ARCHIVES
2002

JANVIER N°67
Albert Agostino
Laurent Vercelletto
Denis Plassard
Abou Lagraa
Nième Compagnie
Les Sans-papiers
Noam Chomsky

FEVRIER N°68
Edward Bunker
La Tribu Hérisson
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Sylvie Lindeperg

MARS N°69
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The Strokes
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Compagnie Käfig
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Les Trois-huit
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Noam Chomsky
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AVRIL N°70
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MAI N°71
Tarmac
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Le Tigre
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The Jon Spencer
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JUIN N°72/73
Bruno Meillier
Sonic Youth
Le Peuple de l'Herbe
Lo'Jo
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SEPTEMBRE N°74
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OCTOBRE N°75
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Red
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NOVEMBRE N°76
Anne-Marie Pascoli
The Jon Spencer Blues Explosion

DECEMBRE N°77
Costes
CNAC
Charles Picq
Général Alcazar

  JANVIER N°67  

Abou Lagraa

Avec Allegoria stanza, Abou Lagraa nous emmène entre le ciel et la mer du Maroc, au sein d'une danse pleine d'émotions qui marque le bonheur d'une rencontre entre le hip-hop et le contemporain... Les spectacles de ce chorégraphe sont toujours teintés d'une recherche inhabituelle et jamais vue auparavant, que le ciel fasse qu'il en soit de même pour cette nouvelle pièce et pour notre plaisir !

Allegoria stanza est un beau titre qui porte déjà la danse en lui-même, a-t-il une signification particulière ?
En fait "stanza" vient de stance qui signifie un groupe de vers. Il s'agit de poésie et c'est dans cet état d'esprit que j'ai écrit ce spectacle. L'idée m'est venue lors d'un voyage au Maroc où j'ai vécu beaucoup d'émotions en regardant le ciel et la mer. J'ai noté beaucoup de choses de ce que je ressentais dans ces moments-là et mes notes étaient écrites comme des poèmes. J'ai eu envie de travailler sur la symbolique des couleurs avec cette mer et ce ciel qui changent de couleur sans cesse, qui ne bougent jamais de la même façon au cours d’une seule journée et qui provoquent des sensations si variées et si différentes. Il fallait que je puisse retranscrire tout cela, dans un mode abstrait, sur scène.
Le spectacle est abstrait et c'est la vidéo qui concrétise les éléments naturels !
J'ai imaginé la mer et le ciel sur scène par le biais d'images vidéo, ce qui m'a fait travailler pour la première fois avec ce support. Je voulais qu'elle soit un décor, comme une nappe, comme des tableaux qui appuient la danse ou en décalage. Les images sont projetées sur un grand écran et aussi sur deux colonnes. On y retrouve la mer, le ciel, le calme, les nuages, les éclairs, la pluie, la tempête, les variations de couleurs, les changements de tous ces éléments. Toutes les images vidéo se déroulent dans un mode progressif, d'une manière assez naïve pour montrer l'évolution des différents états de l'être de l'humain liée à toutes ces perturbations naturelles.
Vous avez créé Passage, un trio hip-hop et l'on retrouve ces danseurs dans votre spectacle, ce sont donc deux danses différentes qui vont se rencontrer ?
Au total, il y a onze danseurs, dont quatre danseurs hip-hop. J'ai véritablement découvert le hip-hop, il y a deux ans et je suis tombé amoureux de cette danse. Après le trio Passage, j'ai eu envie de réunir ces deux types de danse. L'intérêt de cette rencontre réside dans les contrastes d'énergie, de couleurs, les nuances apportées par chaque danseur de ces mondes chorégraphiques. Mais avant que ces deux mondes ne se rencontrent, il fallait que les danseurs se comprennent et dans un premier temps c'est sur la communication que nous avons travaillé, cela a pris du temps mais quand le terrain d'entente a été trouvé, tout est allé très vite.
La rencontre du hip-hop et du contemporain, ça n'est pas très original comme intention chorégraphique, qu'est-ce qui marque votre originalité spécifique ?
La façon de travailler des danseurs contemporains et danseurs hip-hop est très différente. La danse hip-hop est une danse spontanée, virtuose, imaginative, qui trouve ce qui est juste et accepte mal les contraintes de la construction et du travail au quotidien. J'ai trouvé en ces danseurs une ouverture d'esprit pour aller aussi vers une démarche contemporaine et inversement. Chacun garde sa danse et pourtant on se demande lequel est contemporain ?, lequel est hip-hop ?, tous les duos et les ensembles sont mélangés. Ce mélange et ces rencontres font de ce spectacle une pièce humaine, pleine d'émotions, entre des personnalités très différentes et touchantes. Mon souci majeur était de savoir comment j'allais construire l'homogénéité avec ces deux danses alors que je voulais qu'ils gardent tous leur identité. Je ne sais pas si j'y suis arrivé, mais je crois que l'originalité peut résider dans le fait de ne pas faire obligatoirement tourner un danseur sur la tête, l'originalité est également dans le fait qu'on ne se pose plus la question de savoir qui fait quoi mais de voir tout simplement de la danse et une construction chorégraphique. Quoi qu'il en soit et avant tout, ce spectacle est pour moi une difficile et très belle histoire entre douze danseurs.

Propos recueillis par Martine Pullara