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La
venue au Pez Ner le mardi 14 mai du trio féminin new-yorkais
Le Tigre, constitue très certainement un événement
en soi et bien au-delà de laspect purement musical de
laffaire. Tout dabord parce quil sagit dune
première dans lagglomération lyonnaise, après
un passage remarqué du groupe à St Etienne en novembre
2000 (lors de la 2eme édition du festival Avatarium), ensuite
considérant lécho occasionné dans la presse
nationale et au-delà, par la sortie de son 2eme album au printemps
(Feminist Sweepstakes / Chiks On Speed Rds / Tripsichord); enfin et
là nest pas le moindre intérêt, parce que
les filles du Tigre distillent toutes griffes dehors un discours singulier
et ravageur, en rapport direct avec leur personnalité et la
façon dont elles entendent assumer leurs féminité
et sexualité
bien loin des clichés phalo-paternalo-romantiques
ou simplement judéo-chrétiens : Le tigre cest
assurément une façon de déclarer la guerre à
ceux (et parfois celles, Christine Boutin comprise) qui la ramènent
en tant que dépositaires des codes conduite, sûrs de
leur bon droit issu du temps des cavernes ! Et lon sait combien
la moral majority est puissante entre ombre et lumière,
et pas seulement à Salt Lake City ou au Puy du fou
Héritières du mouvement Riot Grrl des années
90 aux Etats-Unis (dont lune dentre elles fut une figure
de proue au sein du combo Bikini Kill), les trois tigresses sont les
tenantes dun féminisme rentre-dedans cad ni poussif,
ni attentiste, ni même paritaire, bref tout sauf
contemplatif
En ce qui concerne les droits de la femme
dans la société, il nest plus question aujourdhui
pour le Tigre de tergiverser ou quémander quoi que ce soit,
plutôt éclater à la face du monde et basta.
Le ton est donné, le verbe assassin et le parler cru : Le Tigre
chante haut et fort (très fort) sa hargne du sexisme jusquà
en imprégner sa musique pop rock primaire et synthétique
(basse, guitare et boîte à rythmes); une polyphonie abrupte
qui fait penser quelles ont passé B-52s et les
années 80 à la moulinette, par pur esprit subversif
et/ou punk rock. La pop nest finalement quun prétexte
à la chorale des femmes en colère.
Accompagné dune réputation un tant soit peu sulfureuse,
surtout entretenue par les médias qui sintéressent
au groupe depuis peu, Le Tigre devrait aisément se sentir chez
lui dans la caverne du Pez Ner, rugir au-delà du raisonnable
et retrouver sur scène toute sa félinité,
cest dire une agilité fauve à même de déclencher
dans la salle quelques remous incompressibles
Sûrement un concert à ne manquer selon lexpression
consacrée et utilisée de manière tellement intempestive.
Dans un tout autre style musical (quelque part entre le folk, la soul
et le punk expérimental
), mais en arborant les mêmes
couleurs Riot Grrl que ses consurs de la côte est, Madigan
sarrêtera elle aussi au mois de mai dans la région
pour quelques concerts en solo. Chanteuse hors pair, parolière
engagée (aux côtés des femmes en général
et des lesbiennes en particulier), compositrice et violoncelliste
originaire de San Francisco, Madigan Shive est une artiste jusquau-boutiste
dans la démarche qui pense simplement en définitive,
que le changement est bon, nécessaire et inévitable
Cest en formation collégiale sous le nom de Bonfire Madigan,
quelle a sorti deux albums sur le label Kill Rock Stars qui
donnent la pleine mesure de son talent : une voix taquinant le grandiose
grâce à un je-ne-sais-quoi dans le timbre
proche de la beauté et la profondeur du sentiment de tristesse
?
Une voix repoussant lauditeur(trice) au fond des cordes, celles
de son violoncelle, que Madigan utilise parfois telle une forcenée
de limprovisation.
Pour lentendre, il vous suffira de (re)prendre le chemin des
squats dici et là, dont nous vous tairons volontairement
ladresse : Madigan sera au Gourbi à Lyon le 19 mai (contact
: 04 72 98 31 03), au squat des 400 Couverts à Grenoble le
21 (04 76 86 07 37) et au squat dIzmir à St Etienne le
24 (04 77 25 65 20)
Pour des concerts sortant forcément de lordinaire. Toutes
griffes dedans
Laurent
Zine
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