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Jeff
Wall, (photographe), vient accompagné de Y. René Criquit
(critique) ouvrir un cycle de 3 conférences qui verront dialoguer
artistes visuels et critiques.
Ouvrir ce cycle par Jeff Wall, photographe canadien de 55 ans, emblématique
de la place occupée dorénavant par la photographie dans
l'art contemporain, semble presque naturel".
C'est en effet en 1989, qu'avec son complice et confrère plasticien
Dan Graham, qu'il montre dans ce même lieu leur uvre commune
: Le Pavillon des enfants, acquis par le FRAC Rhône-Alpes. Une
uvre significative de la direction de son travail, où les
Lyonnais qui s'étaient déplacés (certainement assez
confidentiellement) avaient pu se rendre compte du parti pris de cet
artiste à l'origine conceptuel, qui a délibérément
choisi la narration, la figuration, le tableau et les références
à l'histoire de l'art pour s'exprimer.
La photographie de Wall est surtout connue sous la forme de grands formats
Cibachromes montés à l'intérieur de caissons lumineux.
Le sujet, qui peut être emprunté à l'histoire de
l'art et même à la peinture de genre, montre des situations
du quotidien aux allures propagandistes voire publicitaires. Eclairés
de l'intérieur ses "tableaux-images" renvoient évidemment
aux travaux des peintres de la Renaissance ou de la période classique
mais font aussi allusion aux différentes modalités et
principes de l'image dans notre histoire occidentale du visuel. Jouant
de l'ambiguïté entre l'objet-image révélé
par la lumière extérieure et le visionnage de l'image
électrifiée du dedans, il nous met au milieu d'un déséquilibre
où la virtualité, l'hyperréalisme, le perceptible
et l'évanescent s'entrechoquent.
Quant aux sujets, même plagiés des uvres historiques,
ou tirés de l'actualité, ou puisés dans la banalité
de nos occupation, ou de la vacuité de nos espaces suburbains,
font persister le malaise.
Que ce soit un enfant angélisé, une scène de champ
de bataille reconstitué, le plus commun des pique-niques, ou
une scène de chasse, on ne sait jamais à quoi se fier
dans l'image.
Les histoires multiples, les interprétations diverses, l'apparence
insaisissable et lisse mais pour autant perméable agite un vertige
de la perception.
Espérons que le discours, la rencontre, seront à la mesure
de cette uvre majeure de la photographie contemporaine qui réconcilie
l'art, l'émotion, l'humour et l'érudition.
Laurent
Mulot
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