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Une
commande décriture à Sophie Lannefranque par Maccoco-Lardenois
et cie Théâtre et faux-semblants, mise en
scène par Dominique Lardenois. Représentations au Centre
Léonard de Vinci -Feyzin
Trois compagnies de théâtre lyonnaises se sont données
un projet commun : former par lapprentissage quelques jeunes
comédiens au théâtre, en leur offrant différents
axes de travail et des collaborations plurielles. Ce compagnonnage
se tisse entre la Compagnie des Trois Huit, la Compagnie Françoise
Maimone et Macocco-Lardenois et Cie. Douze jeunes acteurs et actrices
salariés sexpérimentent, depuis janvier 2001 et
pour deux années encore, à côtoyer plusieurs metteurs
en scène, plusieurs structures, plusieurs écrits. Dominique
Lardenois souhaitait faire vivre à ces jeunes professionnels
laventure de la création théâtrale. Ils
sont linspiration et les vecteurs du projet coproduit par le
Centre Culturel Léonard de Vinci à Feyzin et Maccoco-Lardenois
Cie.
La mise en scène proposée par Dominique Lardenois est
une commande décriture à Sophie Lannefranque,
auteur dont la contribution au théâtre en région
Rhône-Alpes est reconnue. Au cur de la demande faite à
Sophie Lannefranque, Lardenois place le problème de la représentation
du contemporain au théâtre. Considérant que les
mutations de notre époque sont en manque de théâtralisation,
il sinterroge sur ce qui fait lépoque, et sur ses
potentielles mises en forme. Cest là le questionnement
exploré par la plume de Lannefranque. Le spectacle Encore merci
sera joué à la fin du mois au Centre Culturel Léonard
de Vinci. Pour Lardenois, "Encore merci se veut avant tout un
divertissement, une sorte de revue tonique, ludique, décapante,
qui mêle les formes,(
) questionne les comportements, interroge
les mises en représentation et dresse ainsi le portrait de
toute une époque". Le portrait dune époque
qui cherche à se voir
Dans Encore merci, Sophie Lannefranque fait du jeu télévisé
la métaphore des épreuves auxquelles sont constamment
confrontés les jeunes dans les domaines professionnels et affectifs,
sans compter la compétition, la pression sociale, familiale
et autres (en)jeux de société. Le choix de la forme
du jeu est judicieux : cest bien une épreuve que dêtre
jeune aujourdhui, au moins une succession détapes
hautement symboliques.
Le spectacle invite les personnages à subir des épreuves
en vue de remporter un prix de citoyenneté. Aux souvenirs de
jeunesse entrevus dans "des castings, des examens, des tirages
au sort, des files dattente, des distributions gratuites de
casquette sur la plage
" Sophie Lannefranque offre le texte
Encore merci comme un "constat".
Pour Lardenois, lesprit du jeu reflète celui du temps
ou révèle ses parfums. "Vous aurez quatre-vingt-dix
minutes et sept épreuves pour montrer vos compétences
votre dévouement, votre adaptabilité au sein de notre
luxuriante mais impitoyable société
Nous suivrons
votre marathon jusque dans votre intimité la plus profonde",
cest ainsi que souvre le jeu aux candidats, avec les yeux
du "Loft" et le cynisme du Maillon Faible.
Puisque la création interroge le théâtre daujourdhui
et sa manière de représenter le contemporain, Lardenois
propose, une fois encore, de croiser les disciplines et les supports.
Danse et vidéo seront au rendez-vous pour une compétition
au sommet : Cinq garçons et sept filles vont concourir pour
la palme dor du citoyen du troisième millénaire,
ils seront accueillis dans une arène par une animatrice virtuelle.
"Ne soyez pas sympathiques, ne soyez pas formidables, soyez phénoménaux,
devenez inoubliables, créez un idéal contemporain. Bonne
chance et encore merci". En invitant douze comédiens à
prendre part à la création dun texte qui les concerne,
Lardenois provoque une perméabilité uvrant sans
nul doute à une représentation du réel. Derrière
le thème de la jeunesse, cest celui des rites de passage
et dinitiation que veut pénétrer le metteur en
scène. Pourtant, cest plutôt une comédie
satyrique qui semble émerger de la tragédie des souffrances
initiatiques évoquées par Encore merci. Le pari dEncore
merci, cest aussi celui de lauto dérision. Sophie
Lannefranque a écrit "Jessaie de faire de mes personnages
des figures emblématiques vivantes. Pas des héros solitaires
maîtres de leur destinée, confortablement installés
dans des caractéristiques immobiles, mais des porte-paroles
épuisés de doute, en quête deux-mêmes,
trimballant avec eux le peuple de leurs semblables
"
Gaëlle
Assier |