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Avis
d'el Niño sur le C.C.O. le 9 février prochain où
Wei-Ji, Samiam et At The Drive In viendront griser un peuple avide
de guitares frénétiques, en plein hiver sonore. Météo
hardcore et bonne humeur pour le concert thermogène de ce début
de siècle. Advienne ensuite le réchauffement du cur
des braves.
Mondialisation des tempêtes, inondations d'Internet, réglementation
de la fête (..?), la femme et l'homme du 3ème millénaire
semblent promis à un avenir radieux tendance cocoon-me.com;
embargo sur les brebis galeuses et c'est déjà demain.
Fervente adepte du média putassier et pique-assiette, la France
dort l'il rivé à l'écran dans l'attente
de la deuxième guerre du Golfe, la vaccination envers et contre
tout ou la prochaine kermesse aux lampions grossièrement balisée
(de balise, balise, la terre promise pour peu que l'on se soit encore
trompé d'itinéraire). C'est dans ce climat à
la saveur fétide, que les occasions d'aller voir dehors (toujours
pour voir si l'on y est) se raréfient comme l'alambic dans
la campagne profonde (quoique, sic).
Allez bon, trêve d'incivilités, mais force est de constater
que le monde de la musique n'échappe pas non plus au phénomène
de ramollissement général de la planète. Les
hordes d'honnêtes gens non identifiés reprennent en cur
I will survive sans même avoir eu le besoin de comprendre le
sens des paroles ; pourtant c'est bien connu, seuls les rats survivront...
Excepté en matière d'elektro à gogo ou de miaou
gaulois, les concerts dignes de ce nom ne sont pas légion et
ce, surtout depuis que le Pez ner attend des jours meilleurs pour
lancer la contre-offensive. Mais quelque chose me dit que Mars, dieu
de la guerre, saura reconnaître les siens le moment venu. Quoi
qu'il en soit, regardons la réalité en face : fini le
foisonnement de disques nouveaux dans le secteur des musiques différentes
et/ou rentre dedans. La page Phonographe de choc du présent
canard (vilain et noir de préférence) bat de l'aile
alors que dans le même temps, les foules se massent (et vice-verça)
dans les hangars à bestiaux pour entendre le dernier récital
franco-folklo du père Sardou aussi affligeant qu'il soit ;
connaissant son penchant pour les grandes croix de bois qui brûlent
sur scène. Mieux vaut sans doute en rire et écouter
à tue-tête The KKK took my baby away des frères
Ramones...
Bref, pas de quoi pavoiser ni folâtrer dans la nuit des décibels.
Alors the party is over ? Ce serait méconnaître les quelques
irréductibles de la 6 cordes quant à leur opiniâtreté
à mettre le feu aux poudres. Rendez-vous pris ce 9 février
pour un concert explosif enclin à nous dérider les vertèbres
et nous faire oublier les relents de la machine humaine.
Honneur aux plus anciens, inusables miles eaters : Samiam. Le groupe
de Berkeley (franchir le bay bridge et tourner à gauche) revient
avec une nouvelle section rythmique pour ce qui doit être leur
5ème tournée européenne ! Les deux guitaristes
sont les mêmes et toujours aussi affûtés (l'un
d'entre eux assurait déjà d'ailleurs le mitraillage
au sein du mythique groupe Social Unrest).
"L'emocore" de Samiam n'a pris aucune ride et leur dernier
opus (Astray sur Burning Heart records) en est une illustration parfaite.
Quant à At The Drive In, c'est pour une grande partie de la
presse du vieux continent, la révélation de l'automne,
entre MC5 et la nouvelle vague. Il est vrai que Relationship of command
(paru il y a deux mois chez Grand Royal) a largement enfoncé
le clou en matière de rock hardcore foudroyant, les propulsant
au top des charts Outre-Manche et Atlantique. Si vous avez manqué
les sauvageons sauteurs d'Hell Paso l'an dernier au Pez ner ; soyez
vraiment ponctuels pour la grand messe du C.C.O. D'autant qu'en ouverture,
les stéphanois de Wei-Ji pourraient bien crever l'écran
et illuminer ce qu'il vous reste entre les oreilles. Procurez-vous
d'urgence leur maxi cd (chez Dangerhouse par exemple) et remerciez
Euterpe, déesse de la musique.
Enfin et pour continuer dans le même registre, sachez que les
Portobello Bones joueront à la mjc d'Oullins le 2 mars. En
chair et en os, comme précédemment annoncé et
annulé, les tourangeaux effectuent ce qui sera peut-être
leur dernière tournée. Connaissant la ferveur communicative
de leurs prestations scéniques, ce rendez-vous à la
jonction amplifiée des sons, est lui aussi tout à fait
salutaire.
De mémoire de cul-terreux, on n'avait pas souvenir d'un tel
mois de février et des poussières, pendant lequel il
aurait plu tant de guitares au mètre carré. "Will
I survive ?"
PS : considérant les "recommandations" du décret
98-1143 du 15 décembre 1998 concernant la limitation de la
pression acoustique dans les lieux de diffusion musicale ; on sait
désormais que la tête dans les enceintes, c'est mal.
Mais rassurez-vous, il vous reste encore la tête dans les nuages
et ce, autant que possible. Vous avez le choix, sachez en abuser.
Zine
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