|

CAT
POWER
"Show me the way to the next whisky bar (ad lib
)".
Et si les ambiances enfumées ne sont ce qu'elles étaient
dans l'arrière salle des bouis-bouis et des clubs Downtown, il
y a toujours un piano sur l'estrade, paré pour dérouler
le tapis rouge à la charmante, frêle et énigmatique
Chan "Cat" Marshall que nous avions découverte un soir
de pleine lune au feu PezNer, et qui nous revient par la gouttière
avec un déjà septième album, humblement baptisé The Greatest (Matador Rds). La féline n'est d'ailleurs
plus si frêle que ça, on dira même qu'elle affiche
une assurance certaine, à l'heure d'embrasser avec sa voix suave
et ensorcelante, quasi toute l'histoire de la musique nord américaine
à la façon d'un(e) songwriter désormais
au-dessus du lot. Du blues urbain à la chanson folk voire country
(et les relents sudistes pourraient s'expliquer simplement par le lieu
choisi pour enregistrer : Memphis), Cat Power avance à pas feutrés
jusqu'aux méandres du rock down tempo, sur les traces d'un illustre
grand-oncle qui a écumé les bars avant elle; Tom Waits
pour ne pas le citer
Le chant grave et flegmatique, la belle se
pavane aujourd'hui avec l'aisance d'une Suzanne Vega (sûrement
sa grande tante); une voix de velours perchée au dessus d'une
orchestration épurée, sans grande inventivité,
mais qui lui est entièrement dédiée. Le set se
termine en beauté avec Love & communication et les
quelques habitués encore scotchés à leur fauteuil
à cette heure tardive, pourront s'en aller rêver en paix.
Le cur gros et le spleen léger, parce que la belle sait
toucher la corde sensible.
Laurent
Zine / Février 06
|