme) mais je ne m'y intéresse pas spécialement.
Bruno
Pin
Remerciements à Fabienne Pont pour sa traduction
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