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Virginie Despentes
Virginie Despentes sort un nouveau roman après un silence littéraire plutôt long, son dernier ouvrage paru, un essai, King Kong Théorie, avait plus que confirmé son engagement et il remonte à quelques années, quatre exactement. Certain(e)s s’étaient offusqué(e)s, comme Astrid de Larminat (Le Figaro) : “On aura saisi qu’il est inutile de chercher une cohérence intellectuelle à cet essai plein de gros mots.” L’écrivaine marquait une nouvelle fois, et de façon différente, sa vision et/ou son sentiment de la féminité et/ou du féminisme, loin des poncifs affectés. La page ne semble pas tournée, on sait depuis belle lurette que l’auteur de Baise-moi n’avait pas la langue boursouflée par un quelconque académisme, dans Apocalypse Bébé, même si le style Despentes est bien là, on sent un nouveau souffle, une envie d’écrire une histoire de femmes avec des mots nouveaux. Plus sereine, telle paraît l’auteur. Moins crue, mais toujours imagée, cette histoire à première vue pourrait sembler très banale, mais voilà, Virginie Despentes sait écrire, manier les mots, ouvrir et éclater l’histoire pour nous montrer une microparcelle de notre monde. On se retrouve vite emballé par ce roman-thriller pas si trash que ça. L’histoire d’une détective pas très douée qui part à la recherche d’une adolescente en fugue. On croise de multiples personnages, la Hyène avec qui elle part poursuivre son enquête, Paris, Barcelone, le monde de la nuit, les lesbiennes, la petite Valentine en fuite, le monde des adolescents, et puis le roman prend un visage que l’on n’attendait pas. Apocalypse Bébé est finalement une ode à l’amour, un roman dans l'époque. Virginie Despentes réussit avec Apocalypse Bébé, à nous faire ressentir les palpitations d’un monde totalement frénétique.
Éditions Grasset, 342 pages, 19€
Bruno Pin
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