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Agathe Max
Le voilà enfin, ce 1er album studio d’Agathe Max ! Après quelques CD-R d’enregistrements live, This Silver String (Xeric / Table of the Elements) sonnerait presque comme une consécration pour la violoniste lyonnaise : pensez donc, sortir un 1er album sur l’un des labels les plus arty/expérimental de la planète, se voir adouber par des personnalités musicales aussi fortes et importantes que Jonathan Kane… un sérieux coup de pouce pour la jeune femme dont le talent mérite bien plus qu’une reconnaissance locale de la part d’amateurs éclairés et bien informés. Si l’on fait fi de toutes ces considérations extramusicales dont, de toute façon, This Silver String n’a pas besoin pour attester d’une indéniable réussite artistique, nous avons tout simplement affaire à un bel album de musique instrumentale jouée au violon et avec quelques artifices (mises en boucle, dédoublement à l’oc-tave, delay, distorsion, etc.). Un bel album et une très belle musique. En concert, Agathe Max joue parfois très fort, aime provoquer des raz de marée aussi bien physiques qu’émotionnels. Ce travail en studio est davantage axé sur des mélodies incroyables de justesse et de sensibilité, des mélodies cheminant autour d’un point d’équilibre que l’on pourrait définir comme la rencontre entre une certaine idée du minimalisme grinçant et répétitif et un folklore imaginaire se nourrissant d’instantanés, ces images fugaces qui pourtant laissent une impression vivace. Alors que l’on écoute This Silver String, on peut donc y mettre beaucoup de choses venant directement de soi-même, des choses personnelles et introspectives, tout en se laissant porter par sa force émotionnelle : c’est ce qui explique que ce disque est à la fois si attachant et qu’il inspire une sorte de respect médusé. Sa beauté est fascinante, d’une envergure mystérieuse et donc majestueusement fragile. En concert au Sonic le 3 février.
Guillaume / Février 09
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