NASUM

Mais que faisait donc Mieszko Talarczyk le 26 décembre 2004 ? Guitariste et chanteur de Nasum il avait en effet décidé de passer quelques vacances… en Thaïlande ! Un tsunami et quelques milliers de morts plus tard je me demande toujours comment un musicien soit disant engagé et revendicatif pouvait choisir une telle destination de voyage et profiter ainsi de la domination économique (taux de change avantageux, différence des niveaux de vie) qu'il dénonçait entre autres à longueur de chansons, un peu comme si Jello Biafra allait se taper des rails de coke directement chez le producteur en Colombie. Bref, le décès du leader de Nasum a marqué la fin du groupe mais également la perte d'un producteur/ingénieur du son ayant mis sur orbite quelques-uns des groupes les plus intéressants de la mouvance grindcore, Sayyadina ou Rotten Sound pour citer des exemples récents.
Grind Finale (Relapse Records, dans les bacs import depuis le 24 janvier) est une collection comprenant tous les EPs de Nasum mais également inédits, démos et raretés soit 152 titres (!) répartis sur deux CDs et emballés dans un splendide digipak digne d'un mausolée lénifiant. S'il faut faire abstraction de la beauté ostentatoire de l'objet et refuser de lire l'autocollant promotionnel citant Barney Greenway (hurleur patenté de Napalm Death) louant Nasum comme l'expérience ultime du grind, force est de constater que ce disque recèle bon nombre de pépites mémorables… Au contraire de Shift, dernier album en date du groupe, certains titres figurant ici ont un son très rêche et quasi artisanal : on retrouve donc l'entrain massif provoqué jadis par Discharge (que Nasum reprend au passage) et le chaos métallique des premiers enregistrements de Napalm Death.
On peut affirmer qu'effectivement Nasum était l'un des meilleurs groupes de la seconde vague grind et malgré les réticences mentionnées ci-dessus (sans oublier l'aspect mercantile de cette parution) Grind Finale pose de tout évidence un jalon dans l'histoire de cette musique bien que celle-ci n'ait que peu évoluée depuis une bonne quinzaine d'année. Et d'ailleurs, si ce titre était tout simplement prémonitoire… point final ?

Guillaume / Février 06

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