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BLACK ENGINE
Black Engine ? Dans ce groupe, on retrouve tous les membres des formidables Zu ainsi que le guitariste touche-à-tout Eraldo Bernocchi, connu pour ses projets communs avec Mick Harris (Scorn). D'ailleurs, l'inventeur du blast beat avec Napalm Death a repris cet été le chemin de sa batterie pour jouer en tant qu'invité de luxe avec Black Engine. Ku Klux Klowns (Wallace Records) est le 1er album des Italiens et il mérite bien plus que l'habituelle curiosité suscitée par la réunion de musiciens de talent, car ceci est bien un supergroupe, mais certainement pas par opportunisme. Dans la catégorie saignements d'oreilles, on tient même là l'un des meilleurs albums de l'année 2007.
Zu a habitué ses admirateurs à un langage plutôt free. Avec Black Engine, le côté débraillé n'est pas le plus important. L'accent est mis à la fois sur une certaine lourdeur - s'il s'agit de métal, c'est forcément du plomb - et sur les expérimentations sonores - plutôt du mercure cette fois, histoire de garantir à l'auditeur les malformations d'usage. La basse sait se faire pesante et parfois légèrement groovy, ce qui n'est pas sans rappeler les meilleurs moments de Ice/God, et, avec le saxophone baryton qui ne laisse que peu de répit, on pense aussi, forcément, à 16-17.
Black Engine réussit donc à faire beaucoup de bruit sans tomber dans les travers progressifs du métal pour mastodontes des uns, ni dans les piaillements à la mitraillette hardcore des autres. Ku Klux Klowns propose une musique malade et dérangeante, vraiment pessimiste mais, malheureusement, cruellement d'actualité : il n'y a ici que de rares portes de sortie, qui, de toute façon, ne semblent mener nulle part.
Guillaume / Novembre 07
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