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François Taillandier
Suite et fin de La Grande Intrigue, 5 volumes en 55 chapitres, la saga familiale de François Taillandier est un ouvrage à part dans le paysage romanesque français. Les personnages surgissent, ils nous accompagnent pendant quelques pages puis nous quittent, mais ils restent en suspension dans le récit. Taillandier a une force d’écriture incroyable, l’intrigue ce n’est pas son truc, il préfère s’embarquer, nous embarquer sur les bouleversements idéologiques, sociologiques, technologiques à travers le destin d’hommes et de femmes. Un roman complexe et des passages magnifiques, des personnages et leurs histoires d’amour. Il est question de sexe et de jalousie, et des désillusions face à la vie. Ils sont père et fils, morts et vivants. Ils sont quelquefois empêtrés dans leurs histoires. La lucidité les habite aussi, tel Nicolas, urbaniste parti en Afrique. “Il ne s’agit pas de construire sur du terrain vide, mais de remplacer l’existant. Or, si vous prenez par exemple un périmètre où vivent 50 000 personnes, il faut qu’elles s’en aillent pour qu’on puisse construire. Où iront-elles ? Fabriquer un autre bidonville un peu plus loin ? Et à qui attribuera-t-on, ensuite, les nouveaux logements ? Selon quels critères ? Pour le moment personne ne le sait. Donc, nous allons faire de l’architecture et de l’urbanisme là où c’est impossible d’en faire. Nous allons bricoler dans le catastrophisme.” Au-dessus de tout ça, le mystérieux Charlemagne pourrait bien englober à lui seul les grands penseurs de notre temps (Debord, Baudrillard), Turn et son nouveau monde World V. “Ce fut une gigantesque offensive iconique, diffusée sur tous les supports et selon tous les vecteurs possibles : affichage public, magazines, télévisions, portails du Web, i-com individuel où les images apparaissaient aléatoirement. Un effleurement du doigt suffisait à les faire disparaître, comme on chasse une mouche : mais elles revenaient, elles insistaient…” Roman éclaté, Time to Turn est le reflet d’une époque fortuite où les certitudes s’affrontent.
Éditions Stock, 279 pages, 19 €
Le 20 octobre à la Villa Gillet
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