ALEXANDRE VARLET

Le ciel s'est éclairci. Alexandre Varlet fait un retour fracassant avec un 3e album lumineux, à la beauté évanescente : Ciel de fête. Et chez Fargo, maison de disques - et pas des moindres - au catalogue impressionnant.
Ce n'est rien de dire qu'on attendait ce nouvel album avec impatience. Depuis des mois, les nouvelles de ce jeune prodige se faisaient rares. Deux ans d'absence depuis le vénéneux Dragueuse de fond en 2002. L'inquiétude commençait à pointer. Il faut dire qu'on avait quitté le jeune homme sous des cieux plutôt obscurcis.
Véritable électron libre de la chanson française, Varlet reste inclassable, et c'est tant mieux. Ce qui frappe chez cet artiste, c'est sa détermination, la fidélité de ses choix, le refus du compromis. Pas toujours facile d'être affranchi. Et même plutôt rare par les temps qui courent. Voilà pourquoi on est si heureux de retrouver notre cher "cow-boy".
La providence vient de soi : ce 3e album, tout comme les précédents, Varlet l'a écrit entièrement. Il s'est entouré, pour le réaliser, de Nicolas Leroux, d'Overhead. Ce Ciel de fête confectionné à 4 mains est un pur bijou. Varlet, en orfèvre, a travaillé et taillé ses textes avec finesse pour être au plus près du sens, de son dévoilement et de ses bruissements. Un véritable engagement sensible. Les textes, à la poésie enivrante, sont portés par une mélodie sobre et dépouillée. Varlet a cherché à rester le plus proche de la forme "guitare / voix". Un album très physique, chargé de sensualité et d'électricité, à découvrir de toute urgence.

Ce 3e album est assez différent, plus épuré et sobre que les précédents. Pourquoi avoir choisi cette forme nouvelle ?
C'est un disque que je voulais concentré. Ce n'est pas un virage, c'est la suite de mon histoire. J'avais aussi le désir avoué de faire un disque plus ouvert textuellement et musicalement. Pour cela, il fallait épurer, essayer d'aller au-delà de ces petits plaisirs qui nous flattent en studio. C'est assez brut, physique, sensuel. Dans mon choix des mots, je suis allé vers plus de simplicité, ce qui n'enlève rien, je crois, à la poésie. Les textes sont moins alambiqués, à tiroirs. J'ai le sentiment qu'il y a toujours plusieurs angles de lecture, mais je voulais quand même des textes plus frontaux.
La nature est omniprésente dans cet album. C'est un disque très terrien et aussi mélancolique…
Ce 3e album est un projet sensuel à fleur de peau, porté par un seul et même souffle d'énergie et de sensualité. Les sentiments sont souvent rapprochés et raccrochés à des valeurs terriennes. Mais ce n'est pas un regard sur la nature, c'est toujours la nature vécue physiquement : c'est un rapport sensuel et physique à la nature.
Tu signes aujourd'hui chez Fargo. Tu es le 2e Français à faire partie du catalogue. Comment s'est passée cette rencontre ?
Ça s'est fait très naturellement. Ils n'avaient pas l'intention de signer un Français aussi tôt. Mais ça a été une belle rencontre comme il en arrive parfois dans la vie. Le catalogue est fascinant et impressionnant. C'est une maison qui a toujours suivi sa ligne directrice. Il y a eu correspondance entre Fargo et moi.
Comment envisages-tu ton retour sur scène et donc à l'exposition ?
C'est un mélange d'enthousiasme, de désir et d'appréhension. C'est assez fragilisant d'être regardé, jugé. J'ai envie de me faire plaisir et de communiquer le plus de plaisir. Sur scène, j'ai envie de sourire de plus en plus.

Léonore / Juin 07

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