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Avec
trente danseurs sur scène, de 8 à 18 ans, Josette Baïz
nous emmène dans un spectacle porté par l'amour des rencontres
entre les jeunes, le métissage de la vie et ses danses, un spectacle
plein d'humour et d'énergie. A l'entendre parler de son travail
et des jeunes avec qui elle travaille depuis plusieurs années
dans les quartiers de Marseille et Aix en Provence, on ne doute de rien.
Cette femme aime toutes les danses, les jeunes, leurs difficultés
et leur imagination
Il est évident que jamais elle n'arrêtera
de les faire danser !
Formée par Odile Duboc, Josette Baïz enseigne la danse contemporaine
à Aix en Provence depuis 1978. Elle danse chez Jean-Claude Gallotta
et obtient de nombreux prix (prix de chorégraphie, du public
et du Ministère de la Culture) au 14ème Concours International
de Chorégraphie de Bagnolet en 1982. Elle crée par la
suite sa compagnie, La Place Blanche, qui devient La Compagnie Grenade
en 1998, alors qu'en 1992, elle créait le Groupe Grenade, une
compagnie non professionnelle, menant des projets pédagogiques
et chorégraphiques avec des jeunes de quartiers.
Son parcours avec les jeunes a démarré en 1989, quand
le Ministère de la Culture lui propose une résidence d'un
an dans les quartiers nord de Marseille, à l'école de
la Bricarde. C'est avec le réalisateur Luc Riolon qu'elle crée
le film Mansouria, regroupant une centaine d'enfants autour de la danse,
du chant, l'écriture, les costumes, les décors, la vidéo.
Ce succès et la qualité du travail des enfants l'amènent
à une seconde résidence à Aix en Provence pour
déboucher sur un second film et par la suite un troisième,
2 films plus axés sur le travail chorégraphique. En septembre
1991, le Groupe Grenade se constitue et monte sa première chorégraphie
Le secret d'Emile qui aboutit sur de nombreuses tournées. Suivront
d'autres spectacles, Guelwesch, Un sourire dans la lune, Daland
En 1994, le Groupe Grenade devient atelier permanent de création
à Aix en Provence, il forme les jeunes à toutes les danses
et crée régulièrement des spectacles. Il est aujourd'hui
le seul groupe en France à fonctionner comme une compagnie professionnelle.
Pour créer ce spectacle, vous êtes partie d'une réflexion
du groupe sur la comédie musicale ?
J'ai proposé une idée qui était large, celle de
travailler autour de la comédie musicale moderne bien sûr,
pas celle des années 50, pour essayer de voir comment on pouvait
l'aborder avec nos moyens à nous, nos danses de métissage
: asiatiques, contemporaines, arabes, gitanes, hip-hop, les danses de
quartiers, les arts martiaux
Les jeunes ont écrit des idées, des envies, des rêves,
des images, puis on en a rediscuté. Le thème central qui
est apparu est celui de la rue et des rencontres. Je ne voulais pas
d'un spectacle narratif, mais plutôt un spectacle qui permette
aux multiples cultures de se rencontrer.
La rue définit elle-même la chorégraphie ?
Oui, le spectacle évolue au fur et à mesure que la rue
évolue. Au départ elle est petite, les danseurs n'ont
pas beaucoup d'espace pour bouger. Puis elle devient de plus en plus
grande pour se transformer en une immense place où les rencontres
deviennent nombreuses. La transformation de cette rue est concrétisée
par une palissade qui recule jusqu'à disparaître. On a
travaillé ce spectacle pendant des mois , il n'y avait pas de
thèmes particuliers, essentiellement des improvisations, il s'agissait
de laisser la place à la danse et en fait c'est le rythme de
la palissade qui amène le rythme de la pièce.
La notion de métissage est le centre de votre travail avec
le Groupe Grenade, qu'est-ce que cela signifie pour vous ?
Il y a un principe chez nous et qui dure depuis 10 ans. Quand quelqu'un
rentre dans le groupe, il nous apprend sa danse et chacun la pratique,
chacun apprend aux autres, tout le monde apprend tout. C'est ainsi que
l'on verra par exemple un garçon apprendre à se déhancher
en s'initiant à la danse orientale. Pour moi, le métissage
est uni dans une même personnalité, ça n'est pas
un mélange, ça n'est pas des rencontres de plusieurs cultures
distinctes les unes des autres.
Trafics, c'est la rue et quoi d'autre ?
Le titre de Trafics est lié à la rue bien sûr, mais
aussi au trafic au sein du Groupe Grenade, les relations qu'ils se créent
entre eux,
.Trafics, c'est un spectacle plein d'énergie,
ça déborde d'énergie, il y a beaucoup d'humour,
on est dans une atmosphère ludique, gaie, chaleureuse.
L'ambiance est futuriste avec des costumes et décors argentés,
les danseurs ont les cheveux bleus. Pour moi c'est une succession de
rencontres, la communication entre les jeunes
Le final est plein
de ces rencontres, avec de la danse classique, du hip-hop, de la danse
orientale
La notion de rencontres a toujours été dans vos spectacles,
qu'est-ce qu'elle a de différent ici ?
La notion de rencontres est ici différente par rapport aux autres
spectacles. Les cultures étaient mises en avant, il y avait également
un thème. Ici, il s'agit de rencontres d'êtres humains
dans la vie, on va vers un vrai métissage, profond. On ne se
pose plus la question de la personnalité, dans les autres spectacles,
on s'interrogeait plus sur la culture.
L'idée de métissage a été une évidence
depuis le début, quand j'ai commencé à travailler
dans les quartiers nord de Marseille. Quand j'ai vu pour la première
fois un gitan et un Cambodgien s'affronter violemment, je me suis dit
qu'il fallait tous qu'ils s'acceptent, qu'ils travaillent ensemble.
Dans le Groupe, ils se retrouvent en autarcie, à retravailler
cette notion d'acceptation de l'autre. La discipline est difficile pour
eux, on a également besoin de travailler avec des objectifs,
des projets de création sinon ils ont du mal. Au final, on arrive
à un travail de qualité avec des jeunes qui pour certains
passent dans la compagnie professionnelle
Martine
Pullara
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