JANVIER
N°45
Jean-Luc Benoziglio
Nième Compagnie
Régine Chopinot
FEVRIER N°46
Erik Truffaz
Arthur H
Philippe Vincent
Claire Rengade
Brigitte Giraud
Le Pez Ner
MARS
N°47
Dominique Bagouet
Musiques en scène
Ousmane Sow
Gilles Chavassieux
Saïan Supa Crew
Thomas fersen
John Coltrane
AVRIL
N°48
Sally Nyolo
Tibet un peuple en sursis
Turak au Laos
Jean Bolcato
MAI
N°49
José Bové
Bell Oeil
Idir
Quatuor Hélios
High Tone
JUIN
N°51/51
Partage d'exotisme
JAVA
Anthony Braxton
Anna Karina
SEPTEMBRE
N°52
Delphine Gaud
Cie Accrorap
Nième Compagnie
Virginie Despentes
Le Peuple de l'Herbe
Bruno Chevillon
OCTOBRE
N°53
Maguy Marin
Brooklin Funk Essentials
Gopf
Biennale Internationale de Design
Bernard Lubat
Bob Dylan
NOVEMBRE
N°54
Emir Kusturica
Elliott Murphy
Charlie Brozzoni
Planète Comet
Denis Lavant
Glen Gould
Avatarium
Claire Rengade
DECEMBRE
N°55
Assassin
David Krakauer
Musée d'Art Contemporain |
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Dominique
Bagouet
Meublé sommairement
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Création
1989. Recréation 2000, par les Carnets Bagouet.
Dominique Bagouet nous a quittés il y a 8 ans. Le souvenir de
son travail hante encore et toujours ceux qui il y a 15 ans restaient
saisis devant Déserts d'amour, Le crawl de Lucien et surtout
Assaï. Jamais la rigueur, la précision du geste, des espaces,
des mouvements n'avaient rejoints de manière aussi intense l'émotion
au plus profond de soi. L'émotion de l'invisible, l'émotion
de la construction chorégraphique. C'est sans doute pour cela
qu'il est impossible d'oublier ce chorégraphe, l'un des plus
grands en France. Qu'il nous soit permis avec cette recréation
et grâce aux Carnets Bagouet de goûter à nouveau
à tous les plaisirs de sa danse !
Dominique Bagouet est né en 1951. Après une formation
classique, il entre aux Ballets du 20ème siècle de Béjart
à Bruxelles, puis revient à Paris où il travaille
entre autres avec Carolyn Carlson et part aux USA pour découvrir
les techniques américaines, dont celle de Jennifer Muller et
Lar Lubovich. En 1976, il remporte le premier prix du concours de Bagnolet
avec Chansons de nuit et fonde alors sa propre compagnie. Sous la blafarde
l'impose comme chorégraphe et lui donne l'occasion de s'installer
à Montpellier pour diriger Le Centre Chorégraphique Régional
de Montpellier, ville dans laquelle il crée également
le Festival International Montpellier Danse. Jusqu'en 1989, les pièces
superbes se succèdent et le chorégraphe dans le même
temps s'entoure d'autres artistes comme le musicien Pascal Dusapin pour
Le saut de l'ange, Tristan Murail pour Déserts d'amour et la
comédienne Nelly Borgeaud pour Meublé sommairement.
A sa mort, les danseurs de sa compagnie et les proches ont décidé
de perpétrer son uvre, de la diffuser et de faire en sorte
que d'autres danseurs puissent la danser. Regroupés sous le terme
Les Carnets Bagouet, ils font alors un travail de reconstitution à
partir de notes, de vidéos, de photos, d'esquisses, de croquis
laissés par le chorégraphe. Pour chaque recréation,
c'est la mémoire collective ou individuelle qui est sollicitée
pour transmettre aux nouveaux interprètes le travail de Bagouet.
La direction artistique est faite par d'anciens danseurs de la compagnie
et qui ont leur propre chemin chorégraphique. Meublé sommairement
avait démarré de manière disloquée, sans
lien réel entre la danse, la musique, les interprètes.
Puis il y eu la rencontre avec un texte d'Emmanuel Bove Aftalion, Alexandre
qui parle d'êtres ordinaires, dont la réalité est
décrite d'une manière si immédiate qu'il est impossible
d'y voir un côté spectaculaire. Des êtres qui sont
à ce point décrits avec précision que leurs comportements
deviennent complètement étranges, obsessionnels, bouleversants...
et c'est ce tragique devenu extraordinaire qui fascine Bagouet dans
son travail chorégraphique. Il est évident pour lui que
ce texte est à entendre avec une danse, une musique, avec l'émotion
des interprètes sans l'illustration des mots, dans la confrontation
mais en laissant toute sa place au texte lui-même. C'est avec
la rencontre de ce texte que tout le travail chorégraphique entamé
prend son sens.
Meublé sommairement part d'un texte grave mais Dominique Bagouet
a su introduire grâce à la danse, de l'humour, de la fantaisie,
l'amour de la vie et par-dessus tout la sensualité. Plus qu'un
repère de signes, le corps du danseur doit avoir réellement
un poids, il doit être plein et garder sa présence sur
scène. Il se doit d'être sensuel comme plein de sens...
Martine
Pullara
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