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  FEVRIER N°35  



 

Les Wampas

Les Wampas sont de vieux routards du circuit. Groupe rock des 80’s, ils furent de la mouvance bougeante et vivifiante du rock alternatif français des années 80. Aujourd’hui ils sont toujours là, produisant régulièrement de nouveaux albums (Chicoutimi, voir 491 N° 33) et toujours aussi fous sur scène (merci à Didier Wampas pour ses coups de folie qui donnent à chacun de ses concerts un goût unique !).

Discussion à l’arraché avec Didier sur fond de musique rock.

Et si on parlait de votre dernier album, Chicoutimi ?
Chicoutimi, c’est une ville du Québec où l’on a joué l’an dernier et qui nous a marqués, car c’était vraiment très bien. Comme il y a une chanson qui s’appelle Chicoutimi sur l’album et que cela sonne bien, on a gardé le titre pour l’album. L’album, quant à lui, a été enregistré à Paris (voilà déjà un an). Les autres albums avaient été faits au Texas, à Londres. On préfère enregistrer à Paris alors que la plupart des groupes disent le contraire et affirment travailler mieux à l’étranger. Mais quand tu enregistres à l’étranger, tu as plutôt envie de voyager, de visiter, de te balader. Moi, je bosse mieux à Paris : quand tu sors, tu es tout de suite Gare d’Austerlitz, au studio.
Comment sens-tu cet album par rapport aux autres ? Toujours dans la même lignée Wampas ?
C’est mieux, c’est plus rock’n roll que les deux albums précédents qui étaient plus produits. Ce n’était pas un choix mais on était un peu obligé. Cet album est plus proche de ce qu’on avait envie de faire, de ce qu’on est, de ce qu’on fait sur scène.
La scène, je suppose que c’est important pour vous ?
Oui, mais en même temps c’est vraiment très important de faire des disques pour moi. Car s’il n’y avait pas de disques, il n’y aurait pas tout le reste. C’est bizarre à dire, mais je trouve le disque plus profond et plus direct que la scène. Tu communiques plus facilement et plus profondément avec les gens; ils sont chez eux. Alors que le public qui vient te voir, il est là pour s’amuser, les gens viennent avec leurs copains pour faire la fête. Il faut qu’il y ait les deux.
Les Wampas sur scène, un grand moment de folie ?
En tout cas, moi je ne comprends pas bien ce qui se passe. A partir du moment où je monte sur scène, je ne contrôle pas grand chose. Je fais mon maximum pour qu’il se passe des trucs et le plus de choses possibles. J’ai envie que ce soit toujours différent et toujours à fond à fond. L’énergie, je ne sais pas où je la trouve : je ne fume pas, je ne bois pas, je ne me drogue pas ! De toute façon, une fois que tu es sur scène… L’énergie en vérité on en a plein. C’est plutôt le mental que le physique qui lâche le premier. Mais je ne ferais pas le dixième de ce que je fais sur scène dans la vie !
Les Wampas nous aiment-ils ?
J’essaie quand je monte sur scène ! Quand je m‘en suis rendu compte, ça m’a vraiment aidé. Quand tu arrêtes de penser à toi, à tes petits problèmes, à comment tu dois être, quand tu montes sur scène pour donner quelque chose aux gens, cela t’aide vraiment. Je n’ai pas une recette précise : je monte sur scène et je fais mon maximum pour que les gens qui sont venus passent une bonne soirée, enfin qu’il se passe un truc.
Pourquoi avoir continué avec les Wampas alors que tu mènes aussi une vie rangée avec un boulot ?
C’est mon rêve depuis que j’ai quinze ans. Quand j’étais petit, je voulais être explorateur ou marin, à 15 ans, j’ai su que ce serait cela. C’est un peu comme Paul Emile Victor ou Cousteau qui ont continué toute leur vie leurs rêves. Quand tu as choisi quelque chose, que c’est grand et bien… C’est ce que je sais faire; c’est ma manière de m’exprimer : c’est ma vie. Mais je n’ai jamais voulu que ça devienne un travail. Quand je vois les groupes autour de moi qui finissent par considérer la musique comme un boulot…
Rétrospectivement et à froid, quels sont les moments forts de la vie du groupe qui t’ont marqué ?
Le premier 45T qui est sorti. Pour moi, dans ma vie, c’est un moment super important. J’avais vraiment l’impression d’exister enfin, d’avoir fait quelque chose, d’être quelqu’un par rapport à avant. C’était notre premier titre, un peu par hasard mais il fallait bien faire un premier disque !
Comment se vit-on aujourd’hui groupe de rock dans un univers de plus en plus électronique ?
Très bien. De toute façon, le rock cela n’a jamais été une musique majoritaire en France. Au lycée, on était trois à écouter du rock. Les gens ont toujours écouté autre chose que du rock en France. Avant il y a eu du disco et de la variété. Aujourd’hui, il y a le rap et la techno. Le rock a toujours été minoritaire en France, rien n’a changé.
Et toi, que penses-tu de cette évolution de la musique vers les musiques électroniques ?
Pas grand chose. Pour moi, il n’y a pas de différence fondamentale entre une guitare électrique et un synthé, donc idem entre la techno et le rock, ou même le rap. Le rap, c’est un peu comme le rock dans les 60’s. Je trouve que c’est bien, c’est assez normal et logique.
Toi, aujourd’hui, tu écoutes quoi ?
Plus ça va, en vieillissant (rires), j’écoute de tout. Avant je n’écoutais que du rock. Maintenant, j’écoute beaucoup de musique classique. Tu vois dans les derniers disques que j’ai achetés, j’ai bien aimé le Fat Boy Slim.

Les Wampas seront de passage le 7 Février au Hall C (St Etienne) et le 27 Février à La Cave à Musique (Mâcon). Alors venez goûter ce parfum de folie propre à chaque concert des Wampas !

Anne Huguet