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On
ne va pas parler de réalisme. C'est compliqué. Ça
veut tout dire et rien en même temps.
On va parler du vrai. Et du barbare, ça c'est flippant le barbare
caché derrière chaque homme, et résolument contemporain.
Lui dire non à la barbarie ;
Mais pas comme ça. Pas à grands renforts de grimaces,
pas dans la démesure du jeu. La démesure est barbare,
elle est frontale, elle larsen. Dans Preparadise sorry now, à
voir cette masse d'acteurs qui pense et agit en masse, on les imagine
victimes de ce qu'ils dénoncent, tous dans le même jeu,
sans individualité, chacun peut prendre indifféremment
la place de l'autre. Il est alors inutile de refaire à l'infini
la même sempiternelle scène de viol où les sexes
s'interchangent mais ne se renouvellent pas. Et la distanciation proposée
est un humour gras, facile, médiatique.
De l'énergie certes, du style, point.
Préférons le chapitre sexuel de Faltzer selon Philippe
Vincent qui depuis Richard III en connaît un pâté
sur la barbarie : le désir physique de cette femme n'est pas
moins éloquent dans son interprétation que la haine inétanchée
de Ian et Myra ; mais au moins, l'humour laisse à l'acteur son
intégrité et au public sa part de jeu. Chez Philippe Vincent,
on relève ses jupes, chez Von tréskow, on pousse des cris
et on en vient aux mains, et les handicapés sont maltraités
des deux côtés. Mais dans Richard III, c'est un clin d'il,
tandis qu'à l'ENSATT, ça fait goutte d'eau.
Monter Fassbinder aujourd'hui, c'est forcément être contre
le barbare. Laisser au spectateur sa part de lecture ou l'immerger brutalement
dans une boîte sans air pour qu'il se soumette à la compréhension
?
A cette question, Bruno Boeglin avait répondu non verbal, et
Pan Theodor Mundstock reste aujourd'hui encore le plus sensible témoignage
de l'homme survivant à la machinerie monstrueuse de son extermination.
Mouche
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