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Vincent Message
On attaque par le haut, un pavé, un 1er roman, un livre qui nous fait perdre un peu les pédales, comme Oscar Nexus. “On en revient donc aux faits : je me suis trouvé mêlé à une affaire de meurtre. Par un beau matin de février, un peu froid mais lumineux, je suis descendu dans la rue armé d’un pistolet et j’ai tué 3 personnes. C’étaient apparemment des gens que je ne connaissais pas, et qui ne m’avaient rien demandé. Ils étaient des êtres humains, moi aussi peut-être, et ça ne se passait pas trop mal.” Ça démarre comme ça, brutalement. L’histoire mêle onirisme et thriller : inclassable. Thriller, sûrement, mais Les Veilleurs nous embarque aussi sur d’autres terrains. Le décor s’installe, les personnages s’imbriquent dans l’histoire, un psychiatre, un policier et Nexus au milieu de ce monde clos dans lequel on l’enferme pour mieux savoir qui il est ; car là est la véritable question. Son geste est-il dû à la folie ou une machination ? Ce roman de Vincent Message sera sûrement un des moments forts de la rentrée, ce jeune homme ouvre les portes d’un nouveau genre. Attention, il n’a que 26 ans, il aura mis 5 années pour écrire Les Veilleurs (éd. du Seuil, 630 pages, 22€). C’est la 1re rencontre qui aura lieu à la Villa Gillet, ouvrant sa saison avec 2 jeunes auteurs et leur 1er roman. Le 2e roman est totalement différent, mais quel panache, quelle histoire, celle d’Un homme louche (éd. Verticales, 344 pages, 20€) qui saura vite retenir votre attention avec ce récit un rien barré. C’est foutraque et plein de poésie, c’est une belle histoire étrange d’un journal tenu par la même personne. La 1re partie commence en octobre 1982 pour se finir en avril 1983 ; la 2e partie du roman s’étale d’avril à novembre 2008. C’est le journal de Jean-Daniel Dugommier, 13 ans, qui ouvre le bal : “Depuis le temps que j’observe le fonctionnement de mes établissements scolaires, je me rends compte qu’ils s’inspirent directement de la grande salle d’équarrissage. Le collège est une machine à transformer des vertèbres en steaks obéissants… Ils ne voient pas que je suis une bombe à retardement. Toutes les armes bientôt à portée de main, mes disques bien rangés. La musique résiste à la machine. Je parle de vraie musique. Mother is a puppet. Frayor, j’en passe.” François Beaune publie un excellent 1er roman avec un beau brin de folie, très bon pour le moral.
Rencontre le 22 septembre à la Villa Gillet, 04 78 27 02 48 François Beaune sera aussi présent à la librairie Le Bal des ardents le 10 septembre à partir de 18 heures pour une soirée Louche, 04 72 98 83
Bruno Pin
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