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EMMANUEL HOOG
Mémoire année zéro
Comment imaginer une forme de mémoire ? Pour répondre à cette question primordiale là où notre époque connaît depuis peu de nouvelles sources d’infor-mation, Emmanuel Hoog, le patron de l’INA (Institut national de l’audiovi-suel), sera présent à la Villa Gillet fin novembre, et sûrement donner un éclairage à ces questionnements. Il vient de publier un livre passionnant, Mémoire année zéro (éditions du Seuil), où il revient sur l’histoire et la mémoire, mais aussi sur notre société en quête de racines, notant “le bilan très inégal des dites souffrances” concernant l’Algérie et le discours de Sarkozy à Alger en novembre 2006. “Considérée d’un point de vue identitaire, la mémoire est une source inépuisable de tensions et de conflits. Dès lors, est-ce bien raisonnable de brandir à tout-va la notion d’identité comme une solution miracle à nos maux ? Avant de se tourner vers ces recettes périmées, il conviendrait d’abord de cerner avec plus de précisions le contexte dans lequel s’inscrit notre malaise mémoriel. Car la mémoire, en 2009, n’est plus de même nature qu’en 1880.” Voilà, les dés sont jetés pour une réflexion sur la mémoire. L’auteur va plus loin, aujourd’hui c’est s’interroger sur les mutations du concept de mémoire, l’information va vite, la bulle Internet, nous devenons par ce fait des producteurs de mémoire. L’accès à Internet s’est démocratisé, le nombre d’utilisateurs s’est multiplié par quatre en quelques années, mais c’est aussi remettre “en question toute une hiérarchie de la mémoire”. Puisque nos sociétés peuvent garder toute donnée, le risque de ne pas trier pourrait bien devenir une difficulté, la certitude de l’information incontrôlée que l’on stocke, car : “C’est ici la technique qui définit le périmètre de la mémoire. Or ce qui est conservé est archive. Donc tout est archive. Tout fait mémoire.” Cet ouvrage d’un accès facile ouvre de grandes interrogations devant le mastodonte Internet et Google, et comme le souligne Emmanuel Hoog : “La connaissance et la culture sont des biens bien trop précieux pour qu’on les abandonne entre les mains d’un moteur de recherche.” En dialogue avec Fabrice d’Almeida, historien, professeur à l’université Paris-II Panthéon-Assas, Emmanuel Hoog devrait développer l’idée moderne de mémoire.
Le 26 novembre à 19 h 30 à la Villa Gillet, 04 78 27 02 48
Bruno Pin
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