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L'antimatière
Un Théâtre orbital
par Joris Mathieu, metteur en scène
Comment fonctionne la relation entre notre œil et notre cerveau ? Je veux dire, comment être sûr que l'on voit ce que l'on voit et non simplement ce que l'on pense, ou même ce que l'on rêve ? Comment les sens et le cerveau travaillent-ils de concert pour fabriquer un monde en volume, dans lequel nous nous déplaçons et nous repérons avec la certitude d'être dans un espace commun?
Voilà une véritable problématique scénique : quelle relation orchestrer entre le regard du spectateur, son cerveau, et les éléments disposés sur la scène ? Comment construire un monde en volume, qui ne s'effondre pas deux jours plus tard pour celui qui pénètre à l’intérieur ?
J'aime la notion d'espace scénique, tout simplement parce que l'Espace crée pour moi des perspectives insoupçonnées. Si la scène est bien une petite portion de cette matière noire, si c'est le lieu du big-bang, de la formation de notre univers et de nos origines, si c'est l'endroit où planent les satellites qui nous permettent de nous voir de plus haut, alors la scène est sans aucun doute le meilleur endroit pour raconter des histoires.
Tout comme l'Espace nous renvoie à la petitesse des choses, à l'équilibre précaire et fascinant de la vie, tout comme il nous rappelle l'étrangeté de la formation de la matière et son instabilité, j'aimerais que le théâtre soit ce lieu et ce temps où l'on regarde le monde avec d'autres yeux, ceux que nous avons oubliés à force de les user à l'épreuve du réel. Un théâtre qui soit un révélateur magique et troublant. Un théâtre qui fasse apparaître d’autres architectures du monde. Un théâtre de l’antimatière.
la sphère d'or
23 au 26 novembre : théâtre de Vénissieux
Urbik/Orbik, à la ville comme à l'univers d'après l'univers de Philip K. Dick
- 05 au 09 décembre (Création): Comédie de Caen (CDN de Basse Normandie)
- 11 et 12 décembre : La ferme du Buisson (Scène nationale de Marne la Vallée)
- 12 et 13 janvier : Théâtre de Vénissieux
- 24 et 25 janvier : Comédie de Valence (CDN Drôme-Ardèche)
- 31 janvier au 18 février : Théâtre Monfort (Paris)
- 23 et 24 février : Scène nationale du Creusot
- 02 mars : Maison des Arts de Thonon-les-Bains
- 08 et 09 mars : L'hexagone (Scène nationale de Meylan)
- 19 au 21 mars : Le T.U de Nantes avec le Lieu Unique (Scène nationale de Nantes)
- 02 au 05 avril : Comédie de Saint-Etienne (CDN)
- 25 au 28 avril : Les Subsistances (Lyon)
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Mots
par Anne de Boissy, comédienne
J’aime les mots, leur musique, leur forme, leur sens.
Je me demande souvent combien je dis de mots dans une journée ? Combien j’en entends ? Combien j’en pense ? Combien je sais de mots? Le langage, immense boîte à outils dans laquelle je me sers constamment, boîte que je remplis aussi au fil des années, des spectacles, boîte que je ne range pas.
Tous les mots des auteurs, des personnages, ces «textes appris par cœur» pour jouer. Tous ces mots inscrits dans ma mémoire. Les mots qu’il faut com prendre pour les faire entendre, qu’il faut voler. Et certains d’entre eux au fil des années qui m’ont comme tatouée de l’intérieur.
Ces mots pour les apprendre plus que par cœur, je dirais «par peau», je marche seule dans les rues, sur les sentiers des forêts, texte dans la main, je les dis les redis, à voix basse, jusqu’à ce qu’ils fassent naître des images et qu’alors ils s’impriment en moi.
Et chaque fois je me dis que c’est important ces mots, qu’il ne faut pas se mettre n’importe quoi dans la mémoire parce qu’après les saluts, après la dernière représentation, après le stockage du décor, ils restent. Ils sont en veille dans ma mémoire et ressurgissent à l’improviste. Des bouts de phrases qui d’un coup, au feu rouge, remontent à la surface comme une balle de ping-pong coincée sous l’eau. Un peu comme des fantômes.
Et chaque fois qu’arrive un nouveau projet, que le texte est dans mon sac, chaque fois commence une nouvelle aventure avec ces mots-là : ceux qui vont m’envahir pendant des semaines, le jour, la nuit. Je les laisse faire. Les mots, je les travaille, ils me travaillent. Avant la première répétition, ils ont déjà commencé à voyager dans tout mon corps. Les mots creusent des chemins, en profondeur. Les mots ne sont pas que dans la tête, ils ont besoin de toute la place pour exister.
- 20 octobre : NTH8, lecture-spectacle de Une chambre à soi de Virginia Woolf
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De novembre 2011 à mars 2012, reprises de Moi aussi je veux un prophète, Electre se réveille et Andromaca Réal de l'auteure mexicaine Ximena Escalante dans des mises en scène de Sylvie Mongin-Algan à Mexico,
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27 janvier au Centre Culturel Théo Argence à Saint-Priest, 3 et 4 février au Théâtre de Vénissieux,
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8 au 10 février au théâtre de Bourg en Bresse et Lyon/NTH8.
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Fin avril, dans le cadre d'une semaine festival Théâtre et Langue des signes, Double-Moi, création bilingue de Géraldine Berger et Anne de Boissy au NTH8.
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Mai 2012, laboratoire de recherche au théâtre de Vénissieux pour Annette, prochaine création des Transformateurs.
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